Après Octobre Rose consacré à la sensibilisation au cancer du sein, novembre ouvre la campagne Novembre Bleu, dédiée à la santé masculine et particulièrement à la lutte contre le cancer de la prostate. En République démocratique du Congo, cette mobilisation rappelle l’importance de l’information, de la consultation médicale et du dépistage individualisé face à une maladie qui peut évoluer pendant plusieurs années sans signes apparents.
Selon les chiffres de sensibilisation fournis par le ministère de la santé publique, un homme sur huit sera diagnostiqué avec un cancer de la prostate au cours de sa vie. Plus de 90 % des hommes dont la maladie est détectée à un stade précoce sont encore en vie cinq ans après le diagnostic. Ces données soulignent l’importance d’une prise en charge suffisamment tôt.
Le cancer de la prostate se développe à partir de cellules de la prostate, une glande située sous la vessie et qui participe à la production du liquide séminal. Il apparaît lorsque certaines de ces cellules se multiplient de manière anormale et incontrôlée, pouvant former une tumeur.
Cette maladie touche principalement les hommes âgés. Environ six cas sur dix sont diagnostiqués chez des hommes de 65 ans ou plus. Le risque augmente avec l’âge, particulièrement après 50 ans. Les antécédents familiaux, notamment lorsqu’un père ou un frère a été atteint, constituent également un facteur de risque. Les hommes d’ascendance africaine présentent par ailleurs un risque plus élevé.
L’un des principaux défis réside dans son évolution souvent silencieuse. À ses débuts, le cancer de la prostate peut ne provoquer aucun symptôme apparent. À mesure que la maladie progresse, des difficultés à uriner, la présence de sang dans les urines ou des douleurs osseuses peuvent apparaître. Ces manifestations nécessitent une consultation médicale, sans pour autant signifier systématiquement la présence d’un cancer.
Face à cette maladie, Novembre Bleu met l’accent sur l’importance de consulter et de s’informer. L’évaluation de la santé de la prostate peut notamment reposer sur un examen clinique, dont le toucher rectal, et une prise de sang permettant de mesurer le taux de PSA, ou antigène spécifique de la prostate.
Ces examens doivent être discutés avec un professionnel de santé, qui tient compte de l’âge, des antécédents familiaux et des facteurs de risque individuels. Un taux de PSA élevé ne signifie pas nécessairement qu’un cancer est présent. D’autres examens, notamment une IRM ou une biopsie, peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic.
La prise en charge dépend ensuite du stade d’évolution de la maladie, de l’âge et de l’état général du patient. Elle peut aller d’une surveillance médicale régulière à des traitements comme la chirurgie, la radiothérapie ou l’hormonothérapie.
En RDC, la sensibilisation à cette maladie constitue un enjeu important pour encourager les hommes à prendre leur santé au sérieux et à ne pas attendre l’apparition de symptômes pour consulter. Le manque d’information, la banalisation de certains signes et la gêne liée aux examens médicaux peuvent retarder la démarche de soins.
Le cancer de la prostate concerne également les familles et l’entourage, qui jouent un rôle dans l’accompagnement du patient.
Il est donc importer de s’informer, parler de la santé masculine et consulter un professionnel de santé. La détection précoce, lorsqu’elle est indiquée, peut favoriser une prise en charge adaptée et améliorer les perspectives de traitement.
Lydia Mangala


