L’intelligence artificielle générative facilite la conception de visuels publicitaires, mais son utilisation ne garantit ni la qualité ni l’originalité d’une création. Pour Andrea Nzolameso, designer graphique et spécialiste en marketing digital, la différence réside dans la capacité du créatif à diriger l’outil, à respecter l’identité de marque et à apporter une véritable valeur humaine aux contenus produits.
Lors d’un atelier organisé ce mercredi 14 octobre par Orange Digital Center (ODC) à Kinshasa, elle a présenté une méthode pratique pour intégrer l’IA dans le processus de création graphique, tout en insistant sur les opportunités, les limites et les responsabilités liées à son utilisation.
Une création publicitaire commence par des consignes précises
Par un exercice pratique consacré à la conception d’une affiche pour une boisson naturelle, Andrea Nzolameso a détaillé les étapes permettant d’obtenir des propositions visuelles adaptées aux attentes d’un client.
La démarche consiste à définir le rôle confié à l’intelligence artificielle, à préciser le nombre de concepts souhaités, puis à décrire le produit, le public cible et l’orientation artistique recherchée. Le designer doit également indiquer la composition de l’affiche, les éléments visuels à intégrer, l’ambiance souhaitée et le format de diffusion.
La disposition du produit, les fruits, les gouttes d’eau, les couleurs et l’espace réservé aux informations commerciales doivent ainsi être définis en fonction de l’objectif de communication.
Pour l’intervenante, la précision des instructions permet de mieux orienter les résultats générés et de gagner du temps dans l’exploration des pistes créatives.
L’identité de marque, un critère essentiel dans le choix du visuel
Andrea Nzolameso a mis en garde contre la tendance à privilégier une image simplement parce qu’elle paraît spectaculaire. Une proposition doit avant tout répondre au brief du client, respecter son identité et correspondre aux objectifs de la campagne.
Ellr a notamment rappelé l’importance de la charte graphique, des couleurs, de la typographie et des symboles qui permettent au public de reconnaître une marque. Sans ces repères, les créations générées risquent de se ressembler et de perdre leur singularité.
« Vous devez savoir si la proposition que vous avez reçue correspond aux besoins du client, à l’identité du client. Pas simplement parce que c’est spectaculaire », a-t-elle insisté.
Lorsque le résultat ne répond pas aux attentes, le designer doit reformuler ses instructions et explorer d’autres propositions plutôt que de retenir une image inadaptée.
La retouche humaine reste indispensable
L’obtention d’un visuel généré par l’IA ne marque pas la fin du travail. Andrea Nzolameso recommande de reprendre la création dans un logiciel de graphisme afin de corriger les incohérences, d’ajuster les éléments visuels et d’intégrer les informations propres à la marque, notamment son nom, son prix, ses coordonnées et ses comptes sur les réseaux sociaux.
Cette étape permet également de vérifier les erreurs de texte, les détails graphiques et la cohérence globale de l’affiche avant sa transmission au client.
L’intervenante a aussi souligné les limites de ces technologies, susceptibles de produire des images incohérentes, des textes erronés ou des propositions manquant d’originalité. La vérification et le regard critique du designer demeurent donc nécessaires pour garantir la qualité du résultat final.
Maîtriser l’outil sans renoncer à la réflexion
Pour Andrea Nzolameso, l’intelligence artificielle représente un moyen d’accélérer certaines étapes du travail, notamment lorsque le créatif cherche des idées ou explore plusieurs directions visuelles. Elle peut ainsi libérer du temps pour la réflexion et l’expérimentation, à condition d’être utilisée avec méthode.
Elle estime toutefois que la maîtrise technique ne suffit pas sans une connaissance des fondamentaux du design, du marketing et de l’identité de marque.
« La différence ne se fera pas entre ceux qui savent utiliser les outils de l’intelligence artificielle, mais entre ceux qui savent transformer une génération en une véritable création », a-t-elle affirmé.
La designer graphique a encouragé les participants à s’approprier les nouvelles technologies plutôt qu’à les craindre.
D’après Andrea Nzolameso, l’IA peut soutenir le processus créatif, mais la pertinence, l’identité et la valeur d’un visuel dépendent toujours de la vision et du jugement de la personne qui le conçoit.
Lydia Mangala


