La République démocratique du Congo poursuit la structuration de ses relations avec sa diaspora. À Paris, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Micheline Ombae Kalama, a pris part au lancement de la phase pilote du programme d’identification numérique des Congolais vivant à l’étranger, une initiative portée par le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Crispin Mbadu Phanzu.
Lancée le dimanche 27 septembre à l’ambassade de la RDC en France, cette phase pilote vise à mieux recenser les Congolais établis hors du pays, identifier leurs compétences et leurs projets, et faciliter leur participation aux initiatives de développement national.

Le dispositif s’appuie sur une plateforme numérique destinée à constituer progressivement une base de données sur les Congolais de l’étranger. L’objectif affiché par le ministère est de passer de l’identification à la mise en relation, puis à la valorisation des compétences et des initiatives de la diaspora.
Cette démarche fait suite aux travaux consacrés aux préoccupations des Congolais de l’étranger en novembre 2025. Après Paris, le programme doit se poursuivre à Bruxelles avant une extension progressive à l’ensemble du réseau diplomatique congolais.
La phase parisienne doit également contribuer à perfectionner l’outil numérique et à finaliser la Carte Okapi, conçue notamment pour maintenir un lien avec les Congolais d’origine ayant acquis une nationalité étrangère.

En marge de la cérémonie, Micheline Ombae a été interrogée par la presse sur la place des femmes dans la vie politique et la lutte contre les violences basées sur le genre.
La ministre a mis en avant la stratégie de « masculinité positive », qui entend associer les hommes aux efforts en faveur des droits des femmes et à la prévention des violences basées sur le genre.
« Nous devons maintenant capitaliser l’espace qui nous est donné pour progresser et aller de l’avant », a-t-elle déclaré.

Selon elle, cette approche est appelée à être intégrée dans les programmes scolaires du primaire et du secondaire, afin de sensibiliser les jeunes générations aux rapports entre les femmes et les hommes.
Sur la prise en charge des survivantes de violences, Micheline Ombae a rappelé l’existence des Centres intégrés de services multisectoriels (CISM). Ces structures proposent un accompagnement médical, psychologique, juridique et judiciaire, ainsi qu’un appui à la réinsertion scolaire et économique.
La ministre a également cité l’AVIFEM et, dans les zones affectées par les conflits, le Fonarev, l’UNFPA et l’UNICEF comme acteurs intervenant dans différents volets de la réponse aux violences basées sur le genre.
La rencontre a également permis d’aborder les possibilités de collaboration directe entre la diaspora congolaise et le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant.
Interpellée par un représentant de la communauté congolaise sur les possibilités de partenariat, Micheline Ombae s’est montrée ouverte à une démarche structurée.
« Tout ce que nous voulons, c’est ce partenariat-là », a-t-elle déclaré, avant de proposer une séance de travail avec son cabinet afin d’examiner les modalités concrètes de cette collaboration.
L’identification numérique apparaît ainsi comme un outil qui dépasse le simple recensement. Elle doit également contribuer à mieux connecter les Congolais de l’étranger aux institutions nationales et à valoriser leurs compétences, tandis que les échanges avec la ministre du Genre ouvrent une perspective de mobilisation de la diaspora autour des questions liées aux droits des femmes, à la protection de l’enfant et à la lutte contre les violences basées sur le genre.
Lydia Mangala


