La Fondation Grâce à ma Mère (GRAME) a célébré, samedi 3 octobre 2026, ses cinq années d’existence à travers une soirée de gala marquée par des moments forts, des témoignages et des échanges autour de l’autonomisation des femmes et de la transformation des communautés. Animée par Julie Sefu, journaliste présentatrice à B-ONE, la soirée a été rythmée par l’entrée de la fondatrice, les différents panels, un discours fondateur et la projection d’un mini-documentaire retraçant le chemin parcouru par l’organisation depuis sa création.
La soirée s’est ouverte sur une entrée remarquée de Julie Nsuele, fondatrice de la Fondation Grâce à ma Mère, accompagnée de l’ensemble des membres de GRAME. Dans une ambiance chargée d’émotion, cette séquence a donné le ton à une célébration consacrée à cinq années d’engagement en faveur des femmes, des filles et des communautés.
Prenant ensuite la parole, Julie Nsuele est revenue sur l’origine de cette aventure associative, née d’une promesse faite à Dieu à la suite d’une épreuve familiale particulièrement difficile.
Elle a expliqué que l’idée de créer GRAME trouve son origine dans une période où sa mère avait été gravement atteinte par la Covid-19. Face à cette situation et après avoir été témoin des difficultés rencontrées par de nombreuses familles, elle avait alors formulé une promesse : si sa mère survivait, elle consacrerait une partie de sa vie à venir en aide aux enfants et aux femmes.
La survie de sa mère l’a ensuite poussée à concrétiser cette promesse. Environ une année plus tard, Julie Nsuele a entrepris les démarches nécessaires pour transformer cette vision en une organisation structurée, avec la constitution d’une équipe fondatrice et l’accomplissement des formalités requises.
Au fil de son intervention, la fondatrice a présenté la philosophie de GRAME : éduquer, former et contribuer à l’autonomisation socio-économique, particulièrement des femmes et des jeunes filles.

Pour Julie Nsuele, la pauvreté ne doit pas être considérée comme une fatalité, pas plus que l’exclusion comme une normalité ou l’absence d’opportunités comme une condamnation. La formation constitue, selon elle, un levier permettant à une femme de gagner en autonomie, de prendre des décisions, de développer une activité et, à son tour, de contribuer au développement de sa communauté.
Après ce discours, les participants ont été invités à découvrir un mini-documentaire consacré au parcours et aux actions de la Fondation Grâce à ma Mère. À travers des images, des témoignages et des séquences consacrées aux bénéficiaires et aux partenaires, cette projection est venue illustrer concrètement le travail réalisé par GRAME au cours de ses cinq premières années.
La cérémonie s’est ensuite poursuivie avec une série d’échanges consacrés à l’impact des actions menées sur le terrain.
« Agir pour transformer », le panel central de la soirée
Animé par Ruth Ngwanza, le panel principal, placé sous le thème « Agir pour transformer », a réuni plusieurs partenaires de GRAME autour de la transformation des actions ponctuelles en changements durables au sein des communautés.

La première intervention a été consacrée à l’honorable Moussaï Sanguma, sénateur de la République démocratique du Congo, pasteur et professeur d’université.
Interrogé sur la différence entre une action qui apporte simplement une réponse temporaire à un problème et celle qui transforme réellement une communauté, il a insisté sur l’importance de passer à l’action et de renforcer les capacités.

« Vous voulez transformer, il suffit d’abord d’agir », a-t-il lancé, soulignant qu’une femme formée peut acquérir une compétence, développer une activité et devenir progressivement capable d’agir sur son environnement.

La parole est ensuite revenue à Maître Joëlle Kona Maba, autour de la question des droits des femmes et de leur capacité à prendre part aux décisions qui concernent leur vie.
L’avocate a insisté sur la nécessité pour les femmes de connaître leurs droits avant de pouvoir les revendiquer.

« Pour les droits des femmes, il faut d’abord les connaître. Quelqu’un qui ne connaît pas ses droits ne sait pas les revendiquer pour soi-même, encore moins pour sa communauté », a-t-elle expliqué.
Elle a également évoqué l’impact des formations reçues par des milliers de femmes, estimant que derrière une femme formée se trouve souvent une famille entière susceptible de bénéficier de cette transformation.
Les échanges ont ensuite porté sur l’accès aux moyens. Ruth Ngwanza a souligné qu’une formation, aussi pertinente soit-elle, peut rester insuffisante lorsqu’une bénéficiaire ne dispose pas des équipements ou des ressources nécessaires pour mettre ses compétences en pratique.
Didier Mutombo, partenaire de GRAME issu de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en Afrique centrale a, à son tour, mis en avant l’importance de conjuguer engagement, capacités et moyens pour permettre aux femmes de construire leur autonomie.
La dernière séquence du panel a été consacrée à Mimie Eyima Modjaka, autour de l’entrepreneuriat et de la capacité des femmes à transformer une petite initiative en activité durable.
Elle a réfuté l’idée selon laquelle les programmes d’accompagnement ne produiraient pas de résultats, s’appuyant sur plusieurs témoignages de femmes qu’elle dit avoir rencontrées dans le cadre de ses activités.
Elle a notamment présenté le programme TRANSFORME comme une approche combinant formation, renforcement des capacités, équipement et accompagnement.
Une intervention de Julie Nsuele, depuis la salle, est venue compléter ces explications. La fondatrice a rappelé que certaines bénéficiaires ont effectivement reçu des kits dans le cadre de Transform et les utilisent pour développer leurs activités.
Au terme de cette séquence, un même constat s’est dégagé : la transformation ne repose pas uniquement sur l’aide, mais sur la combinaison de la formation, de la connaissance des droits, de l’accès aux moyens et de la capacité à agir.
Pour ses cinq années d’existence, la Fondation Grâce à ma Mère a ainsi voulu faire de cette soirée non seulement un moment de célébration, mais également un espace de mémoire, de témoignage et de réflexion sur les moyens de poursuivre son action en faveur des femmes, des jeunes filles et des communautés.
Ben Mandjolo


