Le potentiel féminin, la connaissance de soi, l’éducation, l’audace, le mentorat et la transmission du savoir ont été au cœur du vernissage du livre « Richesse Révélée » de l’auteure Nadine Tshibuku Pulumba, organisé samedi 3 octobre 2026 à Ingenious City, dans la concession Procoki à Kinshasa. À travers plusieurs témoignages et interventions, les panélistes ont défendu la conviction selon laquelle la richesse ne se résume pas aux biens matériels, mais se trouve aussi dans les talents, les compétences, les idées et les capacités que chacun porte en soi.
La rencontre, animée par Deborah Mutombo, avec Jenovic Mbowa comme speaker général, a également permis à l’auteure de présenter la suite de son engagement à travers le « Richesse Révélée Tour », destiné notamment aux élèves, étudiantes et jeunes femmes.
Des talents à révéler et à transformer en force
Préfacière de l’ouvrage, la sénatrice et gouverneure honoraire de la Tshopo Madeleine Nikomba Sabangu a placé la richesse intérieure au centre de son intervention. Pour elle, l’ouvrage invite à changer le regard porté sur les femmes et sur leurs capacités.
« Plus souvent, quand on parle de richesse, nous voyons l’argent, les biens matériels. Mais cette fois-là, dans ce livre, il ne s’agit pas de biens matériels. Il s’agit de ces talents qui se cachent tout au fond de ton cœur », a-t-elle souligné.

S’appuyant sur son propre parcours, notamment la découverte de son intérêt pour la fabrication du savon, elle a insisté sur la pluralité des vocations qu’une femme peut porter.
« Ce n’était pas une invitation à préfacer simplement le livre. C’était une grande responsabilité ou une façon de nous demander de changer la façon de voir la femme », a-t-elle expliqué.
L’ambition féminine, l’audace et le mentorat
Avocate et directrice générale adjointe de l’APROCM, Me Belinda Luntandila a, de son côté, défendu une ambition féminine assumée. Son parcours dans le droit, les droits humains, l’administration publique, l’entrepreneuriat et le football a servi d’illustration à son message.
« L’ambition ne se devine pas, mais elle doit s’exprimer », a-t-elle affirmé.

Elle a rappelé l’importance de savoir accepter l’accompagnement d’autres personnes.
« On sait qu’on peut se faire soi-même, mais on peut aussi être guidé par d’autres », a-t-elle ajouté.

Évoquant notamment son expérience dans la gouvernance du football congolais, elle a également rejeté les limites imposées aux femmes dans certains secteurs.
« On vous dit que la femme ne peut pas diriger une fédération de football. Mais nous le pouvons », a-t-elle martelé.
L’éducation et les compétences comme premières richesses
Vice-présidente de l’ARPTC et présidente de l’association Femmes d’Exception du Congo, Lydie Omanga a, pour sa part, insisté sur l’éducation reçue dès l’enfance, les paroles positives, la confiance en soi et les compétences comme fondements de la richesse personnelle.
« Vous ne pouvez développer que ce qu’on a reçu. Que ce soit une richesse, que ce soit quelque chose de négatif, que ce soit quelque chose de positif, on ne peut développer que ce qu’on a reçu », a-t-elle affirmé.

Elle a également rappelé que la richesse intérieure existe déjà et demande à être développée.
« On peut être son propre motivateur. Parce que justement, vous êtes rempli de lumière, de richesse. Et cette richesse est en vous et ne demande qu’à s’exprimer », a-t-elle encouragé.

Pour elle, les compétences et la valeur créée doivent également pouvoir se traduire en opportunités professionnelles et financières.
Entreprendre, créer de la valeur et bien s’entourer
Entrepreneure, Virgile Mpethy a abordé la richesse révélée à travers la connaissance de soi et l’entrepreneuriat. Forte de douze années d’expérience, elle a expliqué comment son parcours l’a amenée à identifier ses talents, à traverser des périodes difficiles puis à revenir avec une nouvelle stratégie orientée vers la valorisation des produits locaux.
« Il ne s’agissait pas forcément d’un rapport à l’argent, mais de savoir qu’on pouvait faire quelque chose de différent et créer de la richesse. Rien que l’idée de créer de la richesse me rendait enthousiaste », a-t-elle témoigné.

Elle a également insisté sur l’importance de l’environnement humain dans la réussite entrepreneuriale.
« Entourez-vous des personnes qui vous poussent vers le haut. Entourez-vous des personnes qui ont une vision commune avec la vôtre », a-t-elle conseillé.

Par son initiative d’accompagnement des entrepreneurs, elle défend également une conception de la marque qui dépasse le produit.
« Il ne suffit pas seulement de vendre un produit, il est question aussi de vendre une marque, il est question aussi de vendre des valeurs, et il est question aussi de vendre une histoire », a-t-elle fait valoir.
Partir de la base pour révéler son potentiel

Seul homme du panel, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete, a relié le concept de richesse révélée à son propre engagement dans la gouvernance locale. Avocat de formation, il a défendu l’importance de la décentralisation et de l’action à la base.
« Moi, je suis le seul qui pense que le vrai développement, c’est celui qui part de la base vers le sommet », a-t-il déclaré.

Il a également encouragé les jeunes à ne pas limiter leur ambition aux plus hautes fonctions politiques, mais à commencer par agir dans leurs quartiers, communes et communautés.
« À qui voudrait s’engager en politique, ne visez pas seulement de devenir président de la République. On a besoin de vous », a-t-il lancé.

Sa propre richesse, il la résume en un mot.
« Si je pouvais résumer ma plus grande richesse, c’est l’audace », a-t-il conclu.
Les livres comme outils de transformation

Écrivain, conférencier, consultant et responsable d’ECKI Publications, Étienne Katanku Fortunatus a, quant à lui, placé la lecture et la transmission du savoir au centre de son intervention. Revenant sur une enfance marquée par la pauvreté, il a expliqué que les livres ont joué un rôle déterminant dans son parcours.
« L’une des choses qui m’a aidé à m’en sortir dans la vie, ce sont les livres », a-t-il témoigné.

Pour lui, « Richesse Révélée » doit surtout être lu et partagé afin que son contenu produise un impact au-delà de la personne qui l’achète.
« L’acheter sans le lire, c’est bien, mais le lire, c’est mieux parce que le livre va te transformer », a-t-il martelé.

S’appuyant sur l’image du mentorat, il a également présenté le livre comme un guide accessible à ceux qui n’ont pas nécessairement bénéficié d’un mentor.
« Ça, c’est le mentorat et un livre peut vous servir de mentor », a-t-il expliqué.

Dans la continuité de cette vision, Étienne Katanku a annoncé une première campagne visant à mobiliser 5 000 exemplaires du livre pour les distribuer notamment à ceux qui n’ont pas les moyens de se les procurer.
Nadine Pulumba veut porter le message jusqu’aux écoles et universités
Au cœur de cette initiative, l’auteure Nadine Tshibuku Pulumba a rappelé que le vernissage ne constitue pas l’aboutissement de son projet. Sa mission, dit-elle, consiste à accompagner les femmes dans la découverte et la mise en valeur de leur potentiel.
« Ma mission est d’accompagner les femmes à se relever, à croire en elles, à savoir, à découvrir, à vivre de leur plein potentiel », a-t-elle affirmé.

Elle définit également sa propre richesse par le relèvement.
« Ma richesse s’appelle le relèvement », a-t-elle déclaré, en référence à son engagement à transformer ses propres expériences en ressources pour accompagner d’autres femmes.

Le livre contient notamment des exercices de développement personnel, dont des parcours de 30, 60 et 90 jours, destinés à aider les lectrices à passer de la prise de conscience à l’action.
Nadine Pulumba a surtout annoncé le lancement du « Richesse Révélée Tour », qui doit commencer dans les établissements scolaires et universitaires. L’Institut Bobokoli figure parmi les premières étapes, avant des interventions annoncées à l’UPC, à l’UNIKIN et à l’UCC.

Son ambition est de toucher les élèves dès le secondaire, afin que la découverte des talents et le développement personnel accompagnent également la formation académique.
« Au-delà des études, elles ont en elles une richesse. Au-delà du diplôme, elles portent en elles une richesse », a-t-elle déclaré.

La tournée doit ensuite s’étendre à Kisangani, Kolwezi, Lubumbashi et Boma, avant une éventuelle ouverture à l’international. À Kisangani, Nadine Pulumba prévoit notamment une étape au lycée Bileng Malikia, établissement associé à Madeleine Nikomba.
Une prière, une consécration et une mobilisation autour du livre
Le vernissage a également été marqué par une prière de consécration du livre, conduite par Freddy Mpoyi. Celui-ci a notamment demandé que le message de l’ouvrage atteigne les femmes et la jeunesse et produise une transformation concrète.
« Nous venons consacrer ce livre et nous prions que le message que porte ce livre puisse atteindre sa cible », a-t-il déclaré dans sa prière.

Il a également prié pour que la mission portée autour de « Richesse Révélée » soit bénie et puisse contribuer à la transformation des femmes et de la jeunesse congolaise.
L’étape symbolique du baptême du livre a ensuite réuni l’auteure et plusieurs intervenantes, dont Me Belinda Luntandila, Madeleine Nikomba et Lydie Omanga, dans un moment présenté comme une consécration de l’ouvrage et de son message.

La rencontre s’est enfin prolongée par une vente aux enchères et une levée de fonds destinées à soutenir la tournée. Un achat du livre devait notamment permettre d’en offrir 20 exemplaires supplémentaires à des jeunes filles, dans l’esprit de transmission défendu tout au long de la cérémonie.
La cérémonie s’est clôturée par une séance de dédicace, offrant aux participants l’occasion d’échanger directement avec l’auteure.
À travers « Richesse Révélée », Nadine Pulumba entend ainsi dépasser le cadre d’une publication littéraire pour installer une dynamique de transmission, de mentorat et d’accompagnement.
Du potentiel individuel à l’action collective, les différents intervenants ont convergé vers l’idée selon laquelle révéler une richesse ne suffit pas, il faut aussi la faire fructifier, la partager et la mettre au service des autres.
Lydia Mangala


