À 15 ans, Cephas Ngole faisait déjà ses premiers pas dans l’engagement citoyen en prenant la tête du Parlement des Enfants. Treize années plus tard, ce parcours l’a conduit vers le journalisme, la communication et la représentation de la jeunesse. Aujourd’hui président du Parlement des Jeunes de Kinshasa, il entend mettre cette expérience au service des étudiants confrontés aux difficultés d’insertion professionnelle.
Intervenant lors de la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, Cephas Ngole a expliqué que son engagement est né d’une combinaison entre curiosité, encadrement familial et volonté personnelle.

« L’engagement, c’est faire quelque chose que vous aimez sans que l’on vous pousse », a-t-il affirmé, invitant les jeunes à ne pas attendre que toutes les conditions soient réunies avant de se lancer.
Son propre parcours illustre cette philosophie. Après trois années à la tête du Parlement des Enfants, de 2013 à 2016, il a poursuivi son engagement à l’université en créant une dynamique consacrée à la jeunesse et au partage d’opportunités. À l’Université pédagogique nationale, il a également intégré la coordination estudiantine et occupé la fonction de ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement étudiant.
Il est également à l’origine d’une plateforme de la coordination estudiantine qui, selon lui, rassemble aujourd’hui plus de 25 000 étudiants.
Le président du Parlement des Jeunes de Kinshasa a surtout porté un plaidoyer consacré à l’employabilité des jeunes.
Constatant que l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes font régulièrement l’objet de discours, il estime que le véritable défi demeure la traduction de ces engagements en mesures concrètes.
« Aujourd’hui, nous assistons à une série de discours sur l’entrepreneuriat, et lorsque vous allez dans le concret, on constate toujours qu’il y a un vide », a-t-il relevé.

Il s’est notamment appuyé sur une statistique attribuée au professeur Badma Samba selon laquelle seuls 26 jeunes sur 100 sortant de l’université parviendraient à accéder à un emploi.
Face à cette situation, Cephas Ngole estime que la RDC dispose déjà de plusieurs instruments pouvant servir de base à des réponses concrètes.
Le jeune parlementaire a notamment évoqué la Charte africaine de la jeunesse et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, deux cadres dont certaines orientations pourraient, selon lui, être davantage adaptées au contexte congolais.
Parmi ses propositions figure la généralisation du stage obligatoire afin de permettre aux étudiants d’acquérir une première expérience avant leur sortie de l’université.
Il appelle également à réfléchir à des mécanismes favorisant l’accès des jeunes aux opportunités professionnelles, notamment à travers la mise en place de quotas ou de dispositifs spécifiques dans les entreprises publiques et privées.
Pour lui, l’enjeu n’est donc pas nécessairement de créer de nouveaux textes, mais surtout de mieux exploiter et adapter ceux qui existent déjà.

« Il faut encore plus de travail, des recadrages, d’adaptation des textes qui existent déjà pour les mettre en pratique », a-t-il insisté.
Cephas Ngole a profité de cette tribune pour interpeller directement le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, également porte-parole du gouvernement.
Il souhaite notamment que les autorités puissent travailler davantage avec le Parlement des Jeunes afin de renforcer sa capacité à représenter les préoccupations de la jeunesse et à participer aux réflexions sur les politiques publiques.

« Je vais donc lancer un appel au ministre, au porte-parole du gouvernement, pour voir dans quelle mesure accueillir le Parlement des Jeunes, pour voir comment nous allons exercer notre travail comme il le faut », a-t-il déclaré.
Cette démarche entre dans la mission qu’il attribue au Parlement des Jeunes de sensibiliser les jeunes à la culture parlementaire, à la démocratie, à la bonne gouvernance et à la citoyenneté, tout en portant leur voix auprès des décideurs.
Le plaidoyer présenté lors de la Semaine de l’Étudiant s’appuie également sur une résolution adoptée lors du premier plénier de la législature provinciale du Parlement des Jeunes.
L’objectif annoncé est de porter la question de la généralisation des stages à Kinshasa afin de mieux préparer les étudiants à leur insertion professionnelle.
Cette résolution fait suite, selon Cephas Ngole, à un constat établi lors des travaux du Parlement des Jeunes selon lequel beaucoup d’étudiants terminent leurs études sans disposer de perspectives professionnelles suffisamment claires.
« Nous avons constaté qu’il y a un problème d’éducation, un problème par rapport à la finition, lorsque les étudiants terminent l’université. C’est le chômage qu’ils embrassent », a-t-il expliqué.
Pour lui, le rôle des structures de jeunesse est justement d’accompagner ceux qui disposent de moins de ressources pour faire entendre leur voix.
« Les forts soutiennent les faibles. Donc le Parlement des Jeunes est là pour soutenir et porter la voix des faibles », a-t-il conclu.
Cephas Ngole a ainsi placé l’engagement citoyen, l’employabilité et l’accès aux stages au cœur de son plaidoyer, avec la conviction que les préoccupations exprimées par les jeunes pourraient désormais dépasser le stade des discours pour se traduire en décisions et en actions concrètes.
Lydia Mangala


