Près d’un an après la soirée de septembre 2025, les incidents survenus au stade des Martyrs restent dans les mémoires. Invitée de l’émission « Redevabilité » sur la RTNC, la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Kutino, est revenue sur les dégradations commises après la défaite de la République démocratique du Congo face au Sénégal (2-3), le 9 septembre 2025.
Pour la ministre, les scènes observées dans les tribunes après le coup de sifflet final avaient renvoyé une image désolante du pays et de sa jeunesse.
« Lorsqu’on aime son pays, on le protège. Et protéger son pays, c’est aussi protéger les biens publics », a déclaré Grâce Kutino, appelant les jeunes Congolais à davantage de civisme et de responsabilité.
La RDC avait pourtant parfaitement entamé cette rencontre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Portés par leur public, les Léopards avaient rejoint les vestiaires avec une avance de deux buts. Mais le Sénégal avait renversé la situation après la pause pour finalement s’imposer 3-2. Une remontée spectaculaire qui avait laissé le public congolais entre frustration et colère.
Après la rencontre, certains supporters avaient cassé des chaises dans les gradins et endommagé des installations du stade des Martyrs. La déception sportive avait ainsi laissé place à des scènes de dégradation des biens publics.
Pour Grâce Kutino, cette réaction ne peut pas être confondue avec l’expression d’un véritable patriotisme.
« Ce qui s’est passé au stade des Martyrs était une honte. On ne peut pas casser les biens qui nous permettent de vivre des moments de joie et de paix », a-t-elle regretté.
La ministre estime également que les comportements de certains supporters ne peuvent représenter l’ensemble de la jeunesse congolaise.
« Les actes posés par certains jeunes ce jour-là ne reflètent pas l’image que la véritable jeunesse devrait montrer », a-t-elle ajouté.
Grâce Kutino veut replacer la question du civisme au centre des grands rendez-vous sportifs. Pour elle, soutenir les Léopards ne signifie pas seulement vibrer, chanter ou célébrer une victoire. Cela implique aussi de préserver les infrastructures qui accueillent ces moments de communion nationale.
« La sensibilisation au civisme nous amène à rappeler aux jeunes que lorsqu’on aime son pays, on le protège. Et protéger son pays, c’est aussi protéger les biens publics », a-t-elle insisté.
Une défaite reste une composante du sport. La colère peut être légitime, la frustration compréhensible. Mais pour la ministre, aucune déception sportive ne saurait justifier la destruction d’un patrimoine destiné à l’ensemble de la population.
Au stade des Martyrs comme ailleurs, supporter son équipe, c’est aussi respecter son pays.
Josaphat Mayi


