Des chants de mobilisation, des drapeaux aux couleurs du parti flottant dans les airs et une foule de militants déterminés à accompagner leur leader. Depuis la place Mandela jusqu’au siège de l’Union sacrée de la Nation, l’ambiance était celle d’un grand rendez-vous politique. Ce mardi 21 juillet 2026, l’Alliance des Congolais Engagés pour la Démocratie et l’Émergence (ACEDE) a officiellement rejoint la plateforme présidentielle, marquant son entrée dans la majorité au pouvoir avec comme autorité morale le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga.
Accompagné des cadres et militants de sa formation politique, le gouverneur de la Tshopo a effectué le déplacement vers le siège de l’Union sacrée pour accomplir l’acte d’adhésion de son parti et inscrire officiellement l’ACEDE dans la dynamique politique portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi.

Une arrivée qui intervient dans un contexte politique particulièrement animé en République démocratique du Congo, marqué par les débats autour du dialogue national annoncé par le chef de l’État, les enjeux sécuritaires dans l’Est du pays ainsi que les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
Avant la signature officielle de l’acte d’adhésion, Paulin Lendongolia a tenu à expliquer la démarche de cette nouvelle formation politique, présentée comme une initiative portée par une jeunesse engagée.

Devant les responsables de l’Union sacrée, le gouverneur de la Tshopo a comparé son parti à une nouvelle naissance politique nécessitant une reconnaissance officielle.
« Un bébé qui vient de naître a besoin de l’enregistrement. Tous ces Congolais que vous voyez devant vous ont pris l’initiative de créer un nouveau parti politique : l’Alliance des Congolais Engagés pour la Démocratie et l’Émergence. C’est un parti qui va évoluer dans l’Union sacrée », a déclaré Paulin Lendongolia.

Pour lui, cette démarche répond à une volonté d’intégrer pleinement la plateforme présidentielle et de contribuer à son action politique.
« Nous sommes venus vers vous pour nous présenter, nous faire enregistrer officiellement dans l’Union sacrée. N’hésitez pas à nous adresser les orientations chaque fois qu’il y aura nécessité. Comptez sur notre engagement », a-t-il ajouté.

Face aux responsables de la plateforme, l’autorité morale de l’ACEDE a insisté sur la place accordée à la jeunesse dans son projet politique.
« Oui, il y a la jeunesse en face de vous, mais une jeunesse très engagée. Nous allons démontrer notre capacité sur le terrain », a-t-il affirmé.

Outre son adhésion à l’Union sacrée, le nouveau parti a affiché son positionnement politique dans un contexte où plusieurs questions nationales suscitent des débats.
Paulin Lendongolia a réaffirmé son soutien à la vision du président Félix Tshisekedi et assuré que son parti accompagnera les orientations du chef de l’État.
« Le destin de ce pays, c’est pour nous. Nous sommes engagés derrière le chef de l’État. Nous allons accompagner toute vision, toutes les orientations du chef de l’État », a-t-il déclaré.

Évoquant la perspective d’un dialogue national annoncé par le président de la République, il a indiqué que son parti respecterait toute initiative institutionnelle, tout en maintenant sa position sur la réforme constitutionnelle.
« S’il y aura des dialogues, nous ne pourrons que nous incliner. Mais l’engagement de l’ACEDE, c’est que notre pays bénéficie d’une Constitution écrite par les Congolais au Congo, promulguée par un président légitime congolais », a soutenu le gouverneur de la Tshopo.
Il a également appelé à l’apaisement dans un contexte politique marqué par des tensions.
« J’appelle toute la population de mon pays au calme. Il peut y avoir des turbulences, mais nous serons capables de les surmonter », a-t-il lancé.

Du côté de l’Union sacrée, l’arrivée de l’ACEDE a été accueillie comme un signe de vitalité de la plateforme présidentielle.
Le secrétaire général de l’Union sacrée de la Nation, André Mbata, a salué cette nouvelle adhésion, estimant qu’elle traduit l’attractivité de la majorité présidentielle.
« C’est une bonne nouvelle, non seulement pour l’Union sacrée, mais aussi pour la haute autorité. Au moment où les autres n’ont pas d’adhésions, nous, nous avons des adhésions », a déclaré André Mbata.

Pour lui, l’arrivée de l’ACEDE vient renforcer la plateforme avec une nouvelle génération d’acteurs politiques.
« La force de l’Union sacrée, c’est aussi la force de ses composantes. Quand vous avez des partis, il faut des partis engagés. Nous avons besoin des jeunes, des femmes et des hommes engagés pour la cause nationale », a-t-il affirmé.
« Vous êtes membre de la famille désormais, et cette maison vous appartient », a-t-il ajouté, s’adressant aux nouveaux membres de la plateforme.

Cette adhésion intervient également à la veille d’une journée politique annoncée à Kinshasa, avec la marche de soutien aux institutions de la République et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), prévue le 22 juillet par la majorité extraparlementaire de l’Union sacrée.
Cette manifestation n’a toutefois pas reçu l’aval du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, qui a évoqué les mesures sanitaires en vigueur liées à l’épidémie d’Ebola et la suspension des rassemblements de masse.
Interrogé sur la position de l’Union sacrée après cette décision, André Mbata a indiqué que des orientations seraient communiquées après concertation.
« Nous allons vous tenir au courant. L’annonce officielle sera faite tout à l’heure », a-t-il déclaré.

À l’issue de la cérémonie, Paulin Lendongolia a confirmé que l’ACEDE était désormais officiellement reconnue comme une composante de l’Union sacrée de la Nation.
« Nous sommes désormais enregistrés et reconnus en tant que parti politique faisant partie de l’Union sacrée de la Nation. Nous avons été bien accueillis et l’activité a été une réussite », a-t-il indiqué.

Avec cette adhésion, l’ACEDE entend désormais se positionner comme une nouvelle force politique portée par la jeunesse et engagée aux côtés du chef de l’État. Une entrée remarquée qui intervient à un moment où les équilibres politiques congolais connaissent de profondes recompositions, entre dialogue national, enjeux institutionnels et défis sécuritaires.
Lydia Mangala


