La République démocratique du Congo a présidé, lundi 20 juillet 2026, une séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation en Haïti. À travers la voix de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, Kinshasa a appelé à une réponse globale combinant sécurité, justice, aide humanitaire et développement durable pour accompagner le peuple haïtien vers une paix durable.
Dans le cadre de sa présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de juillet 2026, la République démocratique du Congo a conduit les travaux d’une séance consacrée à l’évolution de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en Haïti.
La 10 198ᵉ séance du Conseil de sécurité a été ouverte par Thérèse Kayikwamba Wagner, présidente en exercice du Conseil, qui a soumis à l’adoption l’ordre du jour consacré à la situation haïtienne. Celui-ci a été approuvé par les membres de l’organe onusien.
Conformément aux procédures du Conseil, la présidente a invité les représentants d’Haïti, de la Jamaïque, du Mexique et de la République dominicaine à participer aux échanges.
« Au nom du Conseil, je souhaite la bienvenue à Son Excellence Madame Reina Forbin, ministre des Affaires étrangères et des Cultes d’Haïti, et Son Excellence Monsieur Roberto Alvarez Gil, ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner lors de l’ouverture des travaux.
Au cours de cette session, la cheffe de la diplomatie congolaise est également intervenue au nom du Groupe A3, qui réunit les trois membres africains élus du Conseil de sécurité.
Le groupe a réaffirmé son engagement en faveur d’une paix durable en Haïti, tout en insistant sur la nécessité d’une stabilisation menée sous le leadership des autorités haïtiennes.
Il a également salué les avancées enregistrées dans la transition politique, tout en exprimant sa préoccupation face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, marquée notamment par l’expansion des groupes criminels et des gangs armés.
Face à cette situation, le Groupe A3 a appelé au renforcement du soutien à la Police nationale haïtienne, à l’accélération du déploiement de la Force de répression des gangs en Haïti ainsi qu’au démantèlement des réseaux criminels qui alimentent l’insécurité.
Dans son intervention, la République démocratique du Congo a défendu une réponse qui ne se limite pas aux opérations sécuritaires.
Kinshasa plaide pour une approche globale intégrant la sécurité, la justice, le respect de l’État de droit, l’action humanitaire et le développement durable.
Une attention particulière a également été portée à la situation des enfants affectés par la crise, notamment ceux exposés au recrutement par les groupes armés et les réseaux criminels.
Pour la RDC, la restauration de la stabilité en Haïti passe nécessairement par la protection des populations vulnérables, le renforcement des institutions nationales et la création des conditions favorables à une paix durable.
Plusieurs responsables des Nations unies ont également pris part aux discussions, notamment Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Ghada Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Virginia Gamba, représentante spéciale du Secrétaire général pour la question des enfants et des conflits armés, ainsi que Jack Russo Fides, représentant spécial de la Force de répression des gangs en Haïti.
La RDC poursuit son rôle actif au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, en mettant en avant une vision africaine de la résolution des crises fondée sur le dialogue, le renforcement des capacités nationales et la solidarité internationale.
Le Groupe A3 a enfin réaffirmé son soutien au peuple haïtien dans ses efforts pour restaurer l’ordre constitutionnel, reconstruire ses institutions et parvenir à une stabilité durable.
Lydia Mangala


