À Kinshasa, alors que la République démocratique du Congo s’engage dans un nouveau processus de dialogue national, l’émission « Débat National », dans son premier numéro, s’est penchée sur une question centrale : que reste-t-il réellement des différents dialogues organisés dans l’histoire récente du pays ?
Face aux enjeux politiques, sécuritaires et sociaux qui continuent de secouer la RDC, les participants ont confronté leurs analyses sur le bilan des précédentes assises nationales et les conditions nécessaires pour éviter que le nouveau dialogue ne devienne un simple rendez-vous politique sans effets durables.
Autour de la table, Me Peter Kazadi et She Leonard ont croisé leurs arguments avec Me Loné Onyemba et Augustin Bisimwa, sous le regard éclairé de l’historien Isidore Ndaywel è Nziem. L’émission était modérée par Kelly Nkute et Oscar Mbal.
Au cœur des échanges : les résultats concrets des dialogues qui ont marqué l’histoire politique congolaise, leurs limites, mais également les leçons à tirer pour le dialogue national proposé par le président Félix Tshisekedi.
Le débat intervient dans un contexte où le processus annoncé par le Chef de l’État suscite à la fois espoir et méfiance. Les discussions portent notamment sur son caractère inclusif, les acteurs appelés à y participer, les garanties politiques ainsi que les mécanismes susceptibles d’assurer l’application effective des résolutions qui en sortiront.
Pour plusieurs observateurs, la principale interrogation dépasse désormais la seule organisation d’un nouveau dialogue : comment faire pour que ses conclusions ne rejoignent pas la longue liste des accords et résolutions restés partiellement ou totalement inappliqués ?
À travers ce premier numéro, « Débat National » met ainsi en perspective le passé et le présent de la RDC, en confrontant les différentes lectures de l’histoire politique du pays. Entre bilan des dialogues précédents, divergences sur le format du processus actuel et attentes des Congolais, l’émission ouvre un espace de réflexion sur les conditions d’une véritable réconciliation nationale.
Le dialogue national actuellement envisagé est présenté par les autorités comme un processus destiné à favoriser la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. Mais son succès dépendra largement de la confiance entre les acteurs, de l’inclusivité du processus, de la clarté de son agenda et surtout de la capacité des parties prenantes à transformer les résolutions adoptées en actions concrètes.
Une chose reste certaine : en RDC, le défi n’est pas seulement de dialoguer, mais de faire en sorte que le dialogue produise enfin des changements réels et durables pour le pays et ses citoyens.
Ben Mandjolo


