Alors que la desserte en électricité reste marquée par des perturbations dans plusieurs quartiers de la capitale, la Société nationale d’électricité (SNEL SA) explore une nouvelle solution pour renforcer rapidement la production. Le directeur général de la SNEL, Prof. Dr Ir Teddy Lwamba, a échangé ce mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa avec une délégation de Karpowership, entreprise turque spécialisée dans la production d’électricité à partir de centrales flottantes.
Ils ont discuté sur l’installation à Matadi d’une centrale flottante capable d’injecter, dans une première phase, environ 134 MW dans le réseau électrique congolais. Les échanges doivent ouvrir la voie à la conclusion prochaine d’un accord entre les deux parties.
Le projet repose sur l’utilisation de navires-centrales, capables de produire de l’électricité puis de l’injecter dans le réseau. Pour la SNEL, cette option présente l’avantage de pouvoir être déployée relativement rapidement afin d’apporter une capacité supplémentaire au système électrique.
À l’issue de la rencontre, Teddy Lwamba a expliqué que l’objectif était précisément de trouver des solutions permettant d’augmenter rapidement la production.
« L’objectif, c’est que ce sont des partenaires qui vont nous accompagner dans l’augmentation de la productivité à Kinshasa. Ils ont des bateaux-centrales qui seront installés à Matadi, qui permettront d’injecter dans un premier temps 134 MW, ce qui permettra de pouvoir assouplir le déficit énergétique », a-t-il déclaré.
Selon le directeur général, les discussions avec Karpowership devraient permettre d’accélérer la mise en œuvre du projet.

« Incessamment, dans un mois, nous aurons la solution et nous allons porter cette augmentation de production », a-t-il annoncé.
Outre les 134 MW annoncés, la démarche traduit également la volonté de la SNEL de diversifier ses sources de production. Le système électrique congolais repose largement sur l’hydroélectricité, alors que les besoins en énergie augmentent et que certaines installations sont confrontées à des contraintes de production et de disponibilité.
Teddy Lwamba présente donc cette initiative comme une nouvelle étape vers un mix énergétique plus diversifié.

« La SNEL s’engage dans une solution de mix énergétique. Nous n’avons longtemps exploité que l’hydro, et aujourd’hui, nous allons sur de nouvelles sources », a-t-il souligné.
Cette diversification doit permettre à l’opérateur public d’explorer des solutions complémentaires à l’hydroélectricité, particulièrement lorsque des capacités supplémentaires doivent être mobilisées dans des délais relativement courts.
La particularité du modèle proposé par Karpowership réside dans sa mobilité. Les centrales flottantes sont installées à bord de navires et peuvent être connectées aux réseaux électriques des pays où elles sont déployées.

Pour la SNEL, cette caractéristique constitue un argument dans la recherche d’une réponse rapide au déficit de production.
« Karpowership nous facilite le fait d’avoir une solution de production avec une certaine célérité. Cela sera déployé dans moins d’un mois, et c’est une solution et une première », a déclaré Teddy Lwamba.
La mise en œuvre effective dépendra toutefois de la finalisation des discussions et des arrangements contractuels entre les parties.
L’enjeu pour les abonnés reste la traduction concrète de cette capacité supplémentaire sur la qualité de la desserte. Les 134 MW annoncés ne constituent pas à eux seuls une réponse à l’ensemble des difficultés du réseau électrique national, mais ils pourraient contribuer à renforcer l’offre disponible une fois la centrale opérationnelle et raccordée dans les conditions prévues.
Le directeur général de la SNEL lie ainsi cette démarche à l’objectif d’améliorer progressivement le service fourni aux consommateurs.
« Il y aura encore mieux : la qualité de la desserte et la satisfaction de nos abonnés », a-t-il affirmé.
Le projet Karpowership intervient ainsi dans un contexte où la SNEL cherche simultanément à augmenter ses capacités de production, diversifier ses sources d’énergie et améliorer la desserte. Sa concrétisation dépendra désormais de la conclusion du partenariat et du calendrier technique de mise en service de la centrale flottante annoncée à Matadi.
Lydia Mangala


