La réussite professionnelle ne repose pas uniquement sur les diplômes ou les opportunités qui se présentent. Elle suppose aussi de savoir qui l’on est, de développer son audace, de bien s’entourer et de présenter clairement ce que l’on peut apporter au marché. C’est l’un des principaux enseignements de l’intervention de Jean-Claude Tshipama lors de la session « Questions et Réponses », modérée par Sarah Kela, à la première édition de Creators Bomoko, organisée par l’ambassade des États-Unis en RDC et clôturée samedi 19 septembre au Musée national de la RDC à Kinshasa.
Fort de plus de vingt ans d’expérience dans les télécommunications, la technologie, la télévision payante et le développement des affaires, Jean-Claude Tshipama, fondateur de la TSHIPAMA ACADEMY, a partagé avec les jeunes une approche fondée sur l’audace, la connaissance de soi, la formation et la capacité à transformer son expérience en valeur professionnelle.
L’audace pour saisir les opportunités
Pour Jean-Claude Tshipama, les opportunités ne se présentent pas toujours sous une forme évidente. Encore faut-il avoir le courage de se positionner et de faire connaître ce que l’on sait faire.
« Il faut de l’audace. L’audace, c’est la manifestation du courage », a-t-il affirmé.
L’entrepreneur explique qu’il n’attend pas systématiquement d’être sollicité pour prendre la parole ou présenter son travail. À ses yeux, savoir se présenter et mettre en avant son savoir-faire constitue déjà une démarche professionnelle.
Il compare cette attitude à celle des vendeurs ambulants qui abordent directement les passants pour leur présenter leurs produits. Une personne qui n’avait pas prévu d’acheter peut finalement s’intéresser à une offre simplement parce qu’elle lui a été bien présentée.
Cette capacité à aller vers les autres doit toutefois être accompagnée de connaissances. Jean-Claude Tshipama invite ainsi les créateurs et entrepreneurs à se former sur leur propre secteur d’activité et sur le cadre qui le régit.
« Prenez le temps de vous former, de vous renseigner sur la nature de votre activité », a-t-il conseillé.
Connaître son identité pour mieux construire son parcours
À plusieurs reprises, l’intervenant a ramené la question de la réussite à celle de l’identité. Pour lui, comprendre son parcours, son environnement familial, ses expériences et les valeurs acquises permet de mieux comprendre ce que l’on peut apporter aux autres.
Il invite ainsi les jeunes à s’interroger sur leur histoire, leurs origines et les expériences qui ont contribué à façonner leur personnalité.
« Parce qu’il n’y a rien pour rien. Il n’y a pas de hasard », a-t-il déclaré, en expliquant comment son propre environnement familial a contribué, selon lui, à développer sa discipline, son sens du partage et certaines de ses habitudes.
Son parcours lui sert ainsi de démonstration que les expériences vécues peuvent devenir des ressources professionnelles lorsqu’elles sont comprises et valorisées.
« Il y a un puissant message. Il y a un puissant apprentissage », a-t-il souligné.
Cette connaissance de soi doit également permettre de construire des relations solides. Jean-Claude Tshipama encourage notamment les jeunes à entretenir leurs relations avec leurs proches, estimant que la capacité à construire des relations personnelles peut également influencer la manière de développer des relations professionnelles.
Se présenter clairement pour ne pas laisser passer les opportunités
L’un des points forts de son échange avec le public concerne également la manière de présenter son activité. Pour Jean-Claude Tshipama, une présentation trop vague peut faire perdre une occasion de créer un contact professionnel.
Il encourage donc les entrepreneurs à préciser leur spécialité, leur proposition et la valeur qu’ils peuvent apporter. Cette précision permet à l’interlocuteur de comprendre rapidement le service proposé et, éventuellement, d’identifier une possibilité de collaboration.
Dans cette logique, il invite les jeunes à profiter des prises de parole publiques pour expliquer concrètement ce qu’ils font et ce qui les distingue.
S’entourer de personnes capables d’apporter de bons conseils
Pour Jean-Claude Tshipama, l’environnement relationnel joue également un rôle important dans la construction d’un parcours professionnel. Il raconte notamment comment, au début de sa carrière, il a confié ses économies à une personne qu’il considérait comme responsable et capable de lui donner des conseils.
Cette relation l’a notamment conduit à investir dans un terrain alors qu’il disposait encore de moyens limités.
Il insiste sur l’importance de choisir son entourage avec discernement.
« Dis-moi qui tu fréquentes. Je te dirai qui tu es », a-t-il lancé.
Pour lui, fréquenter des personnes expérimentées peut permettre d’accéder à des conseils, des perspectives et des opportunités qui contribuent au développement personnel et professionnel.
L’intelligence artificielle comme levier de productivité
Jean-Claude Tshipama a également présenté l’intelligence artificielle comme un outil pouvant aider les jeunes à transformer leur savoir et leurs interventions en différents produits.
Il explique notamment enregistrer ses conférences et utiliser ensuite des outils d’IA pour retranscrire ses propos, structurer le contenu et développer des pistes pour un ouvrage.
« Donc, l’IA, pour résumer, c’est une opportunité en or », a-t-il affirmé.
Selon lui, un même contenu peut ainsi être décliné en plusieurs formats entre autres livre, séminaire, webinaire ou encore produits et services proposés en ligne.
L’enjeu n’est donc pas seulement d’utiliser l’IA pour produire plus rapidement, mais de s’en servir pour valoriser un contenu ou une expertise déjà existante.
Une idée doit être accompagnée d’une proposition claire
Dans la dernière partie de son intervention, Jean-Claude Tshipama a abordé la recherche d’investisseurs. Pour lui, présenter un projet ne consiste pas uniquement à exposer une idée, il faut aussi savoir formuler clairement ce que l’on propose et identifier les personnes susceptibles de contribuer à sa réalisation.
« Cette proposition-là a pour but de susciter la curiosité », a-t-il expliqué.
Il recommande ensuite d’identifier précisément les profils recherchés, notamment lorsqu’il s’agit d’investisseurs.
« Vous devez absolument lister les gens, le profil des gens que vous recherchez », a-t-il conseillé.
Enfin, il invite les porteurs de projets à aller directement à la rencontre de ces personnes et à savoir précisément quel type de financement ils recherchent, qu’il s’agisse d’une dette ou d’une participation au capital.
De la connaissance de soi à la capacité de se présenter, en passant par la formation, l’entourage et l’usage de l’intelligence artificielle, Jean-Claude Tshipama a ainsi défendu une approche où chaque expérience peut devenir une ressource.
De son intervention il sied de rappeler que la valeur est une première étape, mais savoir la présenter et la transformer en proposition concrète permet de créer des opportunités.
Lydia Mangala


