La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, a déposé ce mardi 15 septembre au Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, ainsi que le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025. Avec une enveloppe de 56 929 milliards de francs congolais, soit 24,8 milliards USD, le budget 2027 est présenté par le Gouvernement comme un « budget d’action et de souveraineté ».
Le dépôt intervient à l’ouverture de la session ordinaire de septembre, dite session budgétaire. Le texte doit désormais être examiné par le Parlement.
Présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, le projet de budget 2027 affiche une progression d’environ 12 % par rapport aux 22 milliards USD retenus dans la loi de finances rectificative pour 2026.
À travers cette hausse, le Gouvernement entend traduire dans les crédits budgétaires les engagements inscrits dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) 2024-2028.
Parmi les priorités annoncées figure la sécurité, avec un effort particulier en faveur du rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’Est du pays », a déclaré Judith Suminwa.
Le Gouvernement veut également agir sur le pouvoir d’achat à travers le renforcement des investissements dans l’agriculture et la production locale.
La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État figure également parmi les préoccupations prises en compte, notamment en lien avec les engagements issus des accords syndicaux.
L’objectif affiché est de soutenir davantage la production nationale et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Le projet de loi de finances prévoit par ailleurs un effort accru dans les infrastructures. Judith Suminwa a notamment cité les routes, les aéroports et les universités parmi les secteurs appelés à bénéficier d’investissements publics.
Ces orientations doivent permettre au Gouvernement de poursuivre les projets inscrits dans son programme d’action tout en répondant aux besoins d’infrastructures du pays.
Pour financer ces ambitions, l’Exécutif mise aussi sur une mobilisation accrue des recettes publiques.
Le Gouvernement prévoit notamment de renforcer la digitalisation des services d’assiette, ainsi que le suivi de la facture normalisée et de la TVA. L’ambition est d’améliorer la mobilisation des ressources et de réduire l’écart entre les recettes attendues et celles effectivement collectées.
Le contexte politique et institutionnel n’est pas absent des prévisions budgétaires. Des crédits sont notamment prévus pour accompagner les élections et l’identification de la population.
Le Gouvernement assure également avoir intégré dans ses prévisions le dialogue national convoqué par le Président de la République.

« D’ailleurs, le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population », a assuré la Première Ministre.
En parallèle du budget 2027, Judith Suminwa a déposé le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.
Selon ce texte, les recettes du budget du Pouvoir central ont atteint 40 559,66 milliards de francs congolais, soit un taux de réalisation de 80,01 % des prévisions. Les recettes internes se sont élevées à 27 849,49 milliards de francs congolais, représentant près de 91 % des prévisions.
Avec le dépôt du projet de loi de finances, l’Assemblée nationale ouvre désormais la phase d’examen du budget 2027. Conformément à l’article 83 de la loi relative aux finances publiques, la Chambre basse dispose de 40 jours à compter du dépôt pour adopter le texte.
Le Sénat dispose ensuite de 20 jours pour l’examiner en seconde lecture avant sa transmission au Président de la République pour promulgation.
Le débat parlementaire devra ainsi permettre d’évaluer la cohérence entre les ambitions affichées par le Gouvernement et les ressources mobilisables pour financer la sécurité, les investissements, la production nationale et les autres priorités de l’action publique.
Lydia Mangala


