La députée nationale Daida Moleka a plaidé pour une implication accrue de la jeunesse dans les grandes décisions qui engagent l’avenir de la République démocratique du Congo. Intervenant lors de la matinée de réflexion organisée le lundi 13 juillet au Chapiteau du Pullman de Kinshasa sur le thème « Les enjeux de l’heure : quel avenir pour la jeunesse congolaise ? », elle a estimé que les jeunes doivent être associés à l’élaboration des politiques publiques et aux réformes institutionnelles.
Pour l’élue, la jeunesse congolaise, qui représente la majorité de la population, demeure encore insuffisamment représentée dans les sphères de décision, alors même que les réformes en cours auront des répercussions directes sur son avenir.
« La jeunesse congolaise demeure encore insuffisamment représentée dans les sphères de décision politique, alors qu’elle constitue la majorité démographique de notre pays. Les débats sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessitent une approche participative intégrant les aspirations de la jeunesse », a-t-elle déclaré.

Selon Daida Moleka, toute modification de l’architecture institutionnelle du pays doit nécessairement intégrer les préoccupations des jeunes.
« Toute modification de l’architecture institutionnelle aura des conséquences directes sur l’avenir politique, économique et social de la jeunesse. Son écoute devrait être institutionnalisée », a-t-elle soutenu.
Outre les questions institutionnelles, la députée a également insisté sur le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la cohésion nationale, particulièrement dans un contexte marqué par les défis sécuritaires à l’Est de la République démocratique du Congo.
« Face aux menaces sécuritaires et aux tentatives de déstabilisation de notre pays, la jeunesse constitue une force de résilience nationale. Son énergie doit être orientée vers la promotion de l’unité nationale, la lutte contre les discours de haine, le tribalisme et toutes les formes de division », a-t-elle affirmé.

Sur le plan économique, Daida Moleka a rappelé que le chômage des jeunes, la précarité de l’emploi, l’insuffisance de la formation professionnelle et les difficultés d’accès aux opportunités demeurent parmi les principaux défis auxquels la jeunesse est confrontée.
Elle a, à cet effet, salué les initiatives mises en œuvre en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes.
« Sans politiques volontaristes, le dividende démographique risque de se transformer en facteur d’instabilité », a-t-elle averti.
Abordant la question de la gouvernance, la députée a appelé à un véritable partenariat entre les générations afin de préparer l’avenir du pays.
« La jeunesse ne doit plus être perçue uniquement comme bénéficiaire des politiques publiques, mais comme partenaire de leur élaboration et de leur mise en œuvre », a-t-elle insisté.

Dans cette perspective, elle a formulé plusieurs propositions, parmi lesquelles la création d’un Conseil national consultatif de la jeunesse associé aux grandes réformes nationales, l’organisation régulière de consultations nationales des jeunes sur les questions stratégiques ainsi que la mise en place de mécanismes permanents de dialogue entre les institutions publiques et les organisations de jeunesse.
Elle a également plaidé pour une meilleure représentation des jeunes au sein des institutions publiques, le développement de programmes de formation au leadership et à la gouvernance, ainsi que le renforcement de l’éducation civique, patriotique et numérique.
Sur le plan économique, Daida Moleka a recommandé un investissement accru dans le capital humain à travers le développement des centres de formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat, la création de mécanismes de financement des initiatives portées par les jeunes ainsi que la promotion de l’innovation et de la transformation numérique.
L’élue a enfin estimé que les réformes institutionnelles actuellement débattues dans le pays devraient intégrer des consultations spécifiques de la jeunesse ainsi que des espaces de dialogue intergénérationnel afin de recueillir les aspirations des jeunes sur le modèle de gouvernance qu’ils souhaitent pour la République démocratique du Congo.
Elle a appelé les autorités à faire de la jeunesse une priorité stratégique nationale.
« Cette matinée de réflexion doit constituer un moment de dialogue et de co-construction d’une vision commune afin que la jeunesse congolaise devienne pleinement une force de proposition, de transformation et de défense des intérêts supérieurs de la République », a conclu Daida Moleka.
Daida Moleka a ainsi appelé à un changement de paradigme dans la manière de considérer la jeunesse congolaise : passer d’une logique d’accompagnement à une logique de participation active.
Pour elle, l’avenir du pays ne pourra se construire sans une génération pleinement associée aux choix stratégiques de la nation, capable d’apporter son énergie, son innovation et son engagement au service de la transformation de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


