Dans le cadre de la campagne Octobre Rose 2026, Angel Foundation, en partenariat avec le Groupe Angel, a organisé, jeudi 29 octobre, un panel suivi d’un dîner de sensibilisation au Pullman Grand Hotel de Kinshasa. Modérée par Naomi Dangbele, cette rencontre a notamment permis à Stéphie Luaula, sage-femme et CEO de la maison périnatale Mwana Mboka, de présenter les gestes essentiels de l’autopalpation mammaire et d’aborder les enjeux de la santé reproductive des femmes confrontées au cancer du sein.
Autopalpation : apprendre à connaître sa poitrine
À travers une démonstration pratique, la sage-femme a expliqué comment les femmes peuvent observer et examiner régulièrement leurs seins afin de repérer d’éventuels changements. Elle a insisté sur l’importance de commencer par une observation visuelle, avant de procéder à la palpation avec la pulpe de trois doigts, en explorant méthodiquement l’ensemble du sein.
« Avant de toucher, on visualise le sein. C’est très important, parce qu’on cherche à voir s’il y a un aspect qui se modifie, un téton qui change ou, par exemple, un petit bouton qui apparaît », a-t-elle expliqué.
La démonstration a également porté sur l’exploration des zones situées sous les bras et autour des clavicules, où des ganglions peuvent être perceptibles. Stéphie Luaula a aussi attiré l’attention sur les écoulements au niveau du mamelon, qui nécessitent une consultation médicale.
Elle a toutefois rappelé que l’autopalpation ne constitue pas un diagnostic et ne remplace ni une consultation médicale ni les examens de dépistage recommandés. L’objectif est surtout de permettre aux femmes de mieux connaître leur corps et de consulter dès qu’un changement inhabituel apparaît.
Cancer du sein et grossesse : un accompagnement adapté
Au cours de son intervention, la sage-femme a également abordé la situation des femmes enceintes chez qui un cancer du sein est diagnostiqué. Elle a souligné que la prise en charge doit tenir compte du stade de la grossesse et de la situation médicale de chaque patiente.
« La médecine évolue. Les femmes enceintes peuvent être accompagnées avec des traitements adaptés en fonction de leur stade de grossesse », a-t-elle indiqué.
Elle a précisé que certaines options thérapeutiques doivent être évitées lorsqu’elles présentent des risques pour le développement du fœtus.
Elle a par ailleurs évoqué la préservation de la fertilité chez les femmes en âge de procréer, notamment par la congélation des ovocytes avant certains traitements susceptibles d’affecter leur capacité reproductive. Une démarche qui doit être discutée avec l’équipe médicale, selon la situation de chaque patiente.
La prévention au cœur de son plaidoyer
Pour Stéphie Luaula, la lutte contre le cancer du sein doit aller au-delà des campagnes de sensibilisation organisées au mois d’octobre. Elle appelle à renforcer les actions de prévention et à mieux informer la population sur les facteurs environnementaux susceptibles d’avoir des effets sur la santé.
« Je pense que la prévention, c’est la base de toute chose, avant même de parler de traitement ou de maladie », a-t-elle affirmé.
La sage-femme a notamment insisté sur la nécessité de mieux encadrer l’exposition aux perturbateurs endocriniens présents dans certains produits du quotidien, notamment les cosmétiques et les plastiques.
Elle estime que la sensibilisation doit encourager une meilleure connaissance de ces substances et de leurs effets potentiels, sans se limiter à une mobilisation ponctuelle.
Stéphie Luaula a mis en avant trois dimensions complémentaires de la lutte contre le cancer du sein notamment la connaissance de son corps, l’accès à un accompagnement médical adapté et le renforcement de la prévention. Cette approche rappelle que la sensibilisation doit se poursuivre bien au-delà d’Octobre Rose.
Lydia Mangala


