L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) accueille favorablement les démarches engagées en faveur de la tenue d’un dialogue national en République démocratique du Congo. Dans un communiqué de presse publié ce jeudi, cette organisation de défense des droits humains estime que ce cadre d’échanges peut constituer un outil important pour renforcer la cohésion nationale et apporter des réponses durables aux crises qui affectent le pays.
L’ACAJ intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC, les tensions politiques, les violations des droits humains ainsi que les difficultés socio-économiques auxquelles font face plusieurs couches de la population. Pour l’organisation, le dialogue peut contribuer à restaurer la confiance entre les différents acteurs et favoriser la recherche de solutions communes.

Cependant, l’ACAJ insiste sur plusieurs conditions qu’elle juge indispensables à la réussite de ce processus. Elle appelle notamment à une participation effective des principales forces politiques, sociales et citoyennes du pays, au respect de la Constitution, de l’État de droit et des droits fondamentaux.
L’organisation plaide également pour que les préoccupations des victimes des conflits, des femmes, des jeunes et des communautés affectées par la guerre dans l’Est soient pleinement prises en compte dans les discussions.
« Le dialogue devra être fondé sur un engagement sincère des participants à rechercher des solutions dans l’intérêt supérieur de la Nation, en écartant toute logique de conquête ou de conservation du pouvoir », souligne l’ACAJ.

Dans son communiqué, l’association encourage les autorités publiques, les acteurs politiques, les groupes armés impliqués dans les processus de paix, les confessions religieuses, la société civile ainsi que les partenaires régionaux et internationaux à accompagner cette initiative dans un esprit de responsabilité et de patriotisme.
Toutefois, l’ACAJ met en garde contre toute dérive qui consisterait à utiliser ce dialogue comme un moyen d’accorder une forme d’impunité aux auteurs présumés de graves violations des droits humains.
« Cependant, ce dialogue ne devra pas servir de cadre pour récompenser les auteurs des violations graves des droits de l’homme et priver les victimes de justice », a déclaré Me Georges Kapiamba, président de l’ACAJ.
Pour l’organisation, la recherche de la paix et de la cohésion nationale ne peut se faire au détriment de la justice. Elle rappelle ainsi que tout processus politique devra intégrer la question de la responsabilité des auteurs des crimes graves afin de préserver les acquis de l’État de droit en République démocratique du Congo.

Lydia Mangala


