Face à la résurgence de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a pris un arrêté ministériel entérinant une série de mesures sanitaires strictes destinées à freiner la propagation de la maladie sur le territoire national et au-delà des frontières.
Selon un arrêté ministériel consulté par notre rédaction, signé par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, ces dispositions s’inscrivent dans le cadre du plan de préparation et de réponse « Une Santé » relatif à la 17ᵉ épidémie d’Ebola.
Dès l’introduction du texte réglementaire, l’autorité sanitaire souligne la gravité de la situation.
« Considérant la résurgence de la maladie à virus Ebola dans certaines provinces de la République démocratique du Congo et le risque élevé de propagation au sein de la population, des mesures exceptionnelles doivent être mises en œuvre pour prévenir et limiter la transmission », précise l’arrêté.
Parmi les mesures phares, toute personne identifiée comme cas contact d’un malade confirmé ou probable est désormais soumise à une surveillance sanitaire active de 21 jours.
« Toute personne identifiée comme cas contact est soumise à une surveillance sanitaire active pendant une période de vingt et un (21) jours à compter de la date de sa dernière exposition », stipule l’article 2.
Durant cette période, tout déplacement national ou international est strictement interdit, sauf autorisation expresse du ministère de la Santé ou de son délégué.
L’arrêté prévoit également des restrictions pour les personnels impliqués dans la riposte contre Ebola, notamment les agents de santé, laborantins et membres des équipes d’intervention.
« Tout personnel ayant participé aux activités de riposte dans une zone affectée est soumis à une surveillance sanitaire de vingt et un (21) jours et ne peut effectuer de déplacement international sans autorisation préalable », indique l’article 3.
Par ailleurs, toute personne ayant séjourné dans une province touchée par l’épidémie devra attendre 21 jours hors de la zone affectée avant d’envisager un voyage international.
Le texte impose également un contrôle strict aux points d’entrée terrestres, aériens et fluviaux. Tout embarquement pour un vol international devra être précédé du remplissage d’un formulaire sanitaire délivré par le Programme National de l’Hygiène aux Frontières.
« Ce formulaire doit être exigé par la compagnie aérienne, constituant ainsi une double vérification », précise l’article 5.
Le suivi sanitaire comprend notamment la prise quotidienne de la température, la surveillance de l’état de santé et le signalement immédiat de tout symptôme suspect.
« Toute personne concernée doit respecter les recommandations des équipes de riposte et signaler immédiatement tout symptôme compatible avec la maladie à virus Ebola », souligne l’arrêté.
Les mesures restent applicables pendant toute la durée de la 17ᵉ épidémie ou jusqu’à leur levée, précise le texte, qui confie leur mise en œuvre aux services sanitaires nationaux, provinciaux et aux équipes de riposte.
Avec cet arrêté, les autorités congolaises renforcent leur dispositif de prévention dans un contexte épidémique jugé à haut risque, misant sur la surveillance, la restriction des mouvements et le contrôle sanitaire aux frontières pour contenir la propagation du virus.
Lydia Mangala


