La situation sécuritaire connaît une amélioration progressive dans plusieurs zones du Grand-Bandundu affectées par les violences attribuées aux Mobondo. Le gouvernement fait état de 72 villages pacifiés, de 596 ex-combattants transférés à Kaniama-Kasese et de 146 armes récupérées.
Ce bilan a été présenté lundi 17 août 2026 par le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe Mposhi, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Selon Éliezer Ntambwe, les actions de pacification menées notamment dans le Kwango, le Maï-Ndombe et certaines zones périphériques de Kinshasa enregistrent une « évolution positive ». Après les opérations de sensibilisation et de désarmement, le gouvernement entend désormais consolider les acquis et restaurer durablement la présence de l’État.
« Nous sommes au moment du rétablissement de l’autorité de l’État », a déclaré le ministre délégué.
Cette nouvelle étape devrait notamment permettre le retour progressif des populations déplacées, la reprise des activités économiques ainsi que la réouverture des services publics dans les localités autrefois affectées par les violences.
596 ex-Mobondo pris en charge à Kaniama-Kasese
Dans le cadre des missions de sensibilisation, Éliezer Ntambwe affirme avoir parcouru plusieurs localités, notamment Maluku, Mongata, Masambio, Idi, Béthanie et Etumba na Ngwaka. Ces descentes ont permis aux autorités d’établir des contacts avec des responsables du mouvement et d’amener plusieurs combattants à déposer les armes.
« La mission que nous avons reçue du commandant suprême, c’est de faire en sorte que les compatriotes qui étaient dans la brousse puissent déposer les armes », a-t-il expliqué.
Au total, 596 ex-combattants ont été transférés à Kaniama-Kasese, dans le Haut-Lomami, où ils ont été confiés au Service national pour leur prise en charge et leur réinsertion. D’autres éléments se trouveraient encore dans certaines localités, dans l’attente de leur transfert.
Le processus de désarmement a également permis la récupération de 146 armes, déjà remises au vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale. D’autres armes auraient été collectées, alors que les opérations se poursuivent.
Éliezer Ntambwe écarte toute négociation secrète
Face aux interrogations sur les contacts établis avec les Mobondo, le ministre délégué a rejeté l’idée de négociations menées dans la discrétion.
« Je n’ai pas discrètement discuté avec les Mobondo. Tout a été discuté devant la presse », a-t-il assuré, présentant les échanges engagés comme faisant partie d’une mission officielle de sensibilisation et de pacification.
Éliezer Ntambwe a également appelé à ne pas assimiler l’ensemble de la communauté Yaka au mouvement Mobondo. Pour lui, la crise tire son origine d’un différend foncier ayant progressivement dégénéré en violences.
« Il s’agit d’un conflit foncier et non d’un conflit communautaire », a-t-il déclaré, avant d’insister : « Tout Yaka n’est pas Mobondo. »
La RN1 et la RN17 de nouveau fréquentables

Parmi les avancées présentées par le gouvernement figure également la sécurisation de certains axes routiers stratégiques reliant Kinshasa à l’espace Grand-Bandundu.
« La RN1 est fréquentable aujourd’hui, sans crainte. La RN17 est fréquentable aujourd’hui », a affirmé Éliezer Ntambwe.
Le retour de la sécurité sur ces routes devrait favoriser la circulation des personnes et des marchandises ainsi que la reprise progressive des activités économiques dans les zones concernées.
De son côté, Patrick Muyaya a réaffirmé la détermination du gouvernement à protéger les populations et à restaurer pleinement l’autorité de l’État.
Malgré les avancées annoncées, les autorités affirment maintenir leur vigilance afin de prévenir toute résurgence des violences et de favoriser un retour durable des populations dans les villages pacifiés.
Joséphine Mawete


