Le Service national de formation des personnels enseignants du Préscolaire (SERNAFOR Préscolaire) a clôturé, le samedi 15 août au lycée Ntinu-Wene, dans la province éducationnelle Mont-Amba à Kinshasa, la quatrième édition de la Grande Fête du Préscolaire. Placée sous le thème « Bien se connaître pour mieux s’occuper des enfants du préscolaire », cette édition a mis l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs et sur la nécessité de faire de la petite enfance une priorité dans les politiques éducatives en République démocratique du Congo.
La cérémonie de clôture a été marquée par deux temps forts : la remise de diplômes d’honneur à plusieurs personnalités engagées dans la promotion de l’éducation préscolaire et la remise de brevets à plus de 300 participants ayant pris part aux différentes activités de renforcement des capacités organisées durant cette quatrième édition.
Parmi les personnalités distinguées figuraient notamment Agnès Tournay Kinsama, présidente de la Commission permanente de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et technique, l’honorable Brigitte Kembi Landu, Michel Lumengo, Michel Otto, ainsi que Guimbi Banzoulou Emmaüs, venu de la République du Congo. À travers ces distinctions, le SERNAFOR Préscolaire a voulu saluer l’engagement de celles et ceux qui contribuent au développement de l’éducation de la petite enfance.
La cérémonie a surtout permis de rappeler les enjeux qui entourent le développement du préscolaire en RDC. Pour Michel Otto, inspecteur général adjoint du SERNAFOR Préscolaire, la petite enfance constitue une étape déterminante dans le parcours éducatif et dans le développement global de l’enfant.
« Investir dans le préscolaire, c’est préparer l’avenir de la nation. La petite enfance est comme la racine d’un arbre : si la racine est solide, l’arbre peut mieux grandir. Elle constitue une fondation qui mérite davantage d’investissement », a-t-il souligné.
Cette vision invite à dépasser l’idée selon laquelle le préscolaire ne serait qu’une préparation à l’entrée à l’école primaire. Les premières années de la vie jouent en effet un rôle essentiel dans le développement cognitif, affectif et social de l’enfant, ce qui renforce la nécessité de disposer d’éducateurs suffisamment formés et de structures adaptées.
La question de l’investissement dans ce secteur a également été soulevée par Brigitte Kembi Landu, présidente du Réseau des Parlementaires Amis du Préscolaire – OMEP/RDC. Elle a insisté sur les effets de l’éducation de la petite enfance sur la réussite scolaire, la cohésion sociale et le développement du capital humain.
Mais plusieurs défis demeurent, notamment l’accès encore insuffisant à une éducation préscolaire de qualité, le déficit d’infrastructures adaptées et le besoin de renforcer la formation continue des professionnels. La reconnaissance et l’amélioration des conditions de travail des acteurs chargés de l’encadrement des jeunes enfants figurent également parmi les préoccupations soulevées.
La question du financement demeure, elle aussi, centrale. Michel Lumengo, directeur chef de service d’Études et Planification, a reconnu la nécessité d’accorder une place plus importante au préscolaire dans les choix budgétaires.
« Nous avons constaté que, lors de la planification, le préscolaire a un budget inférieur à celui d’autres niveaux. Malgré les contraintes budgétaires, nous ferons tout pour que le préscolaire bénéficie d’un budget plus important », a-t-il déclaré.
Cette volonté de renforcer les moyens consacrés au préscolaire rejoint l’objectif poursuivi par le SERNAFOR à travers cette Grande Fête : créer un espace de valorisation, de formation et de réflexion autour des professionnels et des enjeux de la petite enfance.
La remise des brevets à plus de 300 participants vient ainsi consacrer la dimension formative de cette quatrième édition. En renforçant les compétences des acteurs qui interviennent auprès des enfants, l’initiative entend contribuer à améliorer les pratiques pédagogiques et, à terme, la qualité des apprentissages dans les structures préscolaires.
La participation d’un acteur venu de la République du Congo témoigne par ailleurs de l’intérêt porté à cette problématique au-delà des frontières nationales et ouvre la voie à davantage d’échanges d’expériences entre les acteurs de l’éducation de la petite enfance dans les deux Congo.
Au terme de cette quatrième édition, le SERNAFOR Préscolaire entend ainsi maintenir la mobilisation autour d’un secteur encore confronté à d’importants défis. La cérémonie aura surtout porté un double message : reconnaître et encourager ceux qui œuvrent en faveur de la petite enfance, tout en renforçant les compétences de ceux qui en assurent quotidiennement l’encadrement.
Car pour construire une école capable de préparer les générations futures, le pari commence dès les premières années. Et, comme l’a rappelé Michel Otto, lorsque les racines sont solides, l’arbre a davantage de chances de grandir.
Lydia Mangala


