La question des zones déjà habitées mais construites en dehors des normes techniques et administratives s’est imposée au cœur des échanges du panel 3 de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC. Intervenant sur les mécanismes de régularisation et de contrôle, Elvis Pekeyabo, Secrétaire général à l’Urbanisme et Habitat, a distingué les irrégularités administratives des non-conformités techniques, tout en rappelant la nécessité de respecter les procédures légales lorsqu’une démolition devient inévitable.
Des irrégularités administratives encore nombreuses
Elvis Pekeyabo a relevé plusieurs situations observées à Kinshasa, notamment l’absence de permis de construire, l’utilisation de documents falsifiés ou encore la réalisation de travaux qui ne correspondent pas aux autorisations délivrées.
Selon lui, lorsqu’il s’agit d’irrégularités administratives, la voie de la régularisation doit être privilégiée lorsque celle-ci demeure possible. Mais la situation devient plus complexe lorsque les constructions présentent des non-conformités techniques.
Il a notamment évoqué les cas où un bâtiment est autorisé pour un certain nombre de niveaux avant de dépasser, au cours de son exécution, les caractéristiques initialement approuvées.
Le contrôle technique au cœur de la conformité
Face à ces pratiques, le Secrétaire général à l’Urbanisme et Habitat a insisté sur l’importance du respect des normes applicables aux ouvrages. Il a également mis en avant le rôle du CNE-ITP dans la définition et l’application des normes techniques dans le secteur des BTP.
« Tout le monde doit s’adhérer, doit respecter les normes », a-t-il insisté, déplorant les improvisations qui contribuent à fragiliser la qualité et la sécurité des constructions.
L’intervenant a également attiré l’attention sur l’occupation des emprises et des zones interdites ou à risque. Ces occupations peuvent, selon lui, provoquer d’importants dégâts lorsque les phénomènes naturels surviennent.
La démolition doit respecter les procédures légales
La question de la démolition des constructions implantées dans des zones à risque a également été abordée. Elvis Pekeyabo a rappelé qu’une éventuelle démolition ne peut être envisagée en dehors du cadre légal.
Il a expliqué qu’avant toute construction, l’administration doit s’assurer que le terrain est approprié à l’usage projeté, notamment en tenant compte de sa nature et des risques auxquels il peut être exposé.
La présence de marécages, de zones inappropriées ou d’autres contraintes liées à la configuration du terrain doit ainsi être prise en considération avant la délivrance des autorisations.
Une responsabilité qui implique plusieurs acteurs
Pour Elvis Pekeyabo, la gestion des constructions hors normes ne relève pas uniquement de l’administration de l’Urbanisme et Habitat. Les autorités locales, les services techniques et les autres structures compétentes doivent également intervenir dans la chaîne de contrôle.
Il a toutefois relevé des difficultés liées notamment à l’accès de certains sites par les agents chargés du contrôle, une situation qui nécessite l’implication des autorités et des services de sécurité.
Le panel 3, consacré aux normes de construction, au contrôle technique et à la régulation dans le secteur des BTP, était modéré par Michel Uyumbu et portait notamment sur le rôle stratégique du CNE-ITP ainsi que sur le sort des zones déjà habitées de Kinshasa construites hors normes.
Lydia Mangala


