Son témoignage a illustré l’une des réalités auxquelles les jeunes femmes sont confrontées lorsqu’elles aspirent à des postes de responsabilité : la nécessité de démontrer constamment qu’elles ont leur place.
Lors de son passage aux assises organisées par la dynamique Génération 50-50, Mme Kayembe, présidente facultaire à l’Université protestante de Kinshasa, a raconté son expérience à son arrivée à l’université. Elle y découvre que les candidatures aux postes de représentation estudiantine sont largement dominées par les hommes.
Un constat qui provoque chez elle un véritable déclic.
« Pourquoi n’y a-t-il que les hommes qui doivent postuler pour être chefs de promotion ? Une femme aussi peut gérer », s’interroge-t-elle.
Elle décide alors de se présenter.

Élue en première année, puis reconduite en deuxième et en troisième années, elle acquiert progressivement de l’expérience dans la gestion et la représentation des étudiants.
En master, elle franchit une nouvelle étape en se portant candidate à la présidence facultaire.
Mais cette fois, la compétition est plus rude.
Face à plusieurs hommes, elle choisit de ne pas faire de son statut de femme un argument électoral. Elle veut être jugée sur ses compétences et sa capacité à exercer la fonction.
« Je ne voulais pas qu’on me vote parce que j’étais une femme. Je suis venue au même titre que vous, les hommes », affirme-t-elle.

Son parcours est également marqué par les critiques, les coups bas et les moments de doute. Pourtant, elle refuse d’abandonner.
« Je savais la personne que je voulais devenir. Je savais que je devais diriger et gérer cette faculté », soutient-elle.

Pour cette jeune leader, les obstacles ne doivent pas être considérés uniquement comme des barrières. Ils peuvent également devenir des occasions d’apprendre, de se renforcer et de gagner en expérience.
Les jeunes femmes doivent oser se positionner, développer leurs compétences et assumer leurs ambitions sans attendre qu’on leur accorde une place.
Son message aux autres jeunes femmes est que la porte ne sera pas toujours ouverte, mais une vision claire, des compétences et de la persévérance peuvent permettre de la franchir et de s’imposer durablement.
Ben Mandjolo


