La République démocratique du Congo (RDC) est officiellement retirée de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), qui regroupe les juridictions soumises à une surveillance renforcée en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. L’annonce a été faite par le ministère des Finances, qui présente cette décision comme une avancée majeure pour la crédibilité financière internationale du pays.
Ce retrait consacre l’achèvement des 23 actions inscrites dans le plan d’action convenu avec le GAFI. Il récompense les réformes engagées par les autorités congolaises pour renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive.
Selon le ministère des Finances, ces résultats découlent de la mobilisation des institutions publiques, des autorités de contrôle et de supervision, des services judiciaires ainsi que des acteurs du secteur privé, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et avec l’engagement du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Les réformes ont notamment porté sur le renforcement du cadre juridique et réglementaire, l’amélioration de la supervision fondée sur les risques, le développement des capacités opérationnelles de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), ainsi que le renforcement des enquêtes financières, des poursuites judiciaires et des mécanismes de saisie et de confiscation des avoirs criminels.
Plus de 540 contrôles et 46,75 millions USD d’avoirs saisis ou confisqués
Les résultats enregistrés entre 2022 et décembre 2025 illustrent l’ampleur des efforts consentis. Durant cette période, les autorités de contrôle et de supervision, notamment la CENAREF, l’ARCA et la Banque centrale du Congo (BCC), ont effectué environ 540 contrôles sur pièces et sur place.
Parallèlement, 246 enquêtes ont été menées dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération. Elles ont donné lieu à environ 100 poursuites judiciaires, 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle, pour un montant global estimé à 46,75 millions de dollars américains.
Réagissant à cette décision, le ministre des Finances, Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, a salué une reconnaissance des efforts collectifs déployés par les institutions nationales.
« Cette décision constitue une étape majeure pour l’intégrité du système financier et la crédibilité financière internationale de la République démocratique du Congo. Elle témoigne des efforts conjugués de nos institutions nationales et de leur détermination à mettre en œuvre des réformes durables, conformes aux normes internationales », a-t-il déclaré.
Un signal positif pour les investissements et les échanges internationaux
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, le retrait de la RDC de la liste grise devrait améliorer la perception du risque financier associé au pays et renforcer la confiance des investisseurs ainsi que des partenaires économiques.
Cette évolution pourrait également faciliter les relations de correspondance bancaire, les paiements transfrontaliers et les échanges commerciaux internationaux, tout en favorisant la mobilisation des investissements dans des secteurs stratégiques tels que les mines, l’énergie, l’industrie et les infrastructures.
Toutefois, le ministère des Finances souligne que la concrétisation de ces opportunités dépendra de la poursuite des réformes, du renforcement de l’intégrité du système financier et de l’amélioration du climat des affaires.
Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de préserver les acquis obtenus et de faire de cette reconnaissance internationale un levier durable de croissance économique, d’attractivité des investissements et de création d’emplois au bénéfice de la population congolaise.
Le ministre des Finances a enfin adressé ses félicitations à la Première ministre, aux autorités de contrôle et de supervision, aux experts gouvernementaux ainsi qu’aux services d’enquête et de poursuite pour leur contribution à la mise en œuvre du plan d’action ayant conduit à cette décision.
Joséphine Mawete


