Derrière l’image de la dirigeante, de la conférencière et de l’entrepreneure accomplie, se cachait une femme qui avait perdu tout espoir. Invitée à partager son témoignage lors de la deuxième édition du Heaven Brunch Gospel, organisée dimanche 12 juillet à Kinshasa, Dahlia Kisangani a livré l’un des récits les plus bouleversants de la rencontre. Sans détour, la fondatrice de DANIK Training Center a raconté sa descente dans une profonde dépression, sa tentative de suicide et la manière dont, selon elle, Dieu lui a redonné une raison de vivre.
Face à un public suspendu à ses paroles, l’entrepreneure a commencé par rappeler que son parcours ne se résume pas aux titres qu’elle porte aujourd’hui.

« Ce que je pourrais dire, c’est que Dieu m’a sauvé la vie. C’est simplement ça », a-t-elle déclaré d’une voix chargée d’émotion.
Née en France avant de s’installer en République démocratique du Congo, Dahlia Kisangani explique que son arrivée à Kinshasa avait pourtant tout d’un succès. Recrutée dans une entreprise immobilière, elle gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir directrice générale. Mais derrière cette réussite professionnelle, sa vie personnelle s’effondrait.
« Tout le monde me regardait comme si je vivais quelque chose de merveilleux, alors qu’à l’intérieur j’étais en train de m’effondrer. J’avais tout perdu », a-t-elle confié.

Elle évoque alors la rupture de son mariage, l’éloignement de ses enfants et une solitude grandissante qui l’ont progressivement conduite vers une dépression sévère.
« Il y a beaucoup de femmes qui traversent des dépressions sévères et aujourd’hui je voudrais leur parler pour qu’elles aient la force d’en parler », a-t-elle lancé, invitant chacun à ne pas enfermer sa souffrance derrière les apparences.
L’entrepreneure a ensuite livré le moment le plus intime de son témoignage. Après avoir consulté une psychologue qui avait évalué la gravité de son état, elle raconte avoir décidé de mettre fin à ses jours.

Elle se revoit sur la terrasse de son immeuble, prête à sauter du septième étage.
« Pour moi, c’était fini. Je ne voyais même plus le vide. Je pouvais partir », a-t-elle raconté.
C’est à cet instant précis qu’une personne frappe à sa porte. Ce bruit inattendu, explique-t-elle, la ramène brusquement à la réalité.
« Quand la porte a sonné, mes yeux se sont ouverts. J’ai vu le vide. Et cette peur du vide m’a fait basculer en arrière. Aujourd’hui, je suis toujours en vie », a-t-elle témoigné.
Pour Dahlia Kisangani, cet instant marque un tournant décisif dans sa vie et nourrit aujourd’hui sa conviction que Dieu intervient parfois lorsque tout semble perdu.
À plusieurs reprises, elle est revenue sur une phrase devenue le fil conducteur de son intervention.
« Le diable est un menteur », a-t-elle répété devant l’assemblée, invitant les participants à reprendre ces mots avec elle.

Selon elle, les difficultés, aussi profondes soient-elles, ne constituent jamais le dernier chapitre d’une vie.
« Dans les situations où vous dites que c’est difficile, que vous avez l’impression que c’est la fin, dites-vous toujours : le diable est un menteur. Demain je vais gagner. Demain ma vie va s’arranger », a-t-elle exhorté.
Abordant sans détour la question de la santé mentale chez les chrétiens, Dahlia Kisangani a également insisté sur l’importance d’accepter un accompagnement psychologique lorsque cela est nécessaire, tout en demeurant ancré dans la foi.
« C’est bien de parler à des psychologues. Pour moi, cela a été un déclencheur pour pouvoir sortir ce que je portais », a-t-elle expliqué, estimant que rechercher de l’aide ne constitue pas un manque de foi.
Son témoignage s’est achevé par une invitation à développer une relation personnelle avec Dieu, fondée sur l’écoute et le discernement.
« Dieu vous parle. Il continue à parler tous les jours. Il faut simplement prendre le temps de l’écouter », a-t-elle conclu.
Par ce récit, Dahlia Kisangani a rappelé que derrière les réussites visibles peuvent se cacher des combats silencieux. Son intervention a surtout laissé un message d’espérance : même lorsque tout semble perdu, la foi, l’accompagnement et la persévérance peuvent ouvrir un chemin vers la restauration.
Lydia Mangala


