Le Procureur général Firmin Mvonde a demandé à Joseph Olenghankoy de se présenter ce mardi 23 juin devant la Cour de cassation afin de s’expliquer sur les chiffres et les faits qu’il a diffusés après la répression du sit-in du 12 juin. Le dirigeant du CNSA devra justifier ses publications et répondre de leur véracité sur le plan judiciaire.
Le président du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), Joseph Olenghankoy, est attendu par le Procureur général, qui a décidé de l’entendre au sujet de messages publiés sur son compte X après la manifestation du 12 juin. Les publications en question évoquaient notamment un bilan provisoire de « 10 morts, 15 disparus, 176 blessés graves » ainsi que la détention d’activistes emmenés par des individus non identifiés.
Selon des sources judiciaires proches de la Cour de cassation, Olenghankoy devra préciser l’origine de ces chiffres, expliquer les mécanismes de collecte des informations et en établir la véracité. En tant que responsable d’une institution nationale, il est appelé à assumer la responsabilité des informations qu’il relaie publiquement.
Les messages de Joseph Olenghankoy, largement partagés sur les réseaux sociaux, avaient suscité une vive émotion. Ils s’inscrivaient dans le contexte d’un sit-in organisé par la Coalition 64 contre un projet de modification constitutionnelle perçu comme ouvrant la voie à un troisième mandat présidentiel. La répression de cette manifestation avait entraîné de nombreuses réactions et une circulation rapide d’informations contradictoires.
Outre le décompte des victimes, le chef du CNSA avait également dénoncé l’enlèvement supposé d’activistes appartenant aux mouvements Best Mulamba et Kasongo Ilunga, affirmant qu’ils auraient été arrêtés, cagoulés et conduits vers une destination inconnue. Ces accusations devront elles aussi être examinées par le Parquet.
La convocation intervient dans un contexte politique tendu, où les questions liées à la liberté de manifester et à la transparence des autorités sécuritaires alimentent le débat public. Les magistrats chargés du dossier cherchent à établir si des informations inexactes ou non vérifiées ont été diffusées et si elles ont pu porter atteinte à l’ordre public.
À ce stade, aucun communiqué officiel de la Cour de cassation, du Procureur général ou de Joseph Olenghankoy n’a encore été publié pour préciser la suite de la procédure. Ce rappel devant la haute juridiction illustre l’attention croissante portée aux déclarations publiques sur les réseaux sociaux par des personnalités institutionnelles, ainsi que l’exigence d’une information rigoureuse en période de crise.
Joëlle Luniongo


