L’épidémie d’Ebola reste active en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, selon les données arrêtées au 6 juillet 2026. Si des progrès sont enregistrés, notamment dans la prise en charge des patients et les guérisons, les retards logistiques, l’insécurité et les tensions sociales continuent de fragiliser la riposte.
Le dernier rapport de l’Institut national de santé publique, publié le mercredi 7 juillet 2026, fait état de 1 708 cas confirmés d’Ebola dans les provinces concernées, dont 680 patients actuellement hospitalisés ou placés en isolement. Le bilan recense également 280 guérisons et 580 décès parmi les cas confirmés, soit un taux de létalité de 34 %.

Les équipes de surveillance poursuivent la cartographie des foyers de transmission. La détection récente de nouveaux cas dans la zone de santé de Boga, en Ituri, devrait permettre de mieux cibler les interventions et de contenir les zones actives. Le taux de suivi des contacts dans les trois provinces est estimé à 75,2 %, un niveau encore jugé insuffisant pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Sur le terrain, la prise en charge continue néanmoins de progresser. Le rapport fait notamment état de sept nouveaux patients guéris en Ituri. Les autorités sanitaires soulignent le maintien de la continuité des soins, la disponibilité des médicaments essentiels ainsi que la gratuité des soins pour les personnes non infectées et les groupes vulnérables.
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles entravent la riposte. Les retards dans l’acheminement des prélèvements biologiques et des fournitures médicales, les attaques contre des structures sanitaires, l’insécurité persistante dans certaines zones ainsi que les mouvements sociaux des prestataires de santé perturbent les activités de surveillance, d’investigation et de suivi des contacts, essentielles pour freiner la propagation du virus.

Face à ces difficultés, les autorités ont renforcé les actions de communication et de mobilisation communautaire. Plus de 9 000 personnes auraient été sensibilisées lors de visites à domicile en Ituri. Des émissions radiophoniques et des séances de formation destinées aux leaders communautaires visent à restaurer la confiance, promouvoir le respect des mesures de prévention, encourager les enterrements dignes et sécurisés et inciter la population à consulter rapidement en cas de symptômes.
Les priorités de la riposte restent claires : accélérer l’acheminement des prélèvements et des équipements, garantir la sécurité des équipes et des centres de prise en charge, résoudre les tensions liées au paiement des prestataires et intensifier la sensibilisation des communautés. Sans ces actions coordonnées, les autorités redoutent une recrudescence des cas dans les prochaines semaines.
En cas de symptômes ou de suspicion d’Ebola, la population est invitée à appeler gratuitement le 151, la ligne nationale d’alerte, et à coopérer avec les équipes de riposte afin de protéger les familles et les communautés.
Joëlle Luniongo


