Publier une vidéo, une musique, une photographie, un texte ou tout autre contenu sur Internet ne signifie pas renoncer aux droits qui y sont attachés. Dans un univers numérique où les contenus peuvent être repris, reproduits ou diffusés en quelques clics, la maîtrise de la propriété intellectuelle devient un enjeu important pour les créateurs.
C’est autour de cette problématique que s’articulera le panel « Protection et respect de la propriété intellectuelle », prévu dans le cadre de Creators Bomoko, les 18 et 19 septembre 2026 au Musée national de la RDC, à Kinshasa. La rencontre réunira notamment Me Jolie Joanna Mugisa et Me Yana Ndikulu, avec Sarah Kela à la modération.
Pour les créateurs de contenus, une idée, une œuvre, une image, une vidéo ou encore une identité artistique peuvent constituer une véritable valeur professionnelle et économique.
Mais cette valeur peut être fragilisée lorsque les contenus sont utilisés sans autorisation, reproduits sans crédit ou exploités commercialement sans que leur auteur en soit informé.
Le panel devrait ainsi permettre de revenir sur les principaux réflexes à adopter pour mieux protéger ses créations, comprendre ses droits et savoir quelles démarches entreprendre lorsqu’une œuvre est utilisée sans autorisation.
Me Jolie Joanna Mugisa dispose d’une expérience directement liée aux industries créatives. Avec l’artiste Lexxus Dende, elle a participé au programme américain International Visitor Leadership Program (IVLP) consacré au développement de l’économie à travers les arts. Le programme portait notamment sur les politiques culturelles, les mécanismes de soutien aux artistes, mais aussi sur les droits de propriété intellectuelle et les accords de licence.
Son intervention devrait donc permettre d’aborder la propriété intellectuelle non seulement sous l’angle juridique, mais aussi comme un élément de la professionnalisation des acteurs culturels et créatifs.
Pour les créateurs congolais, comprendre comment protéger une œuvre peut en effet devenir une étape importante pour mieux la valoriser, négocier des collaborations et envisager son exploitation commerciale.
Avocat congolais, Me Yana Ndikulu intervient régulièrement dans des questions liées au droit et à la protection des droits. Il s’est notamment exprimé publiquement sur les rapports entre libertés et respect de la loi, rappelant que la liberté d’expression et la liberté d’opinion doivent s’exercer dans le cadre juridique applicable.
Dans le contexte de la création numérique, cette approche ouvre une réflexion sur les limites et les responsabilités qui accompagnent la production et la diffusion de contenus.
La propriété intellectuelle pose ainsi une double question : comment protéger ce que l’on crée, mais aussi comment respecter les créations des autres ?
Outre la question du vol ou de la reproduction non autorisée, la propriété intellectuelle touche directement à la capacité des créateurs à transformer leurs œuvres en actifs professionnels.
Droits d’auteur, autorisations d’utilisation, contrats, licences, crédit de l’auteur, exploitation commerciale, autant de notions que les créateurs peuvent être amenés à rencontrer dès lors que leur contenu gagne en visibilité.
Le panel de Creators Bomoko devrait ainsi offrir aux participants un espace pour mieux comprendre ces mécanismes et identifier les précautions à prendre avant de diffuser, céder ou commercialiser une création.
Dans une économie numérique où la créativité peut devenir une source de revenus, connaître ses droits et respecter ceux des autres devient également une compétence professionnelle.
Avec ce panel, Creators Bomoko entend ainsi placer la propriété intellectuelle au cœur de la réflexion sur la professionnalisation des créateurs congolais et sur la manière de mieux protéger la valeur produite par leur travail.
Lydia Mangala


