Le corridor de Lobito veut désormais dépasser sa seule fonction de voie de transport pour devenir un véritable levier de transformation économique régionale. C’est le message porté par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, le lundi 28 septembre 2026 à Luanda, lors de la deuxième édition de l’Angola Hub Transport & Logistics Summit (AHTLS 2026). Le sommet, organisé du 28 au 30 septembre, réunit des acteurs publics et privés autour des enjeux d’investissement, d’intégration régionale et de modernisation des transports et de la logistique.
Invité par son homologue angolais Ricardo Viegas D’Abreu, Jean-Pierre Bemba est intervenu lors d’un panel consacré aux perspectives du secteur des transports et de la logistique. Il y a présenté les avancées enregistrées autour du corridor de Lobito et surtout la vision congolaise de cet axe stratégique reliant la RDC à l’Atlantique à travers l’Angola.

Pour Jean-Pierre Bemba, le corridor de Lobito ne doit pas être réduit à une infrastructure ferroviaire destinée au transport des marchandises. Il doit plutôt être envisagé comme un corridor de développement économique intégré, capable de connecter plusieurs secteurs et de stimuler l’activité le long de son parcours.
La vision présentée à Luanda englobe notamment l’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie, les télécommunications, les services, l’énergie et les transports. L’objectif est de faire du corridor un espace favorable à l’investissement, à la création d’emplois et au développement de chaînes de valeur locales.
Cette approche rejoint la vision déjà défendue par les autorités congolaises, qui souhaitent faire du corridor de Lobito un écosystème économique régional générateur d’emplois et de valeur ajoutée, au-delà du seul secteur minier.
L’annonce la plus marquante de l’intervention du vice-Premier ministre concerne toutefois la transformation du minerai de fer de la RDC.
Jean-Pierre Bemba a annoncé le lancement prochain d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) destiné aux investisseurs intéressés par la transformation du minerai de fer congolais en acier, puis en rails.
« Nous disposons de gisements très importants de fer au niveau de la RDC et nous recherchons un consortium de sociétés qui pourraient non pas simplement exporter cette terre de fer qu’il y a, mais le transformer en acier pour ensuite le transformer en rail », a déclaré Jean-Pierre Bemba.

Cette initiative vise à encourager une transformation locale du minerai et à inscrire les ressources minières dans une chaîne industrielle directement liée aux besoins en infrastructures ferroviaires.
Cette démarche entend ouvrir la voie à des partenariats entre États africains et entreprises privées afin de développer progressivement une capacité industrielle de production de rails sur le continent.
L’enjeu est ainsi de rapprocher les ressources minières des besoins en infrastructures et de favoriser la création d’une chaîne de valeur africaine allant de l’extraction du minerai à sa transformation industrielle, puis à la fabrication des équipements destinés au développement ferroviaire.
Le projet s’inscrit dans les discussions régionales autour du corridor de Lobito, dont le développement est présenté comme un moyen de renforcer l’intégration économique de l’Afrique australe et de connecter les zones de production aux marchés.
Le gouvernement congolais a donc défendu une approche qui associe transport, infrastructures, ressources minières et industrialisation. Le corridor de Lobito devient ainsi un cadre potentiel pour attirer des investissements dans plusieurs secteurs et développer des activités autour des infrastructures de transport.
Le sommet AHTLS 2026 met précisément l’accent sur la mobilisation des investissements, l’intégration régionale, les infrastructures stratégiques et la transformation numérique du secteur des transports.
Avec l’annonce de cet AMI, la RDC ne veut plus seulement acheminer ses ressources vers les marchés, mais chercher à les transformer localement et à les intégrer dans une industrie ferroviaire à dimension régionale.
Lydia Mangala


