Dans une salle Marini de la Cathédrale du Centenaire attentive aux enjeux de paix et de cohésion sociale, les professionnels des médias ont été invités à revoir leur manière d’aborder les questions liées aux conflits, à la participation des femmes et au rôle des jeunes dans les processus de paix. À travers un atelier de renforcement des capacités, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), en collaboration avec le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP) et avec l’appui du Canada, a appelé les journalistes à dépasser la simple couverture de l’actualité pour devenir de véritables acteurs de sensibilisation et de transformation.
« Votre présence témoigne de la passion que vous avez dans l’amplification de la voix des femmes et dans le processus de résolution des conflits en République démocratique du Congo », a déclaré Maître Josepha Pumbulu, représentante du CAFCO, dans son mot de bienvenue adressé aux participants.

CAFCO entend renforcer l’appropriation par les médias des agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS), deux cadres internationaux issus notamment des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui reconnaissent respectivement le rôle des femmes et des jeunes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction.
Vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325, les avancées restent contrastées. Si les engagements institutionnels se sont multipliés, la participation effective des femmes dans les processus de négociation de paix demeure encore faible. En RDC, malgré l’existence de plans d’action nationaux consacrés à ces agendas, les défis persistent notamment dans l’appropriation communautaire et la diffusion des enjeux auprès du grand public.

Pour CAFCO, les médias occupent une place stratégique dans cette dynamique. L’organisation estime que les journalistes ne doivent plus uniquement intervenir lorsque les crises surviennent, mais contribuer à documenter les réalités, analyser les causes profondes des conflits et mettre en lumière les initiatives locales de paix.
« Il est important d’amener les professionnels des médias à couvrir, enquêter et analyser les questions liées aux agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunesse, Paix et Sécurité », a insisté Maître Josepha Pumbulu.
Elle a rappelé que cette activité s’inscrit dans un projet plus large visant à renforcer le leadership local en matière de paix inclusive, avec plusieurs actions déjà menées auprès des femmes leaders, des parlementaires, des acteurs communautaires et des institutions.

Réunissant 130 professionnels des médias venus de Kinshasa et de plusieurs provinces, dont certains ont participé en ligne, cet atelier vise à doter les participants d’outils nécessaires pour produire des contenus sensibles au genre et aux conflits.
Au programme figuraient les communications d’experts, les échanges, les débats, le partage d’expériences et la réflexion sur la place du journaliste dans la promotion d’une paix durable.
Les participants ont notamment été sensibilisés sur les fondamentaux de l’écriture journalistique en contexte de conflit, le rôle des médias dans la mise en œuvre des agendas FPS et JPS, ainsi que sur les stratégies permettant de mieux valoriser la voix des femmes dans les processus de paix.

« La paix ne doit pas seulement être racontée après les conflits. Elle doit aussi être préparée, construite et portée par toutes les composantes de la société, notamment les femmes, les jeunes et les médias », ont rappelé plusieurs intervenants au cours des échanges.
Cette session a également marqué le lancement de la deuxième édition du concours médias consacré aux agendas Femmes, Paix et Sécurité ainsi que Jeunesse, Paix et Sécurité.
CAFCO souhaite encourager les journalistes à proposer davantage de reportages, d’enquêtes et d’analyses sur les questions liées à la participation des femmes et des jeunes dans la prévention des conflits et la construction de la paix.

L’objectif est de créer une nouvelle génération de journalistes capables de porter un regard plus profond sur les réalités sociales et sécuritaires du pays.
Car, pour CAFCO et ses partenaires, informer sur la paix ne consiste pas seulement à rapporter les violences, mais aussi à donner une visibilité aux solutions, aux acteurs de terrain et aux voix longtemps marginalisées dans la construction de l’avenir collectif de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


