La deuxième journée de la 9ᵉ édition de l’Exposition des Universités de la République démocratique du Congo (EXPUNRDC) a placé la formation et la mise en pratique des compétences au cœur des échanges. Tenue vendredi 21 août 2026 à l’Institut National Pilote d’Enseignement des Sciences de Santé (INPESS) à Kinshasa, cette journée a notamment été marquée par la remise des certificats de participation au premier groupe de bénéficiaires du programme « EXPUNRDC 5000 Jeunes », porté par l’Académie EXPUNRDC.
Après une première journée consacrée aux pitchs des 19 candidats pré-finalistes du concours ExpoCut, l’événement s’est poursuivi avec une cérémonie qui a réuni plusieurs personnalités, parmi lesquelles Elie Nkumbi, DIRCABA du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Paquis Nganini, député national élu de la Tshangu, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de Limete, Trésor Mpoyi, président du Conseil d’administration de TransAcademia, ainsi que Doudou Ilunga, directeur des ressources humaines au ministère du Plan et de la Coordination de l’aide au développement.
La cérémonie, modérée par Lucien Mpeti et Eunice Lusamba, a surtout permis à Jonathan Mitelezi, coordonnateur de l’EXPUNRDC, de revenir sur la philosophie du programme et d’adresser un message de responsabilité aux jeunes désormais appelés à transformer les compétences acquises en actions concrètes.
Dans son allocution d’ouverture, Jonathan Mitelezi a d’abord rappelé la mission de l’Exposition des Universités de la RDC, une association sans but lucratif qui entend contribuer à la lutte contre le chômage des jeunes à travers la formation, le renforcement des capacités et l’accompagnement des initiatives portées par les étudiants et les jeunes.
Pour le coordonnateur, l’enjeu dépasse donc largement la simple acquisition de connaissances. Il s’agit de donner aux jeunes les outils nécessaires pour passer progressivement de l’idée à la réalisation.
« Notre mission consiste à donner aux jeunes les compétences, les méthodes et les opportunités nécessaires pour transformer leurs idées en projets, leurs projets en solutions concrètes pour leur avenir », a-t-il expliqué.

Cette vision s’est concrétisée à travers l’Académie EXPUNRDC, notamment avec le programme initialement annoncé sous l’appellation « EXPUNRDC 5000 Jeunes ».
Jonathan Mitelezi a rappelé que l’engagement de former 5 000 jeunes avait été pris le 19 mai 2026, lors du lancement des caravanes de sensibilisation à l’Université de Kinshasa, devant près de 3 000 étudiants.

Depuis, le programme a connu une progression qui dépasse les prévisions initiales. Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, 1 182 jeunes ont déjà été formés, notamment en gestion de projets et en leadership.
Pour le coordonnateur, ces résultats démontrent qu’une ambition peut devenir une réalité lorsqu’elle repose sur une vision claire, une équipe mobilisée et l’implication de partenaires.
Le moment de remise des certificats a constitué l’un des temps forts de cette deuxième journée. Mais Jonathan Mitelezi a tenu à prévenir les bénéficiaires sur le fait que le document reçu ne doit pas être considéré comme une finalité.
« Chers bénéficiaires, nous vous adressons nos chaleureuses félicitations pour votre assiduité, votre engagement et les efforts fournis tout au long de votre formation. Cependant, l’attestation que vous recevrez aujourd’hui ne représente pas une fin, elle marque le début d’une nouvelle responsabilité », a-t-il déclaré.

Le coordonnateur a voulu déplacer le regard des jeunes. Le certificat ne doit pas seulement servir à attester d’une formation suivie, mais devenir un appel à l’action.
Il les a ainsi encouragés à mettre en pratique les connaissances acquises, à développer leurs initiatives et à mobiliser leurs compétences au bénéfice de leurs communautés.
« Notre pays n’a pas seulement besoin de jeunes formés. Il a besoin de jeunes capables d’agir et de proposer des solutions, de créer des emplois et de participer activement à son développement », a-t-il insisté.

Cette déclaration constitue l’un des messages centraux de son intervention. Pour Jonathan Mitelezi, la formation n’a de véritable valeur que lorsqu’elle permet au bénéficiaire de produire un changement concret autour de lui.
Dans la suite de son intervention, le coordonnateur de l’EXPUNRDC est revenu sur les enseignements transmis aux bénéficiaires durant les différentes sessions de formation.
Il a notamment présenté le cheminement qui doit conduire un jeune de l’observation d’un problème à la création d’une entreprise : observer une difficulté dans la société, identifier le besoin auquel elle renvoie, développer une idée, structurer cette idée en projet, puis formaliser le projet en entreprise.
Pour lui, le premier changement doit cependant s’opérer dans la manière dont les jeunes regardent leur environnement.
« Il faut développer une autre façon de regarder les problèmes dans la communauté. Il ne faut pas regarder le problème et passer son temps à réfléchir sur la solution. Quand tu regardes un problème, essaie de t’imaginer une solution et structure ton idée en projet », a-t-il conseillé.
Cette approche vise à encourager les jeunes à considérer les difficultés de leur environnement non seulement comme des obstacles, mais également comme des points de départ pour l’innovation et l’entrepreneuriat.
Jonathan Mitelezi a même estimé qu’après avoir été formé dans ce cadre, un jeune ne devrait plus se considérer comme dépourvu d’idées ou de projets.
« Dans un pays comme le nôtre, la communauté ne rencontre aucun des problèmes ? Alors, il est inacceptable pour un jeune qui a été formé par notre académie de dire aujourd’hui qu’il n’a pas un projet. C’est impossible », a-t-il lancé.
L’idée défendue est celle dans laquelle les problèmes présents dans les quartiers, les communautés et les différents secteurs de la société peuvent constituer autant de terrains d’observation pour ceux qui souhaitent entreprendre ou développer des solutions.

Pour l’EXPUNRDC, la remise des certificats ne marque donc pas la fin du parcours. Une deuxième phase de formation et d’échanges autour des projets doit permettre aux bénéficiaires d’approfondir les idées déjà développées.
Jonathan Mitelezi a d’ailleurs invité les jeunes à poursuivre leur engagement dans ce processus.
« Quand on va lancer la deuxième phase de la formation et des échanges de projets, vous allez encore revenir pour approfondir ce que vous avez dévoilé », a-t-il annoncé.

Cette étape doit permettre de consolider les projets, de mieux structurer les idées et, progressivement, d’identifier les initiatives susceptibles d’être accompagnées.
Cette logique rejoint également le concours ExpoCut organisé dans le cadre de cette 9ᵉ édition. Les 19 candidats pré-finalistes présentent leurs projets devant un jury appelé à apprécier notamment leur pertinence, leur innovation, leur rentabilité, leur impact socio-économique et leur performance.
Les meilleurs projets doivent bénéficier d’un accompagnement destiné à faciliter leur concrétisation et leur développement.
Le coordonnateur a également insisté sur les attitudes nécessaires pour transformer une idée en initiative viable.
Il a invité les bénéficiaires à faire preuve d’audace, de discipline et de persévérance, tout en leur demandant de ne pas attendre que toutes les conditions soient réunies avant de commencer.
« N’attendez pas que toutes les conditions soient réunies pour commencer. Utilisez les moyens disponibles, travaillez en équipe et restez attachés aux valeurs d’intégrité et d’équité », a-t-il recommandé.

Pour lui, la jeunesse congolaise est appelée non seulement à rechercher des opportunités, mais également à en créer pour elle-même et pour les autres.
Le coordonnateur de l’EXPUNRDC a également salué l’implication des partenaires ayant contribué à la réalisation du programme et à l’organisation de cette neuvième édition.
Il a notamment cité le Fonds de Promotion de l’Industrie, Airtel, Ecobank, TransAcademia, ONATRA, ainsi que plusieurs autres partenaires.
Pour lui, leur accompagnement ne représente pas uniquement un soutien à l’organisation d’un événement universitaire. Il constitue un investissement dans les compétences et les projets portés par la jeunesse congolaise.
Alors que l’EXPUNRDC se poursuit jusqu’au 23 août à l’INPESS, avec ses expositions, ses opportunités, son réseautage, ses pitchs et ses activités de formation, le message de Jonathan Mitelezi donne l’orientation de former les jeunes, mais surtout les préparer à agir.
Les certificats remis lors de cette deuxième journée symbolisent ainsi moins l’achèvement d’un parcours que l’ouverture d’une nouvelle étape. Celle où les bénéficiaires devront mettre leurs acquis au service de leurs communautés, transformer les problèmes observés en idées, les idées en projets et, à terme, les projets en solutions capables de créer de la valeur et de contribuer au développement de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


