Le débat autour de la nouvelle pelouse du Stade des Martyrs de Kinshasa continue d’animer le paysage sportif congolais. Alors que plusieurs voix s’interrogent sur le choix d’un revêtement synthétique plutôt que d’une pelouse hybride, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a apporté des explications.
Invité, le mercredi 5 août, dans un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre a affirmé que le gouvernement avait initialement envisagé l’installation d’une pelouse hybride avant de revoir sa décision en raison des contraintes liées à l’utilisation intensive du stade.
« Nous voulions installer une pelouse hybride, mais nous avons été confrontés à certaines réalités. Une pelouse hybride coûte beaucoup plus cher à entretenir et ne permet d’accueillir que 200 à 250 matchs par an, contre plus de 400 pour une pelouse synthétique », a expliqué Didier Budimbu.

Pour le ministre des Sports, le contexte particulier de la République démocratique du Congo a largement influencé ce choix. Avec un nombre limité d’infrastructures sportives répondant aux normes, le Stade des Martyrs demeure l’une des principales enceintes du pays, accueillant régulièrement plusieurs rencontres au cours d’une même journée.
« Nous ne disposons pas encore d’un nombre suffisant d’aires de jeu. Au Stade des Martyrs, il arrive qu’il y ait deux, trois, quatre, voire cinq matchs dans une seule journée. Il aurait été très difficile de préserver une pelouse hybride dans ces conditions », a-t-il poursuivi.
Le ministre a également indiqué que cette décision avait été prise sur la base des recommandations d’experts internationaux. Selon lui, des spécialistes consultés notamment à Paris et en Afrique du Sud ont préconisé une pelouse synthétique, jugée plus adaptée aux réalités actuelles du football congolais.
« Avec nos infrastructures actuelles, c’était la solution la plus appropriée, car elle permet d’accueillir davantage de matchs tout en réduisant les coûts d’entretien », a-t-il déclaré.
Didier Budimbu a aussi tenu à répondre aux accusations faisant état d’une supposée mauvaise gestion financière liée au remplacement de la pelouse. Il a rejeté toute idée de détournement, affirmant que les fonds destinés à ce projet n’avaient pas encore été décaissés.
« Certains affirment que nous avons remplacé la pelouse hybride par une synthétique pour détourner de l’argent. C’est faux. Les fonds prévus pour la pelouse n’ont pas encore été décaissés ; ils sont toujours dans la chaîne des dépenses », a assuré le ministre.
Sur le plan sportif, l’objectif est désormais d’obtenir rapidement la certification de la nouvelle installation. Didier Budimbu a annoncé qu’un inspecteur de la Confédération africaine de football (CAF) se trouvait déjà à Kinshasa pour évaluer la pelouse.
« Un inspecteur de la CAF est déjà à Kinshasa pour procéder à la certification de la pelouse du Stade des Martyrs. Une fois cette étape franchie, nous engagerons le processus d’homologation du stade », a-t-il précisé.
Cette homologation est particulièrement attendue, alors que les Léopards de la RDC espèrent retrouver leur public à Kinshasa lors de leurs prochaines échéances internationales. Si Lubumbashi demeure une alternative crédible, le ministre souhaite voir la sélection nationale évoluer de nouveau dans la capitale.
« Jouer à Lubumbashi n’est pas une mauvaise chose, mais nous souhaitons que les rencontres des Léopards puissent à nouveau se disputer à Kinshasa », a conclu Didier Budimbu.
Après plusieurs mois de travaux et de débats, le Stade des Martyrs entre ainsi dans une nouvelle phase. La certification de la CAF constituera une étape déterminante vers son homologation et son retour parmi les enceintes aptes à accueillir les compétitions nationales et internationales.
Josaphat Mayi


