Le Président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, appelle à repenser en profondeur les relations entre Kinshasa et l’Union européenne. À Bruxelles, lors d’une table ronde organisée par le Multinational Development Policy Dialogue avec le soutien de la Fondation Konrad Adenauer, il a défendu le passage d’une logique d’aide à un partenariat stratégique fondé sur la réciprocité, le co-investissement et la co-responsabilité.
Pour Aimé Boji, les relations entre la RDC et l’Union européenne ne peuvent plus être pensées selon les schémas traditionnels de coopération. La dynamique doit évoluer vers une relation dans laquelle les deux parties identifient leurs intérêts communs et construisent ensemble des réponses aux défis qui les concernent.
Le Président de l’Assemblée nationale estime que la RDC doit désormais être considérée comme un partenaire stratégique, plutôt que comme un simple bénéficiaire de l’aide internationale.
Avec ses minerais critiques, son potentiel énergétique, ses terres arables, ses ressources en eau, son bassin du Congo et sa position géographique, la RDC dispose, selon lui, d’atouts susceptibles de contribuer à plusieurs enjeux mondiaux, notamment la transition énergétique, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique.
L’enjeu consiste ainsi à dépasser le modèle basé principalement sur l’exportation des matières premières. Kinshasa souhaite davantage miser sur la transformation locale, le transfert de technologies, l’industrialisation et la création d’emplois, afin que les richesses du pays puissent générer davantage de valeur au niveau national.
La question sécuritaire dans l’Est de la RDC a également occupé une place importante dans l’intervention d’Aimé Boji.
Pour lui, il est difficile d’envisager un partenariat économique durable sans stabilité. L’insécurité dans la région des Grands Lacs affecte les populations, mais également les corridors régionaux, les chaînes d’approvisionnement et l’accès à certaines ressources stratégiques.
Dans cette logique, la paix en RDC ne devrait pas être perçue uniquement comme une préoccupation congolaise ou régionale. Elle constitue également, selon le Président de l’Assemblée nationale, un enjeu pour les partenaires européens.

Il a ainsi appelé l’Union européenne à soutenir davantage les efforts de paix et les initiatives diplomatiques engagées sous la conduite du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Aimé Boji a par ailleurs souligné l’importance de la diplomatie parlementaire dans la consolidation de cette nouvelle relation entre la RDC et l’Europe.
Les Parlements congolais et européens peuvent, selon lui, jouer un rôle dans le renforcement de la coopération, l’amélioration des cadres législatifs, la transparence et la création d’un environnement plus prévisible pour les investissements.
Cette approche doit également contribuer à instaurer davantage de confiance entre les deux parties et à rapprocher leurs intérêts autour des questions économiques, sécuritaires et environnementales.

« Il faut passer d’un partenariat d’habitude à un partenariat de choix », a-t-il conclu.
Le Président de l’Assemblée nationale défend une relation RDC-UE reposant sur le respect mutuel, la confiance et la convergence des intérêts.
Pour Kinshasa, l’objectif n’est donc pas de demander à l’Europe de faire son développement à sa place, mais de construire avec elle un partenariat équilibré, capable de créer de la valeur pour les deux parties et de contribuer à la stabilité et à la prospérité de l’Afrique comme de l’Europe.
Lydia Mangala


