Cité dans l’enquête sur le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a annoncé qu’il comparaîtra le 13 juillet prochain devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Hospitalisé depuis plusieurs semaines, il souhaite également que l’audience soit retransmise en direct afin de garantir la transparence de la procédure.
Dans une lettre manuscrite rédigée depuis son lit d’hôpital, l’ancien garde des Sceaux explique sa décision de répondre à la convocation judiciaire, après avoir été absent aux audiences des 5 et 19 mai. Il affirme vouloir « défendre la vérité » et préserver son honneur en présentant sa version des faits, malgré un état de santé qu’il dit toujours fragile.
Constant Mutamba évoque également des pressions politiques et dénonce ce qu’il considère comme des tentatives de manipulation autour du dossier FRIVAO, estimant que son témoignage revêt une importance qui dépasse le seul cadre judiciaire.
L’ancien ministre demande par ailleurs que son audition soit diffusée en direct sur la RTNC ainsi que sur d’autres médias nationaux. Selon lui, cette retransmission permettrait d’assurer la transparence des débats et donnerait aux victimes, notamment celles de Kisangani, la possibilité de suivre l’examen des décisions prises durant son mandat au ministère de la Justice.
Le nom de Constant Mutamba a été largement évoqué lors des précédentes audiences, en lien avec des paiements estimés à plus de 50 millions de dollars. La controverse porte sur le fait que ces décaissements auraient été effectués avant l’obtention de l’avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP), une étape considérée comme essentielle dans la procédure de passation et d’exécution des marchés publics.
Lors des auditions antérieures, Chansar Bolukola, directeur général intérimaire du FRIVAO, actuellement détenu à la prison centrale de Makala, a affirmé avoir procédé à ces paiements sur instruction verbale de l’ancien ministre. Plusieurs entreprises bénéficiaires ont également reconnu avoir reçu des fonds avant l’achèvement des formalités requises par la DGCMP, alimentant les interrogations sur la régularité des opérations.
L’audience prévue le 13 juillet s’annonce donc décisive. Elle devrait permettre à Constant Mutamba de présenter sa défense et pourrait contribuer à éclaircir les responsabilités dans la gestion du FRIVAO. Les observateurs judiciaires et les acteurs de la société civile restent également attentifs à la suite réservée à sa demande de retransmission en direct, qu’ils considèrent comme un gage de transparence et de redevabilité dans le traitement de cette affaire.
Joëlle Luniongo


