La République démocratique du Congo entame une nouvelle étape dans sa quête d’une plus grande participation des acteurs nationaux à l’économie. Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a réuni jeudi 13 août 2026 les responsables de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP) et ceux de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) pour traduire la loi sur le contenu local en mesures concrètes et opérationnelles.
La séance de travail a notamment réuni le directeur général de l’ARSP, Juan Ted Beleshayi, son président du conseil d’administration, Félix Samuna, ainsi que son directeur général adjoint, Ramazani Muarabu, en présence des mandataires de l’ARMP.
Au cœur des échanges, les modalités d’application de la loi sur le contenu local, promulguée le 30 juin 2026 par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette réforme entend renforcer la participation des entreprises à capitaux congolais, de la main-d’œuvre et des compétences nationales dans les différentes chaînes de valeur de l’économie.
Pour Félix Samuna, cette rencontre marque le début d’un travail destiné à rendre la nouvelle législation pleinement opérationnelle.
« Il appartenait maintenant de réfléchir sur les mesures d’application et l’opérationnalité de cette loi », a-t-il expliqué.
La démarche implique notamment de clarifier les mécanismes qui permettront aux entreprises congolaises de mieux accéder aux opportunités générées par les investissements, aussi bien dans le secteur privé que dans la commande publique.
Dans cette architecture, l’ARSP est appelée à jouer son rôle dans la régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, tandis que l’ARMP intervient dans le domaine des marchés publics. La concertation entre les deux institutions doit ainsi permettre de mieux articuler les dispositifs en faveur du contenu local.
Le contenu local vise à favoriser la création d’emplois, le développement des compétences et la participation accrue des entreprises congolaises à la production de richesse.
Pour les PME, cette réforme représente notamment une possibilité d’accéder à davantage de marchés liés aux grands investissements et à la commande publique. Elle suppose toutefois que les entreprises nationales puissent répondre aux exigences techniques, financières et organisationnelles des donneurs d’ordre.
Le président du conseil d’administration de l’ARSP considère cette réforme comme une étape vers une plus grande souveraineté économique.
« Le président de la République vient de poser une fondation de l’indépendance économique de la RDC en partant sur une loi qui va protéger la production locale mais aussi la main-d’œuvre locale », a-t-il déclaré.
Le choix du 30 juin, date de la célébration de l’indépendance de la RDC, pour promulguer cette loi revêt ainsi une dimension symbolique particulière pour ses promoteurs, qui y voient le point de départ d’une nouvelle ambition économique.
Pour passer du principe à l’action, le ministre Justin Kalumba Mwana-Ngongo a formulé quatre recommandations destinées à orienter le travail des structures concernées.
Elles portent notamment sur la vulgarisation de la loi, afin de permettre aux différents acteurs économiques d’en comprendre les dispositions, mais aussi sur les questions liées à l’organisation et à la formation.
Le recours au droit comparé, à travers l’étude des expériences d’autres pays africains et d’autres économies ayant développé des politiques de contenu local, figure également parmi les orientations retenues.
L’objectif est de tirer les enseignements des expériences existantes afin d’adapter les mécanismes aux réalités économiques et institutionnelles de la RDC.
Cette nouvelle phase place donc l’ARSP et l’ARMP au cœur d’un chantier qui dépasse la seule application administrative d’un texte. Il s’agit de créer les conditions permettant aux entreprises congolaises, aux travailleurs et aux compétences nationales de capter une part plus importante de la valeur générée par les investissements réalisés dans le pays.
La réussite de cette politique dépendra notamment de sa vulgarisation, de la capacité des institutions à coordonner leur action et de l’aptitude des entreprises congolaises à se positionner sur les marchés qui leur seront ouverts.
En réunissant les principaux acteurs de la régulation autour de la nouvelle loi, le ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME ouvre ainsi la phase de mise en œuvre d’une réforme présentée comme un instrument de souveraineté économique, de promotion des entreprises nationales et de création d’emplois.
La prochaine bataille sera donc de faire en sorte que le contenu local ne reste pas uniquement un principe inscrit dans la loi, mais qu’il se traduise concrètement par davantage de marchés pour les entreprises congolaises, davantage de compétences valorisées et davantage d’emplois créés en RDC.
Lydia Mangala


