L’Église catholique de Kinshasa entend accompagner le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). À l’ouverture de l’année pastorale 2026-2027, tenue samedi 26 septembre à la cathédrale Notre-Dame du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a invité les prêtres, les responsables paroissiaux et les fidèles à réserver un bon accueil aux agents chargés de l’opération.
Alors que la cartographie censitaire se poursuit dans la capitale, cette mobilisation de l’archidiocèse vise notamment à faciliter la sensibilisation des communautés et l’accès des agents aux quartiers et aux ménages concernés. Le RGPH-2 intervient plus de quatre décennies après le premier recensement général réalisé en 1984.
Dans son intervention, le cardinal Ambongo a donné une consigne claire aux fidèles de l’archidiocèse de Kinshasa.
« Je vous invite diocésaines et diocésains à bien accueillir les agents du ministère du Plan qui vont passer pour cette opération du recensement dans nos quartiers, nos paroisses, de leur réserver bon accueil en leur fournissant des informations vraies et fiables », a recommandé le cardinal Fridolin Ambongo.
Cette implication de l’Église intervient alors que les opérations de cartographie censitaire constituent une étape préparatoire au dénombrement général. Elles doivent notamment permettre d’identifier et de délimiter les zones qui seront couvertes lors du recensement.
Le prélat catholique a également souligné l’importance du RGPH-2 pour un pays qui ne dispose toujours pas d’un chiffre récent et exact de sa population. Selon lui, l’absence de données démographiques actualisées constitue également un enjeu en matière d’identification et de planification.

« Cette deuxième opération du recensement n’est pas moins importante pour un pays qui n’a ni carte d’identité ni nombre exact de Congolais, surtout du point de vue de la sécurité nationale, puisque la population congolaise n’est pas identifiée depuis plusieurs décennies », a déclaré le cardinal.
L’Église elle-même a besoin de données démographiques fiables pour organiser son action pastorale. Avec plus de 230 paroisses à Kinshasa, la connaissance du nombre de fidèles et de leur répartition géographique constitue notamment un élément de planification pour l’implantation de nouvelles paroisses.
L’appel du cardinal doit désormais être relayé dans les différentes communautés catholiques de Kinshasa. L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension de l’opération et de réduire les réticences ou les incompréhensions susceptibles de compliquer le travail des agents sur le terrain.
Le gouvernement mène parallèlement une campagne de sensibilisation auprès de différents acteurs. Les autorités locales et les services de sécurité ont notamment été informés de leurs responsabilités dans l’accompagnement de la cartographie censitaire.
À Kinshasa, 1 868 opérateurs cartographes ont été formés avant leur déploiement sur le terrain. Cette étape doit contribuer à établir une base cartographique fiable en préparation du dénombrement général de la population, prévu en juillet 2027.

Outre l’aspect technique de l’opération, le message relayé auprès des fidèles met en avant la participation de chaque ménage à ce processus national. L’enjeu est de permettre aux équipes de disposer d’informations exactes pour produire des données démographiques utiles à la planification.
L’engagement de l’archidiocèse de Kinshasa ajoute ainsi le réseau des paroisses et des communautés catholiques aux différents canaux mobilisés autour du RGPH-2.
Dans cette phase préparatoire, la sensibilisation apparaît comme un levier essentiel pour rapprocher l’opération des populations et favoriser leur participation.
Lydia Mangala


