Le Parti lumumbiste unifié (PALU) a célébré, ce samedi 29 août 2026, ses 62 ans d’existence à travers une conférence organisée au Musée national de Kinshasa. Placée sous le thème « À la suite des fondateurs de la RDC : le projet lumumbiste », cette rencontre a été consacrée à la mémoire des pères fondateurs, à la doctrine lumumbiste ainsi qu’aux défis de transmission de cet héritage aux nouvelles générations.
Cadres, militants et sympathisants du PALU se sont retrouvés autour d’une réflexion sur l’histoire politique du pays et la nécessité de préserver, tout en l’adaptant aux réalités contemporaines, le projet porté par les figures nationalistes congolaises.
Dans son mot de bienvenue, Christian Malamba a rappelé que cette conférence s’inscrivait dans la série d’activités organisées à l’occasion du 62ᵉ anniversaire de la création du parti.
Le coordonnateur de la Ligue des jeunes du PALU a souligné qu’une célébration politique ne devait pas se limiter à un hommage au passé. Elle doit également permettre aux générations actuelles de mieux comprendre l’histoire, d’en tirer des enseignements et de mesurer les responsabilités qui leur incombent.
Selon lui, la création du PALU, le 22 août 1964, répondait à la nécessité de mettre en place une grande force politique capable d’assurer la continuité du combat pour l’émancipation du peuple congolais, la souveraineté nationale, l’unité du pays et une indépendance véritable.
Christian Malamba a insisté sur le fait que rester fidèle aux fondateurs ne signifiait pas reproduire mécaniquement le passé, mais plutôt comprendre leur pensée et s’interroger sur sa pertinence face aux défis actuels.
Le lumumbisme, une doctrine au-delà de la mémoire
Prenant la parole, le secrétaire général et chef du PALU est revenu sur les circonstances ayant conduit à la création du parti et sur l’ambition qui sous-tendait le projet initial.
Selon lui, l’idée était de rassembler les différentes forces politiques attachées au programme nationaliste et progressiste défendu par Patrice Lumumba et d’autres figures de l’indépendance, afin d’en assurer la continuité autour d’une même vision pour le Congo.
Les crises et bouleversements politiques de l’époque n’avaient pas permis la concrétisation immédiate de cette ambition. Le projet sera finalement relancé et matérialisé avec la création du Parti lumumbiste unifié, le 22 août 1964.
Le chef du PALU a par ailleurs insisté sur la nécessité de ne pas réduire le lumumbisme à un simple attachement historique à la personne de Patrice Lumumba.
À ses yeux, il s’agit avant tout d’une pensée politique et d’une doctrine visant à adapter les principes progressistes et socialistes aux réalités spécifiques du Congo.
Évoquant la situation économique du pays au lendemain de l’indépendance, il a rappelé l’importance des potentialités productives et des ressources naturelles dont dispose la RDC. Le véritable défi, a-t-il estimé, demeure leur transformation en développement concret et en amélioration des conditions de vie de la population.
Préserver l’identité du PALU sans céder à l’immobilisme
Dans son intervention, Godefroid Mayobo a insisté sur la nécessité pour le PALU de préserver son identité politique tout en restant capable de répondre aux mutations de son époque.
Le parti, a-t-il soutenu, doit continuer à puiser dans son histoire et dans l’héritage de ses fondateurs, tout en renforçant sa capacité de réflexion et d’analyse face aux transformations politiques, économiques et sociales que connaît la RDC.
Cette fidélité à l’histoire, a-t-il souligné, ne doit donc pas être assimilée à l’immobilisme, mais plutôt à la capacité de faire vivre, d’actualiser et de projeter dans l’avenir le projet politique des fondateurs.
Abordant la question du dialogue national, Godefroid Mayobo a rappelé que le PALU avait déjà présenté ce mécanisme comme une voie susceptible de contribuer à la résolution de la crise congolaise.

Selon lui, afin d’assurer une meilleure prise en compte et une traduction institutionnelle des recommandations issues de ce processus, le dialogue devrait être convoqué par le président de la République.
Le PALU estime aujourd’hui que le processus est arrivé à cette étape et attend la convocation officielle du dialogue par le chef de l’État, laquelle devrait permettre de définir les modalités de la suite du processus.
Pour Godefroid Mayobo, cette démarche doit évoluer progressivement et se construire étape par étape.
La jeunesse au cœur de la transmission

La question de la transmission de l’héritage lumumbiste aux jeunes générations a occupé une place centrale dans les échanges.
Le secrétaire permanent et porte-parole du PALU a invité les militants et les générations actuelles à s’interroger sur la responsabilité qui leur revient face au legs reçu des pères fondateurs.
Pour lui, être « à la suite des fondateurs » ne signifie pas seulement se tourner vers le passé, mais surtout assumer une responsabilité envers l’avenir.
Les fondateurs, a-t-il rappelé, n’ont pas seulement laissé une histoire. Ils ont également transmis un projet, une doctrine et une vision pour le pays.
Malgré les nombreuses transformations intervenues depuis l’indépendance, plusieurs aspirations restent, selon lui, profondément actuelles : être maître de son destin, préserver l’unité nationale, disposer d’un État capable de protéger son territoire et sa population et bâtir une société fondée sur la dignité, la justice et la responsabilité publique.
Le secrétaire permanent a également appelé à une conception plus large de la souveraineté nationale.
Celle-ci, a-t-il expliqué, ne peut plus être limitée à l’intégrité territoriale et à l’indépendance politique. Elle doit aussi se traduire par la capacité du pays à maîtriser ses ressources, développer sa production, renforcer ses institutions et créer davantage de valeur au profit de sa population.
Déplorant le caractère extraverti de l’économie congolaise, il a plaidé pour des politiques favorisant la production locale et réduisant la dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
Former la relève politique
Le renouvellement des générations et la formation politique de la jeunesse constituent également, selon les responsables du PALU, des enjeux majeurs pour l’avenir du parti.
Transmettre l’héritage des pères fondateurs, ont-ils soutenu, ne consiste pas uniquement à raconter leur histoire. Il s’agit surtout de permettre aux jeunes de comprendre les raisons de leurs combats, leurs valeurs et leur vision afin de les traduire dans les réalités de leur génération.
Le PALU entend ainsi renforcer la formation de ses militants, de ses cadres et de sa jeunesse afin de mieux préparer la relève politique et de doter les nouvelles générations des connaissances nécessaires à leur engagement.
Le parti devra également consolider son ancrage dans la société et rester attentif aux préoccupations quotidiennes de la population, notamment l’emploi, l’éducation, la santé, le pouvoir d’achat, la sécurité et la justice sociale.
De son côté, Jacqueline Dambo Ekoko, membre de la Ligue des femmes lumumbistes, a appelé les générations actuelles à considérer l’héritage des fondateurs comme une responsabilité plutôt que comme une simple mémoire.
Elle a exhorté les héritiers du lumumbisme à poursuivre la vision d’une RDC libre, souveraine, unie, digne et maîtresse de ses ressources, en traduisant ces idéaux en actions concrètes.
S’adressant particulièrement aux jeunes du PALU, elle a insisté sur l’importance de la formation, de la discipline et de l’engagement dans la construction de l’avenir du pays.
Elle a enfin rappelé le rôle essentiel des femmes dans la transmission de l’héritage nationaliste et dans l’édification de la nation.
À travers cette conférence marquant ses 62 ans, le PALU a ainsi voulu réaffirmer son attachement à l’héritage lumumbiste tout en lançant un appel aux nouvelles générations : connaître l’histoire, comprendre la doctrine et surtout prendre le relais pour adapter ce projet politique aux défis du Congo d’aujourd’hui et de demain.
Joséphine Mawete


