La gouvernance sécuritaire de proximité franchit une nouvelle étape au Kasaï-Oriental. Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a lancé samedi 26 septembre 2026, à Mbuji-Mayi, la vulgarisation des textes légaux encadrant la création, l’organisation et le fonctionnement des comités provinciaux et locaux de sécurité.
Cette initiative intervient au terme d’un atelier consacré au renforcement des capacités des autorités territoriales sur la nouvelle approche de gouvernance sécuritaire de proximité. La formation a notamment porté sur la compréhension du décret n°22/44 du 6 décembre 2022, relatif aux comités provincial et local de sécurité, ainsi que sur ses mesures d’application.

À Mbuji-Mayi, le VPM Jacquemain Shabani a rappelé l’importance de la tenue régulière des réunions des comités de sécurité, conformément aux textes en vigueur. Ces cadres doivent permettre aux autorités et aux différents acteurs concernés d’identifier, d’analyser et de traiter collectivement les menaces auxquelles leurs juridictions sont confrontées.
L’approche défendue par le ministère de l’Intérieur repose ainsi sur une lecture plus locale des enjeux sécuritaires, avec des mécanismes permettant de rapprocher l’analyse des réalités vécues dans les provinces, les villes, les territoires, les secteurs et les chefferies.
Selon les éléments présentés lors de l’atelier, les participants ont notamment été formés sur l’organisation et le fonctionnement des comités, les modalités pratiques de leurs réunions, l’analyse des menaces sécuritaires, la prévention et la gestion des conflits liés au pouvoir coutumier ainsi que le diagnostic partagé de sécurité.
Le dispositif ne se limite pas aux seuls représentants de l’État. Jacquemain Shabani a également insisté sur l’implication des acteurs non étatiques dans la gouvernance sécuritaire.
La société civile, les mouvements associatifs, les organisations patronales et les transporteurs sont notamment appelés à participer aux échanges à travers des réunions élargies des comités de sécurité, mais aussi des forums organisés au niveau des quartiers et des groupements.
Cette ouverture vise à permettre une remontée plus directe des préoccupations sécuritaires locales et à favoriser une réponse construite à partir des réalités du terrain.
À l’échelle nationale, 5 636 acteurs étatiques et non étatiques ont, à ce jour, bénéficié de formations et d’un renforcement de capacités dans le cadre de cette approche.
Le dispositif concerne notamment 12 Comités provinciaux de sécurité, 17 Comités locaux de sécurité des villes, 150 Comités de sécurité des territoires ainsi que 482 Comités de sécurité des secteurs et chefferies, auxquels s’ajoutent des acteurs de la société civile, des chefs de quartiers, de groupements et de rues.
À Mbuji-Mayi, cette étape s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de déploiement de la gouvernance sécuritaire de proximité à travers le pays.
Pour le VPM Jacquemain Shabani, les comités provinciaux et locaux constituent avant tout des cadres de concertation permettant aux différents acteurs de mettre en commun leurs informations, d’identifier les menaces et de rechercher des réponses adaptées à chaque juridiction.
Cette démarche entend ainsi faire de la sécurité une responsabilité davantage partagée entre les institutions publiques et les acteurs présents au niveau local.
Lydia Mangala


