Comment mieux expliquer les réformes, rapprocher l’administration des acteurs éducatifs et répondre aux nouveaux défis imposés par le numérique ? Cette question a été au centre de la première journée de l’atelier consacré à l’élaboration de la politique générale de communication, de la stratégie et du plan de communication du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC).
Pilotés par la Direction de gestion de la communication (DGC), sous la supervision du Secrétariat général, les travaux, ouverts le 11 août à Kinshasa, s’inscrivent dans la mise en œuvre du Plan quinquennal 2024-2029 du ministère. Ils doivent permettre de doter le secteur éducatif d’un cadre de communication cohérent, participatif et adapté aux mutations du paysage médiatique et numérique.
Pour cette première journée, les échanges ont notamment porté sur l’état des lieux du secteur éducatif en RDC, les fondements de la communication institutionnelle, les enjeux liés au Web 2.0 ainsi que l’identification et la segmentation des différentes parties prenantes.
L’objectif est de dépasser une communication essentiellement événementielle pour construire une démarche davantage stratégique, capable d’accompagner les réformes et de favoriser une meilleure compréhension des politiques publiques éducatives.
Dans un environnement marqué par la multiplication des plateformes numériques, l’instantanéité de l’information et la circulation rapide des fausses informations, la communication institutionnelle ne peut plus se limiter à transmettre des messages. Elle doit également écouter, dialoguer, expliquer et créer des espaces d’interaction avec les citoyens.
Cette réalité concerne particulièrement le secteur éducatif, qui rassemble une diversité d’acteurs entre autres enseignants, élèves, parents, chefs d’établissement, administrations, communautés, partenaires techniques et financiers ou encore organisations de la société civile.
Parmi les intervenants de cette première journée, le professeur Kenny Kale Sayi a présenté les grandes orientations du Plan quinquennal 2024-2029 du MINEDU-NC, en mettant en lumière ses cinq principes directeurs et ses cinq objectifs stratégiques.
Le plan ambitionne notamment de garantir l’accès de tous à une éducation de qualité, de promouvoir l’égalité des chances, d’améliorer la qualité de l’administration scolaire, de favoriser une école inclusive et de contribuer à la formation de citoyens compétents, éthiques et engagés.
Cinq principes structurent cette vision notamment l’amélioration de l’accès et de la qualité des apprentissages, l’intégration des technologies dans l’éducation, le développement professionnel des enseignants, la promotion de la Nouvelle Citoyenneté ainsi que l’équité et l’inclusion.
Dans cette perspective, la communication apparaît comme un outil transversal. Elle doit permettre de rendre les réformes compréhensibles, de mobiliser les acteurs concernés et d’accompagner les changements engagés dans le système éducatif.
L’un des enjeux majeurs de l’atelier consiste ainsi à définir les bases d’une communication plus proche des réalités du terrain.
Il s’agit notamment de mieux adapter les messages aux différents publics, de renforcer la circulation de l’information entre les structures centrales et déconcentrées et de développer des mécanismes permettant aux acteurs éducatifs de faire remonter leurs préoccupations.
Cette approche participative devrait également contribuer à renforcer la confiance entre l’administration et les communautés scolaires, dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la diffusion et la perception de l’information publique.
La communication numérique devient dès lors un espace stratégique pour expliquer les politiques du ministère, valoriser les résultats obtenus, répondre aux préoccupations des citoyens et lutter contre la désinformation.
Ouvert le mardi 11 août, l’atelier se poursuit jusqu’au samedi 15 août 2026. À son terme, les participants devront aboutir à trois instruments complémentaires. Il s’agit d’une politique générale de communication institutionnelle, d’une stratégie de communication et d’un plan de communication alignés sur les priorités du Plan quinquennal 2024-2029.
L’ambition est de permettre au MINEDU-NC de disposer d’un cadre de référence commun pour structurer ses prises de parole, renforcer sa présence dans l’espace numérique et améliorer son dialogue avec les différentes composantes du système éducatif.
À l’ère du Web 2.0, le défi pour le ministère n’est donc plus seulement de communiquer davantage, mais de communiquer mieux, au bon moment, avec les bons publics et dans les deux sens. Une évolution qui pourrait faire de la communication un véritable instrument de gouvernance et d’accompagnement de la transformation de l’éducation en RDC.
Lydia Mangala


