Le gouvernement congolais hausse le ton face aux dérives commises sur les réseaux sociaux. Réagissant à l’arrestation en Tanzanie de l’influenceuse Denise Dusauchoy, annoncée dans un communiqué du ministère de la Justice, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a présenté cette affaire comme un signal adressé à tous ceux qui utilisent les plateformes numériques pour se livrer à des actes présumés contraires à la loi.
Dans une prise de parole publiée sur les réseaux sociaux, le porte-parole du gouvernement a notamment insisté sur la portée de cette arrestation, laissant entendre qu’elle ne constituerait qu’un premier cas parmi d’autres procédures susceptibles de viser des personnes recherchées par la justice congolaise.
« C’est la première d’une longue liste. Où que vous vous trouviez dans le monde, la justice vous atteindra. », a déclaré Patrick Muyaya.
La réaction du ministre intervient dans le contexte du communiqué du ministère de la Justice relatif à l’arrestation et à l’extradition de Denise Dusauchoy. Pour Patrick Muyaya, cette procédure illustre la détermination des autorités à poursuivre les personnes soupçonnées d’avoir commis des infractions, y compris lorsque celles-ci se trouvent en dehors du territoire national.
Le message se veut ainsi plus large que le seul dossier de l’influenceuse. Le gouvernement entend rappeler que l’usage des réseaux sociaux n’exonère pas de la responsabilité devant la loi.
« Le droit sera dit !!!! », a conclu le ministre de la Communication et Médias.
Dans sa réaction, Patrick Muyaya a également placé la question de la protection des enfants au cœur de son argumentaire.
« Pour l’exemple, nous avons l’obligation de protéger nos enfants et pour cela, l’État fera ce qu’il doit faire », a-t-il affirmé.
Une manière pour le porte-parole du gouvernement de rappeler que certaines pratiques ou certains contenus diffusés sur les plateformes numériques peuvent, selon les autorités, dépasser le cadre de la liberté d’expression lorsqu’ils portent atteinte à la protection des mineurs ou sont susceptibles de constituer des infractions.
Patrick Muyaya a par ailleurs rappelé la mise en garde qu’il avait adressée, le 13 août dernier, aux utilisateurs des réseaux sociaux qui s’adonnent aux insultes, à la calomnie et aux attaques personnelles.
Cette nouvelle sortie vient donc prolonger un avertissement déjà formulé à l’endroit des internautes et créateurs de contenus. Le gouvernement affirme ainsi vouloir renforcer la vigilance autour des usages des plateformes numériques et faire appliquer la loi lorsque des faits susceptibles de constituer des infractions sont constatés.
Avec cette déclaration, le ministre de la Communication et Médias affirme que pour les autorités congolaises, les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit et la distance géographique ne saurait, à elle seule, mettre les personnes recherchées à l’abri de poursuites judiciaires.
Lydia Mangala


