La députée nationale Christelle Vuanga, engagée dans la défense des droits humains et des droits des femmes, met en lumière le parcours psychologique et émotionnel qui peut conduire une femme victime de violences conjugales à décider de sortir d’une relation abusive. À travers une publication, elle appelle à davantage d’accompagnement plutôt qu’au jugement des victimes.
De la banalisation à la libération, le chemin qui mène une femme victime de violences conjugales à la décision de partir peut être long et complexe. C’est le constat développé par la députée nationale Christelle Vuanga dans une publication consacrée aux différentes étapes susceptibles de conduire au « déclic ».
Selon l’élue, la première étape est souvent celle de la banalisation. Une femme peut minimiser les premiers actes de violence, comme une gifle, en espérant qu’ils ne se reproduiront pas. Cette attitude peut progressivement laisser place à la peur, lorsqu’elle commence à adapter son comportement, ses paroles ou ses gestes afin d’éviter de provoquer une nouvelle crise.
Vient ensuite la culpabilisation. Dans un contexte d’emprise, la victime peut finir par s’interroger sur sa propre responsabilité et penser qu’elle a contribué à déclencher les violences. Cette phase peut être renforcée par les excuses et les promesses de changement qui suivent parfois les épisodes de violence.
Entre espoir et prise de conscience
Christelle Vuanga identifie également une phase d’espoir, durant laquelle les excuses, les promesses et les moments de tendresse peuvent entretenir l’idée que la relation peut redevenir comme avant.
Mais progressivement, explique-t-elle, une prise de conscience peut s’installer. La victime comprend alors qu’elle n’est pas simplement confrontée à une dispute conjugale, mais à un phénomène de violence qui peut s’inscrire dans un cycle et s’accompagner d’une forme d’emprise.
Le véritable déclic peut survenir à la suite d’une violence plus grave, d’une menace, d’une humiliation ou lorsque la victime commence à craindre pour la sécurité de ses enfants. C’est à ce moment qu’elle peut parvenir à la conclusion qu’il est nécessaire de sortir de cette situation.
« Partir n’est pas échouer »
Pour la députée nationale, la décision de quitter une relation violente constitue ensuite un processus qui peut nécessiter du temps et un accompagnement. La victime peut commencer à rechercher de l’aide, mettre en place des mesures de protection, préparer son départ et travailler à retrouver son autonomie.
L’étape ultime est celle de la libération, lorsque la femme parvient à se reconstruire et à considérer que quitter une situation de violence ne constitue pas un échec.
« Partir n’est pas échouer. Se protéger, ce n’est pas abandonner son foyer. C’est choisir de vivre », souligne Christelle Vuanga.
À travers son message, l’élue insiste surtout sur la nécessité de ne pas culpabiliser les femmes victimes qui restent dans une relation violente. Elle estime qu’elles ont davantage besoin d’être écoutées et accompagnées jusqu’au moment où elles seront prêtes et suffisamment en sécurité pour partir.
« Une femme victime de violences n’a pas besoin d’être jugée parce qu’elle reste. Elle a besoin d’être accompagnée », rappelle-t-elle.
Cette prise de parole intervient alors que les violences faites aux femmes demeurent un enjeu majeur de protection des droits humains. Pour Christelle Vuanga, une chose doit rester claire : la violence conjugale ne peut en aucun cas être considérée comme une preuve d’amour.
Joséphine Mawete


