Le gouvernement congolais entre dans une nouvelle phase de mise en œuvre de la réglementation sur le petit commerce et le commerce de détail. Vendredi 2 octobre 2026, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présidé au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, à Kinshasa, une matinée de sensibilisation et d’échanges consacrée au décret n°26/011 du 30 mars 2026.
Cette rencontre avec les organisations patronales, les associations professionnelles et les opérateurs économiques intervient après l’expiration, le 30 septembre, du délai de six mois accordé pour permettre aux acteurs concernés de se mettre en conformité. Le ministère annonce désormais le passage progressif à la phase de contrôle, tout en privilégiant la régularisation volontaire.
Le gouvernement entend clarifier les règles applicables aux différentes catégories d’activités commerciales et renforcer la place de l’entrepreneuriat national, sans fermer le marché aux investissements étrangers.
Le décret distingue notamment le petit commerce, réservé aux opérateurs congolais, le commerce de détail et le commerce de gros. Certaines activités de commerce de détail spécialisé à forte intensité de capital restent accessibles aux investisseurs étrangers dans les conditions prévues par la réglementation.
Daniel Mukoko Samba a insisté sur la nécessité d’éviter une lecture conflictuelle de cette réforme, en présentant son objectif comme une réorganisation du marché et une clarification des rôles entre producteurs, importateurs, grossistes, distributeurs et détaillants.
« Il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’entreprendre, il ne s’agit pas non plus d’opposer les opérateurs congolais aux opérateurs étrangers. Il s’agit d’organiser le marché », a déclaré le Vice-Premier ministre.

Pour les opérateurs étrangers autorisés à exercer certaines activités de commerce de détail spécialisé, la mise en conformité passe notamment par l’obtention d’un Avis de Non-Objection (ANO). Le ministère précise que la procédure est dématérialisée et que la demande peut être introduite en ligne.
Le dispositif prévoit notamment la transmission des informations relatives à l’entreprise et aux investissements concernés, ainsi qu’un numéro de référence permettant le suivi de la procédure.
La réforme interdit également le cumul entre les statuts de grossiste et de détaillant, afin de maintenir une distinction claire entre les différentes fonctions au sein de la chaîne commerciale.
Après plusieurs mois consacrés à l’information et à la régularisation, les services compétents doivent désormais procéder progressivement aux vérifications sur le terrain. Le gouvernement affirme toutefois vouloir privilégier la conformité volontaire plutôt qu’une approche immédiatement coercitive.
« Notre préférence demeure la conformité volontaire. Nous ne souhaitons pas que l’application de cette réforme donne lieu inutilement à des situations de confrontation ou de contrainte », a indiqué Daniel Mukoko Samba.
Les opérateurs déjà en conformité sont appelés à poursuivre leurs activités dans le respect du cadre légal, tandis que ceux qui doivent encore régulariser leur situation sont invités à effectuer les démarches nécessaires.
Le ministère rappelle par ailleurs que le non-respect des nouvelles dispositions expose les opérateurs concernés aux conséquences prévues par la réglementation.
Cette nouvelle étape place ainsi les acteurs du petit commerce et du commerce de détail devant l’impératif de comprendre les nouvelles règles, de régulariser leur situation et d’exercer leurs activités dans le cadre désormais fixé par l’État.
Lydia Mangala


