Le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a salué le lancement de Landila, le premier baromètre citoyen de suivi de l’action gouvernementale en République démocratique du Congo, estimant que cet outil contribue à renforcer l’évaluation publique des engagements pris par l’Exécutif.
Intervenant lors de la cérémonie organisée par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, jeudi 9 juillet au Hilton Hôtel de Kinshasa, Patrick Muyaya a félicité cette initiative qui offre aux citoyens un mécanisme de suivi indépendant des politiques publiques.

« Les engagements que nous prenons, nous les prenons dans le cadre des responsabilités qui nous ont été confiées par le peuple. Il est donc important qu’il existe des instruments permettant aux citoyens de suivre leur mise en œuvre », a déclaré le porte-parole du Gouvernement.
Pour lui, Landila constitue un complément aux mécanismes existants de suivi de l’action publique, notamment ceux liés au suivi parlementaire et aux dispositifs internes du Gouvernement.
Le ministre a toutefois rappelé que l’évaluation de l’action gouvernementale doit tenir compte de la complexité du fonctionnement de l’État, où plusieurs initiatives peuvent concourir à l’adoption des réformes.
« Il ne faut pas oublier qu’au-delà des engagements pris par le Gouvernement, nous fonctionnons dans un État où des propositions de lois peuvent également venir du Parlement et contribuer à renforcer l’arsenal juridique du pays », a-t-il expliqué.

Patrick Muyaya a insisté sur la finalité des engagements gouvernementaux, qui doivent selon lui permettre d’améliorer le fonctionnement de l’administration publique et la qualité des services offerts aux citoyens.
« Les engagements que nous prenons, qu’ils soient législatifs ou qu’ils se traduisent par des actes réglementaires, ont un objectif : rendre l’État plus efficace et capable de fournir des services aux populations », a-t-il soutenu.

Abordant la question de l’agenda législatif, il a indiqué que le processus d’adoption des textes peut nécessiter du temps en raison des différentes étapes institutionnelles entre autres examen au Conseil des ministres, transmission au Parlement, discussions à l’Assemblée nationale et au Sénat, avant une éventuelle promulgation.
Selon lui, le rythme de production législative doit donc être analysé en tenant compte de ces contraintes procédurales.
Le porte-parole du Gouvernement a également mis en avant la nécessité d’une culture de transparence dans la gestion publique.
« La redevabilité dont on parle n’est pas seulement le fait de le dire, c’est aussi la disponibilité à rendre des comptes et à montrer ce qui est fait », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que les comptes rendus du Conseil des ministres sont rendus publics afin de permettre aux citoyens, chercheurs et observateurs d’apprécier l’évolution de l’action gouvernementale.
Pour Patrick Muyaya, les outils citoyens comme Landila doivent permettre un dialogue constructif entre les institutions et la population, sans se substituer aux mécanismes officiels de contrôle.

« Ils ne sont pas là pour faire la promotion de ce que nous faisons. Ils sont là pour dire ce que nous faisons par rapport à ce que nous avons promis », a-t-il déclaré.
Réagissant aux attentes de la population face aux résultats de l’action publique, le ministre a reconnu que les défis auxquels la RDC est confrontée nécessitent du temps et une approche progressive.

« Nous n’avons pas la prétention de résoudre tous les problèmes des Congolais en même temps. Ce qui compte, c’est de montrer qu’il existe une direction et une volonté politique pour faire avancer le pays », a-t-il indiqué.
Il a notamment évoqué les efforts engagés dans plusieurs secteurs à travers des réformes législatives et institutionnelles, tout en soulignant que l’adoption des lois doit être accompagnée de moyens permettant leur application effective.

« Il ne suffit pas de faire des lois, il faut aussi se donner les capacités pour qu’elles produisent pleinement leurs effets », a-t-il insisté.
Lancé par Ebuteli avec l’appui de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida), Landila vise à documenter, visualiser et évaluer les engagements de l’Exécutif congolais.

L’outil suit notamment plusieurs indicateurs liés aux politiques publiques, aux réformes engagées, aux projets lancés et aux résultats attendus. Dans sa phase pilote, il couvre six ministères clés du Gouvernement.
Ebuteli ambitionne de renforcer la participation citoyenne et de rapprocher davantage les populations du suivi de l’action publique en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


