À l’occasion de la cérémonie de clôture de la 9ᵉ édition de l’Exposition des Universités de la République démocratique du Congo (EXPUNRDC), tenue dimanche 23 août 2026 à l’Institut National Pilote d’Enseignement des Sciences de Santé (INPESS), la jeunesse et son rôle dans la transformation économique du pays ont occupé une place centrale.
Représentant le vice-Premier ministre, ministre du Plan et de l’Aide au développement, la directrice de cabinet adjointe Tania Katanga a livré une allocution axée sur le capital humain, l’entrepreneuriat, l’innovation et la nécessité de rapprocher les jeunes des dispositifs publics et économiques existants.
Prenant part à cette cérémonie, qui marquait également la grande finale du concours ExpoCut, Tania Katanga a d’abord transmis les salutations du Vice-premier ministre, ministre du Plan, Guylain Nyembo, avant de saluer l’initiative portée par l’EXPUNRDC. Pour elle, les projets présentés durant cette édition dépassent le cadre d’une compétition universitaire. Ils traduisent la volonté d’une nouvelle génération de participer activement au développement de la RDC.
Dans son intervention, la représentante du ministre du Plan a insisté sur la réalité démographique de la RDC, où une importante partie de la population est constituée de jeunes. Cette situation représente, selon elle, à la fois une opportunité et une responsabilité pour les pouvoirs publics.
« Notre défi est de faire en sorte que cette jeunesse ne demeure pas simplement bénéficiaire des politiques publiques, mais qu’elle en devienne progressivement un acteur, un partenaire et une force de transformation », a-t-elle déclaré.

Tania Katanga a ainsi placé la jeunesse au centre de la réflexion sur le développement national, estimant que les politiques publiques doivent permettre aux jeunes de participer directement à la construction du pays.
« On ne développe pas un pays pour sa jeunesse, on le développe avec elle », a-t-elle martelé.
Cette vision, selon elle, doit également guider la planification nationale. Elle a rappelé que planifier le développement ne consiste pas uniquement à élaborer des documents ou à programmer des investissements, mais à déterminer collectivement le pays que la RDC souhaite construire et les décisions à prendre pour y parvenir.

Pour la représentante du ministère du Plan, la capacité des jeunes à identifier les problèmes auxquels le pays est confronté et à y apporter des réponses constitue l’un des leviers essentiels du développement.
« Chaque jeune qui transforme un problème en idée, une idée en projet et un projet en activité économique participe déjà à la transformation du pays », a-t-elle souligné.
Elle a cité plusieurs secteurs dans lesquels les défis de la RDC peuvent devenir des espaces d’innovation et d’entrepreneuriat, notamment l’agriculture, la transformation agroalimentaire, le numérique, l’énergie, l’environnement, les infrastructures, les industries culturelles et créatives, les services financiers, la logistique, la santé et l’éducation.
Derrière ces besoins, a-t-elle estimé, se trouvent autant de possibilités de création de marchés, d’entreprises et d’emplois.
« Ce que nous énonçons souvent comme un conseil à la puissance, au Congo, tout est à faire. Et dans le langage de l’entrepreneur, c’est un inventaire d’opportunités », a-t-elle affirmé.
Tania Katanga a également évoqué les mécanismes mis en place par l’État pour favoriser l’émergence d’une classe moyenne congolaise et renforcer la participation des entreprises locales à l’économie nationale.
Elle a notamment cité le cadre légal consacré au contenu local ainsi que les opportunités ouvertes dans certains secteurs aux entreprises à capitaux congolais.
Mais elle a tenu à rappeler que l’existence d’un droit ou d’un dispositif légal ne suffit pas à garantir l’accès aux marchés.
« La loi ne reconnaît un droit. Elle ne signera pas vos contrats à votre place. Un droit ne se transforme en marché que si l’entreprise existe réellement. Elle est enregistrée, structurée et capable de livrer des services », a-t-elle expliqué.
Pour elle, les opportunités offertes par les politiques publiques doivent s’accompagner d’un véritable travail de structuration, de professionnalisation et de développement des entreprises.

Une autre partie importante de son intervention a porté sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies et notamment par l’intelligence artificielle.
Tania Katanga a estimé que la RDC n’est plus obligée de reproduire toutes les étapes technologiques suivies par les pays développés. Les innovations peuvent aujourd’hui permettre au pays de passer directement à certaines solutions avancées.
Elle a pris l’exemple du paiement mobile, qui s’est développé sans nécessiter l’installation préalable d’une banque dans chaque commune.

« C’est cela le saut quantique que la technologie permet aujourd’hui : se porter directement à la dernière étape au lieu de gravir toutes les étapes », a-t-elle expliqué.
Selon elle, l’intelligence artificielle offre une possibilité similaire en permettant de rendre accessibles, même dans des territoires dépourvus de spécialistes, certaines expertises jusque-là difficiles d’accès.
Mais cette transformation nécessitera avant tout des compétences.
« Ce saut ne réclame pas d’abord du capital, donc des fonds, mais il réclame des compétences et se fera donc avec vous ou il ne se fera pas », a-t-elle insisté.

Tania Katanga a également élargi son propos au-delà de l’entrepreneuriat et des profils traditionnellement associés aux fonctions de responsabilité.
Pour elle, la construction de la RDC nécessite une diversité de métiers et de compétences.
« Une nation ne se construit pas qu’avec des hauts fonctionnaires, des bureaucrates ou des diplomates. Elle a besoin d’agronomes, de soudeurs, de codeurs, de logisticiens, de comptables, d’infirmiers, d’enseignants, de mécaniciens, d’artisans et de commerçants », a-t-elle déclaré.

La valeur d’un jeune, selon elle, ne doit donc pas être déterminée uniquement par son titre ou sa fonction, mais par sa capacité à répondre à un problème concret.
« Votre valeur ne se mesurera pas au titre que vous porterez mais au problème que vous aurez à résoudre », a-t-elle ajouté.
S’adressant particulièrement aux finalistes d’ExpoCut, Tania Katanga a rappelé qu’une bonne idée constitue seulement le point de départ d’un projet entrepreneurial.
« Entreprendre, c’est oser. Entreprendre, c’est identifier un problème pour lequel nous apportons des solutions », a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois appelé les jeunes à aller au-delà de l’idée en apprenant à structurer leurs projets, à identifier leurs marchés et à construire des modèles économiques viables.
La finale d’ExpoCut ne doit donc pas être considérée comme l’aboutissement du parcours des candidats.
« Quelle que soit l’issue de cette compétition, considérez cette finale non pas comme un aboutissement mais une étape. Le véritable succès commencera après cette cérémonie », a-t-elle prévenu.
Elle a ainsi invité les jeunes à poursuivre le développement de leurs projets, à écouter leurs utilisateurs, à améliorer leurs solutions et à rechercher des partenaires.
Dans un message adressé à l’ensemble des finalistes, Tania Katanga a également tenu à relativiser l’issue de la compétition.
Elle a appelé ceux qui ne seraient pas retenus à ne pas confondre le résultat d’un concours avec la valeur intrinsèque de leur initiative.
« Ne confondez jamais le résultat d’un concours avec la valeur ou le potentiel de votre projet », a-t-elle affirmé.
Pour elle, de nombreuses initiatives qui connaissent aujourd’hui le succès sont passées par des échecs, des ajustements et plusieurs réorientations avant de trouver leur voie.
Cette conception de l’entrepreneuriat rejoint l’esprit de l’EXPUNRDC, qui cherche à offrir aux jeunes un cadre où ils peuvent expérimenter, apprendre, présenter leurs idées et développer leur capacité à les transformer en solutions.
Les jeunes doivent être connectés aux institutions, au financement et aux marchés
En conclusion, Tania Katanga a insisté sur la nécessité de créer davantage de passerelles entre les jeunes porteurs d’initiatives et les différents acteurs susceptibles d’accompagner leur développement.
Institutions publiques, secteur privé, universités, incubateurs et mécanismes de financement doivent, selon elle, travailler davantage ensemble afin que les projets des jeunes puissent franchir le cap de l’idée et atteindre celui de l’entreprise.
« Une idée isolée peut rester une idée. Mais lorsqu’elle rencontre les compétences, l’accompagnement, le financement et le marché, elle devient une entreprise, elle crée des emplois et contribue au développement national », a-t-elle résumé.

En clôturant son allocution, la directrice de cabinet adjointe du VPM du Plan a félicité les organisateurs de cette 9ᵉ édition, les partenaires ainsi que l’ensemble des jeunes ayant participé à l’EXPUNRDC.
Elle a surtout laissé aux jeunes la responsabilité de ne pas attendre que les opportunités viennent à eux, mais développer leurs compétences, entreprendre, innover et transformer les défis du pays en solutions.
« Continuez donc à proposer, continuez à créer, continuez à entreprendre et surtout continuez à croire que votre intelligence, votre travail et vos initiatives peuvent contribuer à transformer la République démocratique du Congo », a-t-elle conclu.
Lydia Mangala


