Le Gouvernement congolais a organisé un premier vol de rapatriement volontaire de ressortissants congolais ayant fui les violences xénophobes en Afrique du Sud. Au total, 121 compatriotes, parmi lesquels des femmes et des enfants, sont arrivés à Kinshasa, marquant une nouvelle étape dans le dispositif d’assistance mis en place par les autorités congolaises.
Après plusieurs semaines de démarches diplomatiques et d’identification des personnes concernées, les premiers Congolais ayant choisi de rentrer au pays ont foulé, vendredi 17 juillet, le tarmac de l’aéroport international de N’Djili à bord d’un avion d’Air Congo spécialement affrété par le Gouvernement de la République.

À leur descente d’avion, les rapatriés ont été accueillis par la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato Nakwipone, entourée notamment du bourgmestre de la commune de la N’Sele et des services compétents de l’État, chargés de leur prise en charge.
Cette opération intervient à la suite des violences à caractère xénophobe survenues les 5 et 6 mai 2026 en Afrique du Sud, qui ont visé plusieurs communautés étrangères, dont des ressortissants de la République démocratique du Congo.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, le ministère des Affaires étrangères indique avoir immédiatement renforcé le dispositif consulaire de l’ambassade de la RDC à Pretoria.
Selon le communiqué officiel, ce mécanisme comprenait une veille permanente, des lignes d’urgence, les relais communautaires et des démarches diplomatiques auprès des autorités sud-africaines afin d’assurer la protection et l’assistance des ressortissants congolais.

Le Gouvernement rappelle également que la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait présenté dès le 8 mai devant l’Assemblée nationale les premières mesures prises pour protéger les Congolais vivant en Afrique du Sud, avant de porter la question au Conseil des ministres.
À la suite de cette communication, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a décidé de mettre en place une cellule de crise gouvernementale afin de coordonner la réponse des autorités.
Une mission a ainsi été dépêchée en Afrique du Sud pour identifier les ressortissants concernés, recueillir les demandes de retour volontaire et préparer leur rapatriement dans des conditions de sécurité et de dignité.

À ce jour, 260 dossiers ont été validés par les autorités congolaises. Après les vérifications administratives et sécuritaires requises, 121 personnes ont été autorisées à embarquer à bord de ce premier vol à destination de Kinshasa.
Les autorités assurent qu’au-delà du rapatriement, un dispositif coordonné de prise en charge a été prévu afin d’accompagner les compatriotes de retour au pays.
« Un dispositif coordonné de prise en charge et d’accompagnement a été mis en place afin de faciliter leur réinsertion dans le respect de leur dignité », souligne le ministère des Affaires étrangères.
Ce mécanisme doit permettre d’assurer un accueil administratif, social et humanitaire aux familles concernées après leur arrivée sur le territoire national.
Le Gouvernement veut protéger les citoyens congolais établis à l’étranger lorsque leur sécurité est menacée.
Le ministère des Affaires étrangères rappelle que cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la protection des ressortissants congolais à l’étranger parmi les priorités de l’action diplomatique.
Le ministère a également salué la mobilisation de l’ambassade de la RDC à Pretoria, des administrations congolaises impliquées ainsi que la coopération des autorités sud-africaines, qui ont permis l’organisation de ce premier rapatriement.
Si cette opération est accueillie comme un geste de solidarité envers les compatriotes affectés par les violences, certains observateurs estiment néanmoins qu’une intervention plus rapide aurait pu limiter les difficultés auxquelles plusieurs familles congolaises ont été confrontées durant les semaines ayant suivi les attaques.
Quoi qu’il en soit, ce premier vol marque le début d’un processus de retour volontaire destiné aux ressortissants congolais souhaitant regagner leur pays après les événements survenus en Afrique du Sud.
Lydia Mangala


