Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part, ce jeudi au Centre financier de Kinshasa, aux réunions d’arbitrage consacrées aux enveloppes de dépenses de l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Au cœur des discussions : les besoins du secteur de la communication, la modernisation des médias publics et le renforcement des actions de sensibilisation contre la désinformation.
Tenues au sein de la Vice-Primature en charge du Budget, ces réunions constituent une étape dans le processus de préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027.
À l’issue des travaux, Patrick Muyaya a rappelé que cet exercice intervient après la conférence budgétaire organisée quelques mois plus tôt, au cours de laquelle son ministère avait présenté ses prévisions et priorités.
« C’est un exercice traditionnel qui fait suite à la conférence budgétaire qui s’est étendue il y a quelques mois, où nos équipes étaient venues présenter ce que nous pensons être notre budget pour couvrir les besoins de la communication, aussi bien pour ce qui concerne les personnels qui dépendent de nous, les investissements, mais aussi faire face aux besoins de communication », a expliqué le ministre.
Des arbitrages tenant compte des contraintes de l’État

Patrick Muyaya a salué les premiers arbitrages effectués par le ministère du Budget, tout en reconnaissant les contraintes auxquelles reste confrontée la trésorerie publique.
« Nous avons vu ce qui nous a été réservé, évidemment connaissant les contraintes du pays, mais nous saluons les efforts qui ont été faits pour prendre en charge déjà les besoins principaux », a-t-il déclaré.
Les discussions techniques devraient néanmoins se poursuivre afin d’adapter progressivement les allocations aux besoins identifiés par le ministère.
Selon le ministre, certaines priorités pourraient ainsi faire l’objet de nouveaux arbitrages en fonction de l’évolution des ressources disponibles.
Moderniser la télévision nationale dans les 26 provinces
Parmi les principaux chantiers mis en avant pour 2027 figure la modernisation des médias publics, notamment la télévision nationale.
Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des infrastructures situées à Kinshasa pour renforcer la présence et les capacités des médias publics sur l’ensemble du territoire.
« Les prioritaires sont multiples parce que nous avons, par exemple, une télévision nationale qui doit être modernisée. Et quand je dis modernisation, ce n’est pas seulement la tour administrative à Kinshasa, mais c’est dans les 26 provinces de notre pays », a-t-il précisé.
Cette modernisation doit notamment permettre de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des structures publiques de communication et d’améliorer leur couverture de l’actualité nationale.
Une campagne permanente contre la désinformation
Autre priorité évoquée : la lutte contre la désinformation et les dérives observées sur les réseaux sociaux.
Le ministre a notamment fait état de la recrudescence des insultes et des attaques personnelles en ligne, estimant nécessaire de renforcer les actions de sensibilisation, particulièrement auprès des jeunes.
« Vous parlez de la lutte contre la désinformation. Nous voulons aller dans une campagne permanente avec toute cette recrudescence des insultes et des attaques personnelles sur les réseaux pour que nous puissions de manière constante sensibiliser nos enfants parce qu’il faut les protéger », a-t-il indiqué.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté du ministère de développer une communication davantage axée sur l’éducation civique, la responsabilité numérique et la protection des jeunes utilisateurs des plateformes digitales.
Adapter les ambitions aux ressources disponibles
Tout en défendant les priorités de son secteur, Patrick Muyaya a reconnu que leur réalisation devra tenir compte des capacités financières de l’État.
« Il y a aussi des contraintes budgétaires qui sont celles-là et dont nous essaierons d’adapter nos besoins en fonction des ressources disponibles », a-t-il expliqué.
Le ministre n’exclut toutefois pas de nouvelles discussions si des besoins supplémentaires apparaissent au cours de l’exercice budgétaire.

« Lorsque des besoins se présenteront, nous pourrons revenir ici ou peut-être solliciter un arbitrage plus haut pour voir dans quelle mesure un effort supplémentaire peut être fait pour ces secteurs stratégiques actuellement », a-t-il ajouté.
À travers sa participation à ces arbitrages, Patrick Muyaya entend ainsi maintenir les priorités du secteur de la Communication parmi les investissements nécessaires au fonctionnement de l’État, à la modernisation des médias publics et au renforcement de l’information et de la sensibilisation citoyenne en 2027.
Joséphine Mawete


