Le gouvernement congolais veut renforcer le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus à l’occasion d’Octobre Rose. Dès ce 1er octobre 2026, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, avec l’appui de la Banque mondiale et de Roche, lance une campagne qui prévoit le dépistage du cancer du col de l’utérus pour 912 000 femmes dans six provinces, ainsi que 5 000 dépistages gratuits du cancer du sein à Kinshasa.
Les provinces concernées par le programme de dépistage du cancer du col sont Kinshasa, le Kongo-Central, le Haut-Katanga, l’Équateur, la Tshopo et le Kwilu. Le programme est prévu jusqu’en 2028.
Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a rappelé l’ampleur du défi lors du lancement de la campagne. Selon les données GLOBOCAN 2024 citées par les autorités, les cancers du sein et du col de l’utérus représentent ensemble plus de 20 000 nouveaux cas estimés en RDC.
Les données GLOBOCAN disponibles confirment en tout cas le poids important du cancer du col et du cancer du sein chez les femmes congolaises. Pour 2022, l’IARC estimait 8 705 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et 7 385 nouveaux cas de cancer du sein chez les femmes en RDC. Les estimations GLOBOCAN 2024 identifient par ailleurs le cancer du col comme le cancer le plus fréquent chez les femmes en RDC.
Pour le ministre de la Santé, l’enjeu d’Octobre Rose dépasse la sensibilisation symbolique. Il s’agit de rapprocher concrètement les services de dépistage des femmes et de favoriser une détection plus précoce.
« Octobre Rose revient et nous rappelle nos engagements à lutter contre le cancer, notamment le cancer de la femme, spécialement les deux premiers cancers qui regroupent à eux seuls plus de 20 000 cas », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Il a précisé que le ministère, avec l’appui de Roche et de la Banque mondiale, entendait concentrer cette campagne sur les deux cancers ciblés.
« Le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, avec l’appui aussi bien de la firme Roche que de la Banque mondiale, s’engage à lancer une campagne de dépistage à partir de ce 1er octobre », a-t-il expliqué.
Pour le cancer du col de l’utérus, l’objectif annoncé dépasse 900 000 femmes, avec un programme qui doit s’étendre sur plusieurs années.
« Nous visons plus de 5 000 cas à dépister pour le cancer du sein et aussi le cancer du col de l’utérus où nous visons plus de 900 000 cas à dépister », a indiqué Samuel Roger Kamba.
Le programme prévoit ainsi de toucher 912 000 femmes dans six provinces, avec une mise en œuvre annoncée jusqu’en 2028. Cette opération doit permettre d’élargir l’accès au dépistage au-delà de la seule capitale.
Dans la capitale, le dépistage gratuit du cancer du sein concernera 5 000 femmes. Plusieurs établissements hospitaliers sont annoncés comme sites de dépistage, notamment l’Hôpital du Cinquantenaire, l’Hôpital Yamba Mutombo, l’Hôpital Monkole et le Centre hospitalier de référence de l’Ouganda.
Le ministre invite les femmes à consulter la plateforme du ministère afin d’identifier le site correspondant à leur zone et de s’inscrire avant leur rendez-vous.
« Je vous invite donc à aller sur le site du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale où vous trouverez un lien qui vous permet de voir votre propre site de dépistage. Je vous demande de vous inscrire et de profiter de ce dépistage qui peut permettre de sauver votre vie », a-t-il insisté.
Cette campagne s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre les cancers féminins. Le ministère avait déjà organisé en 2025 une première table ronde nationale consacrée à cette question, avec un accent mis sur la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge.
Avec Octobre Rose 2026, l’enjeu est désormais de transformer la sensibilisation en actes avec 912 000 femmes ciblées pour le dépistage du cancer du col et 5 000 femmes à Kinshasa pour le cancer du sein.
Pour Samuel Roger Kamba, le message reste celui d’une mobilisation individuelle et collective de faire du dépistage un réflexe et encourager davantage de femmes à connaître leur état de santé avant l’apparition des symptômes.
Lydia Mangala


