À l’occasion du panel 3 de la 12ᵉ édition d’ExpoBeton RDC, consacré aux normes de construction, au contrôle technique et à la régulation dans le secteur des BTP, Odia Kabakele, formatrice, coach et vice-présidente de la Commission PME de la FEC, a placé la maintenance au cœur de la durabilité des infrastructures.
Son intervention a insisté sur la nécessité de rompre avec la culture de la réparation pour instaurer une véritable culture de préservation, fondée sur la responsabilité, le contrôle et l’anticipation.
Construire ne suffit pas, il faut faire durer
Pour Odia Kabakele, la réflexion sur une infrastructure ne devrait pas s’arrêter au coût de sa construction. Routes, ponts, écoles, hôpitaux, marchés ou bâtiments doivent être pensés avec leur entretien futur.
« Quand nous bâtissons, nous devons nous demander si nous allons transmettre demain. Et si construire ne suffit pas, il faut faire durer », a-t-elle souligné.
Elle a ainsi opposé deux approches dont attendre la dégradation pour intervenir ou anticiper les besoins d’entretien. Elle estime que la seconde doit désormais s’imposer dans les pratiques.
« Nous devons changer de paradigme, de la culture de la réparation à la culture de la préservation », a-t-elle insisté.
Elle a appelé à adopter de nouveaux réflexes entre autres construire, entretenir, contrôler, prévenir et préserver.
La durabilité repose aussi sur les comportements
Outre les normes et les compétences techniques, Odia Kabakele a placé le capital humain au centre de la préservation des infrastructures. L’État, les entreprises, les gestionnaires, les techniciens, les agents d’entretien, les usagers et les citoyens ont chacun une part de responsabilité.
« La durabilité est l’affaire de tout le monde », a-t-elle affirmé.
Elle a notamment appelé à développer des comportements responsables dans les quartiers et les espaces publics, estimant que les efforts des services d’entretien ne peuvent produire des résultats durables sans l’implication des populations.
Pour elle, une infrastructure durable est donc aussi le résultat d’un changement de mentalité.
Un passeport de maintenance pour chaque infrastructure
Parmi les propositions avancées, la vice-présidente de la Commission PME de la FEC a défendu la mise en place d’un passeport de maintenance pour les infrastructures, les maisons et les appartements.
Ce document devrait permettre d’identifier ce qui doit être entretenu, la personne ou la structure responsable, la fréquence des interventions, les modalités d’entretien ainsi que les coûts associés.
« L’inauguration ne marque pas la fin d’un projet, elle marque le début de sa maintenance », a-t-elle déclaré.
Cette logique implique également, selon elle, de prévoir dès la conception d’un projet deux dimensions budgétaires : le coût de construction et celui de la maintenance.
Les « 5 R » pour passer de la parole à l’action
Pour rendre cette culture opérationnelle, Odia Kabakele a proposé les 5 R de la préservation entre autres responsabiliser, routiniser, rapporter, récompenser et rendre compte.
L’objectif est de faire de l’entretien un réflexe quotidien, hebdomadaire ou régulier, avec un système de suivi permettant de mesurer les interventions, d’identifier les responsabilités et d’évaluer les résultats.
Elle a également préconisé des expérimentations à l’échelle de certaines zones, avec des tableaux de bord permettant d’observer, signaler, intervenir, contrôler et mesurer les progrès avant de reproduire les pratiques qui fonctionnent.
Mesurer pour mieux préserver
Odia Kabakele a enfin insisté sur l’importance des indicateurs dans la gestion des infrastructures. L’état des équipements, le niveau de dégradation, les délais d’intervention, les coûts d’entretien et la satisfaction des usagers doivent notamment être suivis.
« Ce que nous mesurons, nous le ferons mieux », a-t-elle résumé, dans une approche qui fait de l’évaluation un outil de prévention et d’amélioration continue.
Son intervention s’est achevée sur une vision de la construction comme un investissement destiné aux générations futures.
« Construire est un investissement, entretenir est une responsabilité et préserver est un héritage », a-t-elle conclu.
Lydia Mangala


