Ils étaient venus chercher des connaissances pendant les vacances. Ils sont repartis avec un certificat, mais surtout avec une expérience, des souvenirs et une confiance nouvelle en leurs capacités. À Silikin Village, la cérémonie de clôture de la session « Hope of Tomorrow » de New Hope College a offert, ce mardi 25 août 2026, bien plus qu’une simple remise de certificats. Les apprenants ont pris la parole, chanté, enseigné, improvisé, raconté leurs histoires et porté des messages sur le Congo, la paix, l’environnement et leur avenir.
Et au milieu de cette célébration, un souhait formulé par les enfants quelques jours plus tôt, voir la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, assister à leur cérémonie, a donné à la journée une dimension particulière.
Une invitation née d’une idée d’enfants devient une rencontre particulière
Tout est parti d’une vidéo réalisée par les apprenants. À l’approche de la cérémonie, les enfants de la session « Hope of Tomorrow » avaient lancé une invitation à « Maman Denise » pour qu’elle vienne partager avec eux le moment de leur remise de certificats.
Le souhait a été entendu. Ce mardi 25 août, Denise Nyakeru Tshisekedi a ainsi rejoint les apprenants, leurs parents, leurs formateurs et l’équipe de New Hope College à Silikin Village. Elle a suivi leurs différentes prestations avant de leur remettre personnellement leurs certificats.
Pour Christian Biaya, CEO de New Hope College, cette présence est venue donner un sens supplémentaire à l’initiative des enfants.
« Merci, madame Denise, d’avoir dit oui. Tout est parti d’une vidéo faite par les enfants. Ils vous ont invitée », a-t-il rappelé dans son allocution.

Selon lui, la réponse apportée à cette invitation a également été accompagnée d’une attention particulière de la part du cabinet de la Première Dame.
« À partir de là, nous avons été accompagnés avec énormément d’attention, de disponibilité et de considération. Votre cabinet a pris le temps de nous écouter, de nous accompagner et de faire en sorte que cette rencontre soit à la hauteur de ce que les enfants avaient imaginé », a-t-il souligné.

Pour Christian Biaya, cette histoire résume finalement l’esprit même de New Hope College : apprendre, mais surtout oser.
« Ce qui me touche le plus dans cette histoire, c’est que les enfants n’ont pas seulement appris pendant New Hope College, ils ont osé. Ils ont eu une idée, ils ont fait une vidéo, ils ont lancé une invitation et leur voix a été entendue », a-t-il expliqué.
New Hope College retrace son parcours et présente « Hope of Tomorrow »

La cérémonie s’est ouverte sous la modération de Joyce Salumu, ancienne apprenante de New Hope College et lauréate du programme E360.
S’adressant aux parents et aux enfants, elle a placé la rencontre sous le signe de l’éducation et de la préparation de l’avenir.
« On dit souvent que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais aujourd’hui j’aimerais vous dire que l’avenir appartient également à ceux qui se préparent tôt », a-t-elle lancé.

Une projection vidéo a ensuite retracé l’histoire de New Hope College, de ses débuts à Barumbu à son implantation à Gombe, puis à Silikin Village.
Le centre propose notamment des formations en anglais et en informatique, mais également des cours de conduite et des bourses de formation. Son développement se poursuit notamment avec une nouvelle extension à la cathédrale de l’UPC.
À travers « Hope of Tomorrow », le centre veut offrir aux enfants un espace d’apprentissage pendant les vacances, en associant acquisition de connaissances, expression personnelle et développement de la confiance en soi.
Les apprenants transforment la cérémonie en véritable scène d’expression

Après huit semaines de formation, les enfants ont eux-mêmes assuré une grande partie de l’animation.
La musique a ouvert l’une des séquences les plus chaleureuses de la cérémonie. Les apprenants ont interprété « We Are the World » de Michael Jackson, avant de poursuivre avec différentes présentations en anglais.
Bénédicte, au nom des apprenants, est revenue sur leur expérience durant la session.

« Cette session s’est terminée, mais notre voyage en anglais continue. Laissez-nous continuer à apprendre, à parler et à nous améliorer », a-t-elle déclaré, avant de remercier les enseignants et les parents pour leur accompagnement.
Maria a ensuite livré un plaidoyer sur l’importance de l’anglais comme outil d’ouverture au monde.
« English is not just a language. Il est une clé qui ouvre les portes de la connaissance, une boussole pour les voyageurs, une passerelle vers les cultures du monde », a-t-elle expliqué.

Elle a surtout voulu rappeler que l’apprentissage d’une langue étrangère ne signifie pas renoncer à son identité.
« Speaking English doesn’t mean forgetting where we come from. C’est porter sa culture avec fierté et la faire rayonner au-delà des frontières », a-t-elle affirmé.
Allegria a, pour sa part, raconté son expérience au sein du programme et l’évolution de son apprentissage, tandis que Priscille a expliqué pourquoi elle avait choisi d’apprendre l’anglais et comment la formation lui avait permis de gagner en assurance.
« When I joined this class, I was a little nervous because I wasn’t confident in my English. Little by little, I became more comfortable and I felt much more confident than before », a-t-elle témoigné.
Elle a également salué ses enseignants et l’environnement d’apprentissage offert par New Hope College.
Les enfants deviennent tour à tour enseignants, orateurs et présentateurs

La cérémonie a également permis aux apprenants de montrer qu’ils étaient capables de transmettre à leur tour ce qu’ils avaient appris.
Wendy s’est ainsi glissée dans le rôle d’une enseignante pour proposer une courte leçon consacrée aux nombres en anglais. Elle a notamment expliqué qu’en lisant un numéro de téléphone, le chiffre zéro est généralement prononcé « O ».
Maravilla a, de son côté, proposé une présentation consacrée à la République démocratique du Congo, évoquant sa géographie, ses langues, ses richesses naturelles, sa culture et ses sites touristiques.
Ces prestations, parfois spontanées et ponctuées d’improvisations, ont surtout permis de mesurer le chemin parcouru en quelques semaines.
Salama porte la voix de Goma et rappelle que l’apprentissage ne fait pas oublier les réalités du pays
L’un des moments les plus poignants de la cérémonie est venu de Salama, née à Goma et ayant vécu dans la capitale du Nord-Kivu jusqu’en 2025.
Devant l’assistance, elle a choisi de transformer sa prise de parole en témoignage sur les conséquences des violences dans l’Est de la RDC.
« Aujourd’hui, je ne suis pas là pour parler. Je suis là pour montrer mon histoire. C’est une histoire de peur. C’est une histoire d’humanité. Mais c’est aussi une histoire d’amour », a-t-elle déclaré.

Elle a raconté les déplacements des familles, les difficultés d’accès à l’école, la perte des moyens de subsistance et le sentiment d’abandon vécu par certaines communautés.
Son message s’est finalement transformé en appel à ne pas oublier les enfants et les familles confrontés à la guerre.
« N’oubliez pas les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école. N’oubliez pas les parents qui ont tout perdu. N’oubliez pas les familles qui sont encore en train d’attendre la paix », a-t-elle lancé.

Puis elle a formulé son rêve de retrouver un jour une Goma débarrassée de la peur, où les enfants pourraient aller à l’école sans crainte.
« Je rêve d’un Congo unique. Un Congo où la peur est remplacée par la joie, où la guerre est remplacée par la paix », a-t-elle conclu.

Dans son sillage, Joviana a également pris la parole pour évoquer les violences dans l’Est du pays. Elle a appelé le Président de la République et la Première Dame à œuvrer pour le retour de la paix.
Les apprenantes racontent la vie et l’engagement de la Première Dame

La formation en informatique a également trouvé sa place dans la cérémonie.
Ovienne, Mature et Ola ont présenté une biographie de Denise Nyakeru Tshisekedi, revenant notamment sur son parcours, sa vie familiale et son engagement dans le domaine social et éducatif.
Une séquence symbolique qui a permis aux enfants de présenter à leur invitée d’honneur ce qu’ils avaient eux-mêmes appris et préparé.
L’improvisation révèle une jeunesse qui ose prendre la parole
Avec le CEO Christian Biaya, les apprenants se sont ensuite prêtés à des défis d’improvisation.
L’objectif était de réfléchir rapidement, structurer une idée et la défendre devant un public.
Joviana est notamment revenue au micro pour s’adresser directement à la Première Dame. Elle a évoqué les difficultés auxquelles sont confrontées certaines filles et certains enfants, appelant à davantage de protection et d’attention.
Elle a également assumé publiquement son ambition.
« Comme moi, je rêve d’être présidente », a-t-elle lancé devant l’assistance.
La jeune fille de 7 ans a également présenté un message sur la protection de l’environnement, dénonçant les déchets jetés dans la nature et leurs conséquences sur les animaux.

« Nous ne devons pas jeter des déchets. Protégeons l’environnement et protégeons la nature », a-t-elle insisté.
Ces différentes interventions ont montré que, derrière les cours d’anglais et d’informatique, les enfants apprennent aussi à penser, à argumenter, à s’exprimer et à prendre position.

Christian Biaya rappelle que la formation consiste aussi à donner confiance
Dans son allocution, le CEO de New Hope College a justement insisté sur cette dimension.
« La formation, pour nous, ce n’est pas seulement transmettre les compétences, c’est aussi donner à quelqu’un la confiance et croire en ce qu’il peut devenir », a-t-il déclaré.

Il a invité les apprenants à poursuivre leur chemin au-delà du certificat.
« Chers enfants, continuez à apprendre, continuez à rêver, continuez surtout à oser. Parce qu’à New Hope College, nous croyons profondément qu’il est permis de rêver », les a-t-il encouragés.

À Denise Nyakeru Tshisekedi, dont la présence répondait au souhait formulé par les enfants, Christian Biaya a également adressé un message de reconnaissance.
« Madame la Première Dame, merci d’avoir répondu aux rêves de nos enfants », lui a-t-il lancé.
Denise Nyakeru Tshisekedi encourage les enfants à commencer tôt à apprendre

Après les différentes prestations, est venu le moment de la remise des certificats.
La Première Dame a remis les attestations aux apprenants avant de leur adresser un message d’encouragement.
Elle a d’abord insisté sur l’importance de commencer tôt à se former.

« Il faut commencer tôt à vous instruire. C’est une très bonne chose », a-t-elle déclaré.
Elle a également félicité les organisateurs et souhaité voir le programme s’étendre à d’autres communes de Kinshasa et à travers le pays.
« J’espère que vous allez dupliquer ça partout dans la République », a-t-elle souhaité.

Denise Nyakeru Tshisekedi a particulièrement apprécié le niveau d’anglais démontré par les enfants.
« Je vois qu’ici l’anglais coule à flots. C’est une bonne chose », a-t-elle relevé, encourageant les enfants à profiter des vacances pour apprendre plutôt que de passer leur temps dans des activités peu constructives.
Mais c’est son message sur l’avenir du pays qui a donné à la cérémonie l’une de ses phrases les plus fortes.

S’adressant aux enfants, Denise Nyakeru Tshisekedi les a placés au cœur de la construction du Congo de demain.
« Je suis très fière. Et n’oubliez pas : le Congo de demain, c’est vous », leur a-t-elle lancé.
Elle a également encouragé les jeunes filles à ne pas limiter leurs ambitions et a exprimé le souhait de voir émerger, parmi elles, une future présidente de la République.

« J’aimerais voir la future présidente », a-t-elle déclaré.
La Première Dame a par ailleurs rappelé l’engagement de sa fondation dans le secteur de l’éducation et ouvert la voie à un possible accompagnement de l’initiative.
« Vous savez qu’à la fondation, nous sommes dans l’éducation. En tout cas, comptez sur nous. Vous pouvez venir vers nous. Comme ça, on peut voir comment on s’accompagne aussi dans ce beau projet », a-t-elle assuré.

Elle a enfin invité les apprenants du secondaire à rejoindre le programme Excellentia.
« Je vous encourage à venir pour rejoindre la grande famille Excellentia », les a-t-elle encouragés.
Un portrait offert à la Première Dame clôture une journée particulière
Avant la clôture, la petite Joviana a remis à Denise Nyakeru Tshisekedi un portrait réalisé à son intention.
Un geste simple, mais chargé de symbole, après une cérémonie au cours de laquelle les enfants avaient eux-mêmes choisi de prendre la parole, de montrer leurs acquis et d’exprimer leurs rêves.
La Première Dame s’est ensuite rendue auprès des parents et des autres apprenants réunis dans la salle de retransmission directe pour les saluer et échanger avec eux.
Au terme de cette journée, les certificats ont certes marqué la fin de huit semaines de formation. Mais la cérémonie de « Hope of Tomorrow » aura surtout montré que l’apprentissage peut devenir un espace où les enfants découvrent leur voix, prennent confiance, confrontent leurs idées et commencent à imaginer la place qu’ils souhaitent occuper dans la société.
À New Hope College, une session s’est achevée. Une génération, elle, vient peut-être simplement de commencer à écrire son histoire.
Lydia Mangala


