La formalisation de 537 entreprises de jeunes ne doit pas se limiter à la remise de documents administratifs. Pour Félix-Antoine Tshisekedi, elle doit surtout ouvrir un nouveau chapitre dans la vie des entreprises accompagnées. Lors de la cérémonie organisée samedi au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), le chef de l’État a appelé le gouvernement à renforcer substantiellement le Fonds spécial pour la promotion de l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), à travers cinq priorités.
Devant les bénéficiaires et plusieurs responsables institutionnels, Félix Tshisekedi a d’abord salué les résultats enregistrés dans le cadre du programme « Debout, jeunes congolais ». Pour cette deuxième cohorte, 537 entreprises ont été formalisées à Kinshasa, 129 dans le Haut-Katanga et 114 au Kasaï-Oriental, soit 780 entreprises accompagnées.

À ce bilan s’ajoutent les 347 entreprises de la première cohorte, portant à 1.127 le nombre total d’entreprises accompagnées depuis le lancement de l’initiative.
Pour le chef de l’État, ces chiffres traduisent une dynamique qui mérite d’être amplifiée.
« Derrière chaque entreprise, il y a de l’activité, il y a de la croissance. Derrière chaque entreprise, se trouvent également des clients à servir, des services à développer, des fournisseurs à mobiliser et des emplois », a-t-il souligné.

Pour le Chef de l’Etat, cette dynamique doit désormais permettre aux entreprises accompagnées de dépasser le stade de la simple existence juridique pour devenir de véritables acteurs économiques.
Au cœur de son allocution, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de revoir la manière dont l’État accompagne les jeunes entrepreneurs après leur formalisation.
La formalisation, selon lui, doit faciliter l’accès aux opportunités et non créer de nouvelles contraintes pour les entreprises.
« La formalisation donne à l’entreprise une identité juridique, renforce sa crédibilité et crée les conditions de son développement dans un environnement plus stable et mieux sécurisé », a déclaré le Président de la République.
Mais cette avancée ne doit pas se transformer en nouvelle source de difficultés administratives ou fiscales.

« La formalisation ne doit pas devenir une porte ouverte aux tracasseries administratives ou à une pression fiscale disproportionnée. Elle ne doit pas être l’aboutissement de l’accompagnement public. Elle doit en constituer le commencement », a-t-il martelé.
Une orientation qui place désormais le FSPEEJ devant le nouveau défi d’accompagner les entreprises dans la durée, après l’obtention de leurs documents officiels.
Pour donner davantage de moyens à cette politique, Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa, de travailler au renforcement substantiel du FSPEEJ.
La première priorité concerne la sécurisation des moyens d’action du Fonds. Le chef de l’État souhaite un examen de sa dotation afin de rendre plus prévisibles les ressources consacrées à la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes.
« Nous devons donner au Fonds les moyens de ses missions, tout en garantissant une gestion rigoureuse et transparente et orientée vers les résultats », a-t-il déclaré.
La deuxième priorité consiste à adapter les instruments d’accompagnement aux différentes étapes de la vie d’une entreprise. Les besoins d’un jeune porteur d’idée ne sont pas les mêmes que ceux d’une entreprise déjà formalisée ou engagée dans une phase de croissance.
Le Président a également insisté sur la nécessité d’organiser un véritable accompagnement après la formalisation, notamment à travers l’accès à la formation en gestion.
Pour Félix Tshisekedi, remettre les documents de formalisation ne constitue donc que le début du parcours.
Les entreprises doivent pouvoir être suivies, renforcées et orientées afin d’améliorer leurs performances et leur capacité à créer des emplois.
« Je souhaite que nous puissions, dans quelques années, constater que les entreprises accompagnées aujourd’hui ont consolidé leurs activités, augmenté leur production et créé de nouvelles possibilités pour d’autres jeunes. C’est cela même le sens véritable de cette initiative », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a ainsi placé la question des résultats au centre de l’action publique en faveur de l’entrepreneuriat. L’enjeu n’est plus seulement de compter les entreprises formalisées, mais de mesurer leur capacité à survivre, grandir, produire et embaucher.
Le Président de la République a également reconnu le poids de l’économie informelle dans la vie économique congolaise. Pour une grande partie de la population, elle constitue encore une possibilité essentielle d’exercer une activité et de générer des revenus.
Mais le maintien durable dans l’informel limite, selon lui, l’accès aux financements, aux marchés et à certaines opportunités économiques.
La formalisation doit donc permettre aux jeunes entrepreneurs de franchir ce cap sans perdre l’élan de leurs activités.
« Il ne s’agit pas de présenter l’entrepreneuriat comme une solution miracle ni comme l’unique voie d’insertion professionnelle. Il s’agit de faire en sorte qu’un jeune disposant d’une idée viable, d’un savoir-faire ou d’une opportunité économique ne soit pas empêché d’avancer par la complexité administrative, l’insuffisance de l’accompagnement ou le manque d’information », a-t-il expliqué.
En s’adressant directement aux 537 bénéficiaires, Félix Tshisekedi a également rappelé que les documents reçus représentent autant une opportunité qu’une responsabilité.

« Ces documents vous ouvrent des voies et des perspectives. Mais ils vous imposent également une exigence : celle de construire par votre travail, dans l’intégrité et la rigueur de gestion », a-t-il insisté.
Il les a encouragés à connaître leurs marchés, respecter leurs engagements, tenir une comptabilité saine, améliorer leurs produits et services et s’adapter aux évolutions de leur environnement.
Pour le chef de l’État, la réussite individuelle de ces entrepreneurs doit progressivement produire des effets sur leurs familles, leurs communautés et l’économie nationale.
Le pari est donc désormais de transformer les 537 entreprises accompagnées en entreprises capables de durer, de croître et surtout de créer à leur tour des opportunités. Une étape qui, pour Félix Tshisekedi, doit faire du FSPEEJ non plus seulement un instrument de formalisation, mais un véritable levier de consolidation et de croissance des entreprises portées par la jeunesse congolaise.
Lydia Mangala


