Kinshasa, 31 juillet 2026. La coalition Notre Terre Sans Pétrole (NTSP) appelle le gouvernement congolais à publier sans délai les conclusions de l’audit environnemental, opérationnel et fiscal sur les activités de la société pétrolière Perenco à Muanda, dans la province du Kongo Central. Cette demande intervient quelques jours après la publication, le 27 juillet 2026, d’un rapport de Human Rights Watch documentant des risques environnementaux et sanitaires liés à l’exploitation pétrolière dans cette région.
Dans une déclaration rendue publique le 30 juillet, la coalition estime que les conclusions de Human Rights Watch viennent renforcer les alertes lancées depuis plusieurs années par les communautés locales et les organisations de la société civile. Selon elle, les préoccupations exprimées par les habitants ne peuvent plus être ignorées.
Le rapport de Human Rights Watch fait état d’activités de torchage du gaz sur cinq sites de stockage et de traitement du pétrole, dont l’un serait situé à moins de 80 mètres d’habitations. L’organisation évoque également des fuites provenant de puits et de pipelines, le brûlage de déchets pétroliers toxiques ainsi que des déversements susceptibles d’affecter les sols et les cours d’eau.
L’enquête, basée notamment sur des entretiens avec 45 personnes, des analyses d’images satellites et des photographies géolocalisées, rapporte également des témoignages d’habitants faisant état de toux persistantes, difficultés respiratoires, irritations des yeux, maux de tête, vertiges et nausées, que ces derniers associent aux fumées et odeurs émanant des installations pétrolières.
Pour la coalition, cette situation renforce l’urgence de rendre publics les résultats de l’audit commandé par le gouvernement en décembre 2024 sur les activités de Perenco. Bien que ce contrôle ait été prolongé d’une année en novembre 2025, aucune conclusion provisoire n’a encore été publiée et aucun calendrier officiel n’a été communiqué pour la publication du rapport final.
La NTSP rappelle également que le mémorandum déposé le 10 avril 2026 par les communautés de Muanda, dans le cadre de la mobilisation Stand Up Muanda, demeure sans réponse officielle. Ce document réclamait notamment la publication des audits, la mise en place d’une surveillance environnementale indépendante, la dépollution des zones affectées et la réparation des préjudices subis.
« Les communautés de Muanda ne peuvent pas continuer à vivre à proximité de torchères, de puits et de pipelines sans savoir ce qu’elles respirent, ce qu’elles boivent et ce qui contamine leurs terres. Le gouvernement doit publier l’audit et les données de surveillance sans délai », a déclaré Pascal Mirindi, coordonnateur de Notre Terre Sans Pétrole.
La coalition demande ainsi au gouvernement, à l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et à Perenco de publier les conclusions provisoires de l’audit, de rendre accessibles les données relatives à la qualité de l’air, de l’eau et des sols, de mettre en place un système permanent et indépendant de surveillance environnementale, de réaliser une étude sanitaire et épidémiologique dans les villages concernés et d’engager des mesures de dépollution ainsi que des réparations lorsque des dommages seront établis.
Elle appelle enfin les autorités congolaises, les institutions de contrôle, les professionnels de santé, les médias et les partenaires internationaux à prendre des mesures concrètes afin que les conclusions du rapport de Human Rights Watch débouchent sur des réponses publiques, transparentes et vérifiables.
Pour la coalition, « Muanda a le droit de savoir ce qu’elle respire, ce qu’elle boit et ce qui contamine ses terres », estimant que le droit à l’information environnementale constitue une condition essentielle à la protection de la santé des populations et de leur cadre de vie.



Joséphine Mawete


