Invité le vendredi dernier à l’émission Bosolo na Politik, le ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a fait le point sur le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) et le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).
Il a notamment évoqué un taux d’exécution de 52 % pour les ouvrages du PDL-145T, contre 37 % à son arrivée, ainsi que la mobilisation de plus de 1 500 cartographes à Kinshasa pour le recensement.
PDL-145T : 1 100 ouvrages achevés sur 2 130 prévus
Sur le Programme de développement local des 145 territoires, Guylain Nyembo a reconnu les retards accumulés dans l’exécution des travaux, initialement prévus sur trois ans. Le ministre a notamment pointé les insuffisances de certains prestataires et annoncé un suivi plus rigoureux de leur travail.
« Nous avons trouvé une situation marquée par des retards. Le projet était prévu pour durer trois ans. Aujourd’hui, nous constatons que plusieurs prestataires n’ont pas réalisé les travaux comme prévu », a-t-il déclaré.
Selon les chiffres présentés, le taux de réalisation des ouvrages est passé de 37 % à 52 %. Sur les 2 130 ouvrages programmés, 1 100 sont achevés à ce jour. Le gouvernement entend examiner la situation de chaque prestataire et travailler avec les agences d’exécution pour accélérer les travaux.
Le ministre a également prévenu que des sanctions pourraient être prises en cas de manquements, avec la possibilité de récupérer les fonds engagés.
« S’il faut sanctionner, nous le ferons, et nous irons même jusqu’à récupérer l’argent afin de faire toute la lumière sur la réalité des chiffres », a-t-il assuré.
Cette accélération doit notamment permettre d’engager la phase agricole du programme, une étape que Guylain Nyembo dit attendre personnellement.
RGPH-2 : 112 millions d’habitants selon les estimations de l’UNFPA
Abordant le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, le ministre d’État a rappelé la nécessité pour la RDC de disposer de données démographiques fiables, près de quarante ans après le dernier recensement.
« Personne ne sait exactement combien nous sommes en RDC. Les chiffres avancés relèvent d’estimations. Selon l’UNFPA, notre population est estimée à 112 000 000 d’habitants. Quarante ans après le dernier recensement, il était important d’organiser le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) afin de disposer de nos propres données », a-t-il expliqué.
Guylain Nyembo a tenu à distinguer le recensement de l’identification des citoyens. Le RGPH-2 vise à dénombrer les personnes vivant sur le territoire national et à recueillir des données statistiques confidentielles. L’identification, en revanche, permet d’établir l’identité des Congolais, y compris ceux qui résident à l’étranger.
Pour le ministre, ces informations permettront de mieux cerner la réalité sociale du pays, notamment la situation des jeunes, des malades et des personnes vulnérables, afin d’orienter les politiques publiques.
« Ses données seront analysées afin de permettre la mise en œuvre de politiques publiques adaptées aux besoins réels de la population », a-t-il précisé.
Kinshasa mobilise plus de 1 500 cartographes
La phase de cartographie du RGPH-2 a débuté à Kinshasa le 12 octobre et doit s’étendre sur un mois. Plus de 1 500 cartographes sont déployés dans les différentes parties de la capitale. Le ministre a notamment évoqué le recrutement de 1 240 cartographes pour cette opération, avant une progression du processus vers d’autres villes, dont Goma.
Il a insisté sur la collaboration des habitants, considérée comme indispensable à la fiabilité des informations collectées. Face aux inquiétudes que peut susciter le recensement, il a tenu à rassurer sur la confidentialité des données.
« Pour nous assurer de la fiabilité des informations, nous comptons sur la collaboration de la population. C’est toute l’importance de cette campagne de sensibilisation. Les données personnelles ne seront jamais dévoilées. La population ne doit donc pas avoir peur de collaborer et doit nous faire confiance, d’autant plus que ces données sont protégées par la loi », a-t-il affirmé.
Un budget de 192 millions de dollars pour le RGPH-2
Le coût global du deuxième recensement est estimé à 192 millions de dollars américains. Sur cette enveloppe, 30 millions de dollars sont déjà disponibles. La gestion des fonds est assurée par les partenaires techniques et financiers, selon les précisions du ministre.
Au cours de cette intervention, Guylain Nyembo a ainsi présenté les enjeux de ces deux programmes afin d’accélérer la réalisation des infrastructures dans les 145 territoires et de doter la RDC de données statistiques propres pour mieux planifier son développement.
Lydia Mangala


